Franco Morbidelli a été l’un des pilotes les plus surveillés par la direction de course MotoGP en 2025. Plus convoqué que n’importe quel autre concurrent devant les commissaires de la FIM, l’Italien s’est retrouvé au centre d’un débat récurrent : son style de pilotage est-il excessif, ou simplement la conséquence d’un contexte défavorable ?
Pour Pablo Nieto, directeur de l’équipe VR46, la réponse est claire : l’agressivité de Morbidelli est souvent une nécessité plus qu’un choix.
« Parfois, je comprends Franky. Parce que, que se passe-t-il si tu ne fais pas une très bonne qualification, que tu pars en fond de grille, mais que tu es un peu plus rapide ? », explique Nieto à Crash.net. « Il faut parfois prendre des risques dans les premiers tours. »
### Une saison sous tension avec la direction de course
La saison de Morbidelli a été marquée par plusieurs incidents, dont une collision avec Jorge Martin en Catalogne qui lui a valu une pénalité et surtout un avertissement “final” de la part des commissaires FIM, dirigés par Simon Crafar.
Le pilote VR46 ne nie ni son style ni ses erreurs : « on sait tous que je suis un pilote combatif ; j’attaque dès que j’en ai l’occasion », déclarait-il après le GP d’Indonésie. « Il m’arrive de faire des erreurs, mais je ne suis jamais malveillant. »
Morbidelli reconnaît également avoir longuement échangé avec la direction de course : « cette année, j’ai passé du temps au bureau avec Simon. Il m’a beaucoup parlé. Il m’a fait comprendre comment un dépassement doit être présenté à un pilote. Et comment un dépassement doit être présenté en MotoGP. »
Un nouvel accrochage au premier tour à Portimão n’a cette fois entraîné aucune sanction, mais l’équipe a tout de même pris le temps d’échanger avec les officiels.
« Il arrive parfois des choses, comme à Portimao où il n’y a pas eu de pénalité, mais nous avons discuté avec la direction de course », confirme Nieto.

Le vrai problème de Franco Morbidelli ? Partir trop loin
Pour VR46, le diagnostic est désormais établi : le cœur du problème se situe le samedi, pas le dimanche. « Ce qu’il nous faut, c’est travailler les qualifications pour essayer de partir un peu plus devant », insiste Nieto.
« Comme ça, on pourra éliminer tous les problèmes liés au fait de se battre en fond de grille. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, Morbidelli s’est qualifié entre la 3e et la 17e place, avec une moyenne autour de la 7e position. Une irrégularité qui l’a régulièrement obligé à forcer le passage dès les premiers tours.
Nieto défend toutefois le format actuel des qualifications MotoGP : « j’aime bien le format des qualifications tel qu’il est. C’est très bien car dès le vendredi, il y a déjà les qualifications. Je dirais que 50 % du week-end se déroule le vendredi. »
Et il prévient : « si vous êtes éliminé… s’il y a un drapeau jaune ou une seule erreur, vous êtes dehors. Et si vous êtes éliminé dès la Q1 ou la Q2, il sera difficile de faire une bonne course. »
Malgré les polémiques, Morbidelli a signé deux podiums en début de saison, pour sa première année chez VR46. Mais sa campagne s’est brutalement arrêtée à Valence, après une blessure à la main sur la grille de départ, en heurtant l’arrière de la moto d’Aleix Espargaró.
Cet accident l’a également privé des essais de fin de saison, tandis que son coéquipier Fabio Di Giannantonio, au guidon de la GP25, terminait sixième du championnat, avec 31 points d’avance.
Chez VR46, le message est sans ambiguïté : Morbidelli n’est pas un pilote incontrôlable, mais un pilote souvent placé dans des conditions qui l’obligent à l’être. Tant que les qualifications ne seront pas stabilisées, le risque d’incidents restera élevé.
La livrée 2026 de l’équipe sera dévoilée ce mercredi. Reste à savoir si, cette fois, Franco Morbidelli pourra enfin attaquer… sans avoir à s’excuser.































