Max Verstappen estime qu’aligner deux pilotes de très haut niveau dans une même équipe mène inévitablement au conflit. Une déclaration lourde de sens alors que Red Bull s’apprête à intégrer le très attendu Isack Hadjar.

Verstappen tranche : le duo de stars, une fausse bonne idée
À quoi ressemblerait une équipe de Formule 1 dirigée par Max Verstappen ? La question peut sembler théorique, presque fantaisiste, mais la réponse du quadruple champion du monde, livrée dans le podcast Pelas Pistas, est tout sauf anodine. Et surtout, elle résonne fortement avec l’actualité du paddock.
Pour Verstappen, la règle est simple et immuable : deux grands talents au profil similaire dans une même équipe, ça ne fonctionne jamais sur la durée.
« Ce n’est pas idéal d’avoir deux pilotes au même niveau de
talent dans une équipe », affirme sans détour le pilote
Red Bull.
Selon lui, l’histoire de la F1 regorge d’exemples
où ce type d’association, aussi séduisante soit-elle sur le papier,
finit par se transformer en champ de bataille interne.
« Quand on regarde les équipes qui ont vraiment gagné des championnats, ce n’est généralement pas avec deux pilotes identiques en termes de statut et d’ambition. »
Pour Verstappen, le problème n’est pas le talent, mais l’ego, la pression et la lutte pour le leadership, des ingrédients explosifs dès lors que le titre mondial est en jeu.
Le Néerlandais défend au contraire un schéma bien précis : un pilote expérimenté au sommet de son art, accompagné d’un jeune talent en phase d’apprentissage.
Pour étayer son propos, Max Verstappen cite le Real Madrid, référence absolue en matière de gestion des cycles et des ego. Le club madrilène évite soigneusement de placer deux leaders naturels au sommet de leur influence simultanément, assurant des transitions fluides sans fracture interne.
Une philosophie que le quadruple champion du monde estime pleinement applicable à la Formule 1, où la stabilité humaine peut peser autant que la performance brute. Une analyse développée plus en détail dans notre article Paddock GP publié le 11 janvier, consacré aux parallèles entre la stratégie du Real Madrid et la gestion des grandes écuries de F1.
« C’est exactement ce qu’il faut essayer de reproduire en Formule 1 : quelqu’un au pic ou proche de la fin de son pic, et à côté, un jeune prêt à prendre la relève. »
Difficile, à la lecture de ces propos, de ne pas faire le lien avec l’arrivée progressive d’Isack Hadjar dans l’orbite Red Bull. Ultra-rapide, ambitieux, charismatique, le Français coche toutes les cases du futur leader… mais aussi du potentiel perturbateur s’il se retrouvait trop vite face à un pilote au statut équivalent.
Verstappen le reconnaît lui-même : ces duos peuvent fonctionner à court terme, voire briller, mais ils explosent presque toujours quand l’enjeu devient maximal.
« On peut gérer ça un an, peut-être deux. Mais sur la durée, ce n’est pas tenable. Le garage se divise, des personnes clés partent, et tout finit par se fissurer. »
Sans citer de noms, Verstappen laisse entendre que la grille actuelle s’engage déjà dans ce type de configuration risquée. Un message qui sonne comme un avertissement : en F1, le talent seul ne suffit pas. La stabilité interne reste l’arme la plus sous-estimée pour gagner.
Et si Max Verstappen ne sera sans doute jamais patron d’équipe, son verdict est sans appel : la guerre des ego est l’ennemie numéro un du titre mondial.
































