Ducati a la meilleure moto depuis un sacré moment : les plus timides diront 2020 ou 2021, lorsque les premiers titres constructeurs à l’ère Dall’Igna sont arrivés, et que Bagnaia a commencé à gagner des courses. D’autres, dont je fais partie, disent qu’Andrea Dovizioso et Jorge Lorenzo avaient sans doute la meilleure machine dès 2018, mais que le biais Marquez a forcément éclipsé le potentiel de la Desmosedici. L’un dans l’autre, on a bien du mal à imaginer la catégorie sans Ducati, alors, qui se rappelle du dernier podium où aucune machine de Borgo Panigale n’était représentée ?
La folie Ducati
Même si j’adore ce genre de statistiques et que j’ai plutôt une bonne mémoire des courses, il a fallu que j’aille vérifier pour m’assurer que cette anecdote était vraie. En fait, on est tellement habitués à voir Ducati devant qu’imaginer un podium sans Desmosedici est difficile. C’est grâce à ce type de fun facts qu’on se rend mieux compte de l’excellent travail de Tardozzi, Dall’Igna et bien d’autres. Dans une ère des plus compétitives, où tout le monde dispose du même potentiel électronique – ce qui, il fut un temps, était le facteur décisif –, Ducati a réussi à fonder une véritable dynastie.
Pour trouver des traces d’une aussi importante domination, il faut remonter à l’ère Honda dans les années 1990, ou, pire, à MV Agusta de la fin des années 1950 à la fin des années 1960. C’est quand même fou quand on y pense.

Petit indice sur la course dont je vais parler dans quelques lignes. Photo : Michelin Motorsport
Bon, revenons à cette fameuse course où aucun pilote Ducati n’a terminé sur la boîte. Il s’agissait en fait du Grand Prix de Grande-Bretagne 2021. C’était il y a quatre ans, quatre mois, et douze jours. C’est complètement fou.
La course, de mémoire, était relativement oubliable, elle ne m’a pas marquée outre mesure. Je me souviens de la pole de Pol Espargaro, alors pilote Honda, et de la victoire de Fabio Quartararo, mais pas de grand-chose d’autre. Sur la grille, « Pollycio » partait devant Pecco Bagnaia, qui, sur la deuxième moitié de saison, s’est transformé en la bête qui a tant brillé en 2022, 2023 et 2024. Quartararo était troisième.
L’épreuve fut marquée par une méforme de Bagnaia, justement. Décidément, Silverstone ne lui porte guère chance ; l’Italien termina 14e. Devant, ça n’était pas des plus intéressant : Quartararo a triomphé pour un peu plus de 2,5 s sur un étonnant Alex Rins, qui décrochait là son seul podium de la saison. En troisième position, on retrouvait Aleix Espargaro, pour le tout premier top 3 d’une Aprilia sous l’ère que nous connaissons actuellement, quand l’équipe était encore associée à Gresini Racing. Avec du recul et en tenant compte du contexte de l’époque, c’était un trio plutôt original qui se présentait dans le parc fermé.
Bon, la première Ducati n’était pas larguée pour autant, puisque Jack Miller, alors pilote d’usine de la marque italienne, a pris les points de la quatrième place.

Vous rappelez-vous de ce tout jeune Jorge Martin rookie ? Sa vitesse était déjà déconcertante. Photo : Michelin Motorsport
Un autre temps
On a du mal à se rendre compte de la vitesse à laquelle passe le temps. L’année 2021, ce n’est pourtant pas si loin, mais la multiplication des épreuves (nous dépassons les 40 départs par an désormais) n’aide pas à rationaliser. Quand je revois cette grille, je retrouve des anomalies : Joan Mir, troisième du championnat, auteur de ce que je considère toujours comme son meilleur exercice en MotoGP. Plus bas, on retrouve Pol Espargaro chez Honda Repsol, une association un peu surprenante, mais aussi, un Valentino Rossi en baroud d’honneur, totalement dépassé. Pire encore, il y a eu le retour d’Andrea Dovizioso à mi-saison chez Yamaha Petronas SRT, alors que celui-ci aurait dû rester en retraite. Lors de cette course à Silverstone, Jake Dixon, futur pilote Honda en WSBK, était présent dans le box SRT en lieu et place de Franco Morbidelli, blessé.
Je suis curieux de savoir si vous gardez des souvenirs de ce Grand Prix, alors, dites-le-moi en commentaires !

Ça fait tout bizarre. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport































