Red Bull a verrouillé Max Verstappen avec le contrat le plus long de l’histoire de la Formule 1, censé le lier à Milton Keynes jusqu’en 2028. Mais derrière cette façade de stabilité, le doute est permanent. Et cette fois, ce doute ne vient pas de l’extérieur. Il vient de l’intérieur même de Red Bull. Helmut Marko, l’architecte du contrat de Verstappen, a ainsi lâché une phrase lourde de sens : si le moteur Red Bull 2026 n’est pas au niveau, retenir Max n’aura plus aucun sens.
Après son premier titre mondial, Red Bull n’a pas hésité une seconde. En mars 2022, Max Verstappen signe un contrat historique, prolongé jusqu’en 2028. Un engagement hors norme, assorti d’un salaire tout aussi hors norme : 66 millions d’euros en 2025, faisant de lui le pilote le mieux payé du plateau pour la quatrième saison consécutive.
Et pourtant, malgré cet arsenal contractuel, l’avenir de Verstappen est un sujet récurrent dans le paddock.
Par exemple, cette rumeur n’était pas infondée. Toto Wolff l’a confirmé : Mercedes a discuté avec le management de Verstappen en 2025 pour évaluer la possibilité d’un transfert. Mais le verrou contractuel a tenu. Verstappen ne remplissait pas les conditions pour activer sa clause de sortie, et Mercedes a dû sécuriser George Russell et Andrea Kimi Antonelli. Pour l’instant.
Le contrat de Verstappen contient une bombe à retardement : une clause libératoire liée aux résultats.
En 2025, Max devait être hors du podium au championnat à la pause estivale pour pouvoir partir. Ce scénario ne s’est pas produit. Mais en 2026, il lui suffira de ne pas être dans le top 3 à l’été pour envisager un départ.
Autrement dit : si Red Bull rate son coup en 2026, Verstappen aura une porte de sortie parfaitement légale.

Marko lâche la vérité : “On ne peut pas garder Max à tout prix”
C’est Helmut Marko lui-même qui le reconnaît. Sans détour. « J’ai négocié le contrat », a déclaré Marko à OE24. « Nous avons toujours entretenu une relation équitable, et il est évident que nous ne pouvons pas garder Max si le nouveau moteur ne fonctionne pas. »
Une phrase impensable il y a encore deux ans. Et Marko d’enfoncer le clou : « C’était, de toute façon, le contrat le plus long jamais signé en Formule 1. » Traduction : Red Bull a fait sa part. À la technique maintenant de suivre.
Le moteur 2026 sera donc le vrai juge de paix. Red Bull joue son avenir… contre lui-même. Pour la première fois de son histoire, l’équipe abordera 2026 avec son propre moteur, développé par Red Bull Powertrains en partenariat avec Ford.
Un pari colossal, né après le retrait initial de Honda, avant que ce dernier ne s’engage finalement avec Aston Martin. Même chez Red Bull, personne ne se fait d’illusions. Laurent Mekies l’a admis : penser que Red Bull dominera immédiatement serait “naïf”.
Marko le sait, et il l’assume : « C’est tout à fait logique. Max veut garder toutes ses chances de battre des records. Le nouveau moteur représente un risque. On verra bien ce qu’il en est. »
Verstappen ne court pas pour les symboles. Il court pour les records absolus. Si Red Bull ne lui offre plus l’outil pour les battre, la loyauté n’entrera pas en ligne de compte.
Sur le papier, la révolution moteur 2026 pourrait favoriser Verstappen. Plus d’énergie électrique, carburants durables, disparition du MGU-H : la F1 bascule vers une gestion fine de l’énergie, domaine dans lequel Max excelle.
Marko y croit : la nouvelle réglementation « favorisera les pilotes capables de gérer leur énergie tout en pilotant à pleine vitesse ». Mais même le meilleur pilote du monde ne peut rien faire avec un moteur moyen.
Red Bull a bâti son empire autour de Verstappen. Mais pour la première fois, ce n’est plus Max qui dépend de Red Bull. C’est Red Bull qui dépend de son moteur… pour ne pas le perdre. Le contrat est long. La patience, elle, ne l’est pas. 2026 ne décidera pas seulement du futur de Red Bull. Il décidera de l’avenir de Max Verstappen.
































