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Marco Melandri

Ancien champion du monde 250 cc et quintuple vainqueur de Grands Prix en MotoGP, Marco Melandri a livré un constat sévère sur l’état actuel de la catégorie reine. Dans un entretien accordé à La Gazzetta dello Sport, l’Italien reconnaît sans détour que le MotoGP moderne ne suscite plus chez lui la même passion qu’autrefois.

Melandri a évolué à temps plein en MotoGP entre 2003 et 2010, pilotant successivement pour Yamaha, Honda, Ducati et Kawasaki. Il a décroché sa première victoire en catégorie reine en 2005 sur Honda, s’imposant à deux reprises cette saison-là et terminant vice-champion du monde, avant d’ajouter trois nouvelles victoires en 2006.

Après son départ du MotoGP, il rejoint le World Superbike en 2011, avant un bref et contraint retour en MotoGP en 2015, lors de la première saison du projet Aprilia en catégorie reine. Une expérience écourtée.

Alors que le MotoGP s’apprête à vivre sa dernière saison sous la réglementation actuelle, marquée par l’essor de l’aérodynamique et des dispositifs de correction de l’assiette, Melandri pointe une conséquence directe : la disparition des dépassements et du combat rapproché.

« Ce n’est pas que j’aime vraiment faire des comparaisons, » explique-t-il. « Honnêtement, je n’aime pas du tout ça. » L’Italien va plus loin : « il est vrai que les courses d’aujourd’hui ne m’enthousiasment pas beaucoup. »

Un constat qu’il juge partagé par une partie du public. « Et ce n’est visiblement pas un hasard si, sur les réseaux sociaux, sur YouTube, on voit souvent les courses de 2006. »

Pour Melandri, la différence est avant tout technique. « Parce que nous étions trois ou quatre en l’espace d’une seconde. »

Marco Melandri

Marco Melandri : « j’aurais aimé être le coéquipier de Valentino Rossi »

Selon lui, les performances extrêmes des motos actuelles empêchent tout dépassement spontané.

« Ce n’est plus possible, car avec leur vitesse actuelle, ils ne peuvent même pas se permettre de prendre l’avantage un mètre plus tard. »

Un jugement qui rejoint les critiques formulées par plusieurs anciens pilotes sur l’évolution du MotoGP vers une discipline de plus en plus verrouillée par la technologie.

À partir de 2027, le MotoGP passera aux moteurs de 850 cc, interdira les dispositifs de correction d’assiette et réduira fortement l’aérodynamique, avec pour objectif affiché d’améliorer la sécurité et le spectacle.

Mais ces nouvelles règles font déjà débat. Certains, comme Casey Stoner, estiment qu’elles ne vont pas assez loin pour rétablir de véritables courses au corps-à-corps.

Dans ce même entretien, Melandri a également confié son plus grand regret de carrière. « J’aurais aimé être le coéquipier de Valentino Rossi. »

Une confession personnelle, presque nostalgique.  « Parce que nous sommes ensemble depuis l’enfance, et que j’ai toujours été en compétition avec lui. »

Un regret qui résume peut-être l’essence de son discours : celui d’un pilote issu d’une génération où la rivalité se jouait avant tout en piste, et non dans les flux d’air ou les algorithmes.

Marco Melandri

 

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