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Jorge Marin Ducati

En retrouvant le sommet du MotoGP en 2025 avec l’équipe officielle Ducati, Marc Marquez a bouclé l’un des retours les plus spectaculaires de l’histoire récente de la catégorie reine. Mais selon Paolo Campinoti, ce transfert victorieux n’était absolument pas le scénario initial imaginé par Ducati.

Après avoir prouvé, malgré une succession de blessures graves au début de la décennie, qu’il n’avait rien perdu de son génie, Marquez était clairement en quête d’un dernier défi : un nouveau titre mondial.

À ce moment-là, la logique sportive semblait pourtant désigner Jorge Martin comme le favori naturel pour rejoindre l’équipe officielle Ducati aux côtés de Francesco Bagnaia, après son sacre en 2024.

Finalement, Ducati a surpris tout le paddock en optant pour Marquez plutôt que Martin, une décision que Luigi Dall’Igna avait justifiée à l’époque par deux critères « qualitatifs ».

Mais Campinoti apporte aujourd’hui un éclairage bien plus explosif. Interrogé par Moto.it lors du lancement de Pramac pour la saison 2026, le patron italien a révélé que Marquez avait d’abord été envisagé chez Pramac… avant de refuser.

« C’était possible. Il a refusé, et Ducati est revenu sur sa parole. Ils ont dit que si Marquez n’acceptait pas, Martin rejoindrait quand même l’équipe d’usine, et que Marquez était écarté. »

Un engagement verbal qui, selon Campinoti, n’a pas été respecté :

« Ce qu’ils ont dit à Barcelone n’a pas été respecté, et Martin a pris la décision précipitée de signer immédiatement avec Aprilia, car cela avait créé une rupture humaine de son côté, plus qu’une rupture professionnelle. »

Une déclaration lourde de sens, qui suggère que le refus de Marquez de passer par Pramac a contraint Ducati à revoir entièrement sa stratégie, provoquant indirectement le départ de Martin vers Aprilia.

Campinoti

Ducati et les accords… flexibles : « ce qu’ils ont dit à Barcelone n’a pas été respecté » révèle Campinoti

Ce n’est pas la première fois que Ducati modifie un engagement en cours de route, et probablement pas la dernière. Campinoti rappelle implicitement un précédent récent : Fermin Aldeguer devait initialement disposer d’une machine d’usine chez Gresini pour sa deuxième saison en MotoGP.

Mais les performances impressionnantes d’Alex Marquez ont changé la donne. Ducati a finalement récompensé ce dernier avec une nouvelle moto, laissant Aldeguer sans la promotion promise.

Campinoti est également revenu sur une déclaration qui avait fait couler beaucoup d’encre, lorsqu’il affirmait que Pramac n’avait pas besoin de Marquez pour gagner. Une phrase qu’il a tenu à contextualiser :

« Il serait évidemment insensé de dire qu’on n’aime pas avoir Marc Marquez dans l’équipe. Mais il est également vrai que nous avons remporté le championnat du monde sans lui, le championnat par équipes, le championnat des pilotes. »

Et d’ajouter, sans détour : « si quelqu’un doit être sacrifié, il vaut mieux qu’il ne vienne pas. Nous avons démontré que même sans lui, nous pouvions obtenir des résultats importants. »

Avant de conclure avec un respect assumé, mais sans complexe : « c’est assurément le meilleur pilote. Mais nous sommes aussi l’une des meilleures équipes sur la grille, et nous ne nous sentons pas inférieurs à lui. »

Derrière le septième titre MotoGP de Marc Marquez se cache donc une chaîne de décisions politiques, humaines et stratégiques, dont Ducati n’est pas sortie indemne.

Le champion a gagné. Ducati aussi. Mais le paddock, lui, a vu naître une fracture durable, dont les effets se font encore sentir en 2026, entre Pramac et une usine Ducati plus puissante que jamais… mais plus imprévisible aussi.

Campinoti

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