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Dans un paddock MotoGP souvent hanté par les figures parentales envahissantes, Vito Bezzecchi est une exception. Discret, posé, presque effacé, le père de Marco Bezzecchi incarne tout ce que le milieu réclame… et voit trop rarement : un parent passionné, mais jamais intrusif.

Son interview, publiée sur la chaîne YouTube de son fils, est une leçon de bon sens. Une respiration. Et surtout, un rappel essentiel : les grands pilotes ne naissent pas toujours sous la pression.

Vito Bezzecchi n’a jamais cherché la lumière. Il n’a jamais été pilote. Juste un mécanicien, et surtout un amoureux viscéral du sport mécanique. « Je suis un grand passionné de sports mécaniques, sous toutes leurs formes. »

MotoGP, Formule 1, courses nationales, internationales… peu importe. Les moteurs ont toujours fait partie de sa vie. Et c’est naturellement, sans plan de carrière, sans obsession, que cette passion s’est transmise à Marco.

Pas d’académie. Pas de stratégie. Juste des dimanches au Mugello et à Misano, à regarder les courses, à respirer l’ambiance, à laisser la curiosité faire son chemin. « Je l’emmenais voir le MotoGP quand il était enfant. »

La bascule arrive le jour où Marco demande lui-même une minimoto. Pas l’inverse. « Quand il m’a demandé la minimoto, tout a changé. » À partir de là, Vito adopte une règle simple… et radicale : ne jamais forcer.

Marco Bezzecchi

Vito Bezzecchi :  “On part quand il veut. On rentre quand il veut

Cette phrase résume toute la philosophie Bezzecchi. « On partait quand il le voulait, et surtout, on rentrait quand il le voulait. » Pas de pression. Pas de chantage affectif. Pas de rêves projetés. Juste une question répétée chaque week-end : tu veux y retourner ?

Et la réponse, très vite, devient obsessionnelle. « Le dimanche soir, on était épuisés… et le lundi, il me demandait déjà où on allait le week-end suivant. »

Voilà comment Vito sait que la passion est réelle : quand elle vient de l’enfant, pas du parent.

Autre point fondamental, et trop souvent négligé dans les carrières précoces : les études. Marco n’aimait pas l’école. Mais il l’a terminée. Grâce, notamment, à l’insistance de sa mère.

« Dans la vie, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut au moins un diplôme. »

Marco Bezzecchi obtient ainsi son diplôme d’une école professionnelle. Sans enthousiasme, certes, mais avec sérieux.

Vito est clair : « il faut s’investir à 110 %, mais il faut toujours un plan B. » Et ce plan B, il existe : l’atelier familial, où Marco venait déjà donner un coup de main quand il le pouvait.

Aujourd’hui encore, Vito Bezzecchi est présent. Mais toujours en retrait. On peut le croiser dans le garage Aprilia, près de Marco. Disponible. Attentif. Silencieux.

« Il n’est pas correct de s’immiscer dans le travail des professionnels. » Un message presque subversif dans un paddock où certains parents sont bannis des garages tant leur présence est jugée nuisible.

Vito en est conscient : « beaucoup d’équipes interdisent les parents dans le box, par peur qu’ils interfèrent. » Chez les Bezzecchi, même la mère hésite à entrer.

Marco décide. Mais il consulte. « Nous prenons toujours les décisions ensemble. » Sponsors, projets, équipement… tout est discuté. Rien n’est imposé. Une relation adulte, saine, construite sur le respect mutuel.

Vito Bezzecchi n’a jamais cherché à “fabriquer” un pilote. Il a simplement accompagné un passionné.

Dans un MotoGP où la pression commence parfois dès l’enfance, son témoignage résonne comme une évidence oubliée : on ne force pas un talent. On lui laisse de l’espace.

Et si Marco Bezzecchi est aujourd’hui l’un des pilotes les plus authentiques du paddock, ce n’est sans doute pas un hasard.

MotoGP 2026. L'éducation Bezzecchi : Vito Bezzecchi parle de Marco : « Je ne l'ai jamais forcé, il n'aimait pas l'école, mais il n'a jamais échoué. » [VIDÉO]

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