La pression est déjà maximale, et pourtant Kenan Sofuoglu tient la ligne. À peine Toprak Razgatlioglu lancé dans sa toute première saison MotoGP, son mentor historique a lâché une déclaration qui ne passera pas inaperçue dans le paddock : le Turc peut viser des podiums dès 2026. Une affirmation forte, presque provocatrice, à l’heure où la plupart des rookies sont priés de “prendre leur temps”.
Présent à Sienne lors de la présentation de la saison MotoGP 2026, Sofuoglu n’a pas cherché à tempérer les attentes. Au contraire. « Pour moi, il peut décrocher un ou deux podiums cette année. »
Une phrase simple. Tranchante. Et lourde de conséquences.
### **Une Yamaha imparfaite… mais un pilote hors norme**
Sofuoglu ne nie pas la réalité technique. La Yamaha V4 engagée par Pramac est encore en développement, loin d’être une arme absolue face aux Ducati. Mais c’est précisément là que réside, selon lui, l’opportunité.
« La vitesse qu’il a montrée m’a stupéfié. Et pourtant, il ne comprend pas encore totalement les pneus MotoGP. »
Le message est clair : Toprak n’est pas encore à son maximum. Et c’est ce qui rend la projection encore plus explosive.
Pour Sofuoglu, la situation est presque idéale : une moto qui progresse, un pilote qui découvre, et aucune obligation immédiate de jouer le titre.

Une Yamaha imparfaite… mais un pilote hors norme : « Personne n’est arrivé en MotoGP aussi fort que Toprak » insiste Kenan Sofuoglu
« Le fait que la Yamaha ne soit pas encore parfaite est presque un avantage. Il peut apprendre sans que tout le monde attende de lui des victoires dès la première course. »
La déclaration la plus lourde arrive ensuite. Celle qui, forcément, divise. « Personne n’est arrivé en MotoGP aussi fort que Toprak, si l’on regarde la vitesse pure. »
Une phrase qui balaie les comparaisons, y compris avec des rookies récents pourtant très cotés. Sofuoglu assume : pour lui, le triple champion du monde Superbike n’est pas un débutant ordinaire, mais un cas à part, forgé par des années de duels au plus haut niveau.
Il insiste sur un point souvent sous-estimé : « il sait gagner. Il sait s’adapter. Et il va exploiter la moto de mieux en mieux au fil de la saison. »
Sofuoglu prend soin de préciser qu’il ne parle ni de titre, ni même de victoires immédiates. Mais dans le contexte MotoGP actuel, parler de podiums pour un rookie reste une déclaration incendiaire.
D’autant plus que Razgatlioglu arrive d’un univers différent : des motos dérivées de série, un pilotage spectaculaire, et une identité très marquée. Le MotoGP, lui, ne pardonne rien.
Mais Sofuoglu balaie les doutes : « ce sera difficile, bien sûr. Mais je crois vraiment qu’il peut y arriver. »
Avec cette sortie médiatique, Kenan Sofuoglu ne s’adresse pas seulement aux fans. Il envoie aussi un signal clair aux équipes, aux ingénieurs… et aux rivaux.
Toprak Razgatlioglu ne vient pas en MotoGP pour apprendre gentiment dans l’ombre. Il vient pour bousculer l’ordre établi.
Reste à savoir si la réalité de la piste confirmera cette promesse ambitieuse, ou si cette projection précoce deviendra un poids supplémentaire sur les épaules du rookie le plus attendu de la saison.
Le compte à rebours est lancé, et en MotoGP, les prédictions audacieuses ne restent jamais sans réponse.
































