Ford a décidé de replacer le sport automobile au cœur de sa stratégie mondiale. À l’occasion d’un événement majeur organisé à Detroit, dans l’emblématique gare Michigan Central, le constructeur américain a officialisé une double offensive d’envergure : son retour en Formule 1 en partenariat avec Red Bull Racing dès 2026, et son engagement officiel aux 24 Heures du Mans avec une hypercar développée en interne. Une annonce lourde de symboles, près de soixante ans après la dernière victoire absolue de Ford sur le mythique circuit de la Sarthe.

Une annonce mondiale depuis Detroit, haut lieu de l’histoire de Ford
« La course automobile est une affaire personnelle pour nous », a déclaré Bill Ford, président du groupe, devant une salle comble. Une phrase lourde de sens pour une marque dont l’histoire est intimement liée à la compétition. Henry Ford lui-même n’avait convaincu ses investisseurs qu’après une victoire en course en 1901. Mais c’est surtout le légendaire affrontement face à Ferrari en 1966, conclu par un triplé historique de la GT40 aux 24 Heures du Mans, qui a forgé l’ADN sportif du constructeur.
Cette fois, Ford entend renouer avec cet héritage par une approche résolument moderne. En Formule 1, la marque de Dearborn s’associe à Red Bull Racing pour développer une unité de puissance conforme à la révolution réglementaire de 2026. Le moteur restera un V6 turbo de 1,6 litre, mais il fonctionnera exclusivement avec des carburants durables et reposera à parts égales sur l’hybridation. Le système électrique conçu conjointement par Ford et Red Bull développera jusqu’à 350 kW, soit environ 470 chevaux, pour un poids extrêmement contenu de seulement 16 kg. Un défi technologique majeur, que Ford n’aurait pas relevé sans ce changement de réglementation, comme l’a reconnu le PDG Jim Farley.
En parallèle, Ford a confirmé son retour en endurance avec une hypercar engagée en Championnat du monde d’endurance à partir de 2027. Fidèle à son identité, la marque fera appel à un V8 atmosphérique dérivé du moteur Coyote de 5,4 litres.
« Ce moteur n’est pas qu’un composant, c’est l’âme de la voiture », a insisté Dan Sayers, responsable du programme Hypercar. L’objectif est clair : qu’une Ford soit reconnaissable au son, même de nuit dans la ligne droite des Hunaudières.
Malgré ces ambitions mondiales, Ford n’abandonne pas ses racines américaines. Le programme NASCAR demeure un pilier stratégique, avec l’arrivée annoncée de la Mustang Dark Horse SC en Cup Series dès 2027, tandis que la marque vise également un premier sacre au Rallye Dakar.
Face aux provocations de General Motors, également attendu en Formule 1, Bill Ford assume la rivalité.
« Qu’ils fassent attention à ce qu’ils disent », a-t-il lancé, sourire en coin. Pour Ford, le message est limpide : le sport automobile n’est pas un simple outil marketing, mais un terrain de conquête mondiale.

We’re going back to Le Mans with a mission to win overall. Welcome the Ford Performance Hypercar program.@FIAWEC @24hoursoflemans pic.twitter.com/NzqfsqaXQz
— Ford Racing (@FordRacing) January 31, 2025































