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Audi

Audi n’a pas encore disputé un seul Grand Prix en Formule 1 que le constructeur allemand est déjà en guerre ouverte avec le système. À l’approche de l’entrée en vigueur de la réglementation moteur 2026, la marque aux anneaux refuse catégoriquement toute solution qui laisserait Mercedes et Red Bull exploiter une faille réglementaire aux conséquences potentiellement dévastatrices pour l’équité sportive. Le message est clair, public, et sans détour : Audi ne se laissera pas pénaliser avant même ses débuts.

La refonte du règlement moteur 2026 devait incarner un nouveau départ : répartition de puissance 50 % thermique / 50 % électrique, suppression du MGU-H, adoption de carburants durables, et moteurs conçus pour une nouvelle ère technologique.

Audi, contrairement à Cadillac qui utilisera un moteur Ferrari, a fait le choix le plus risqué : développer son propre groupe motopropulseur, en interne, à Neuburg, depuis 2022. Mais voilà le problème : Mercedes et Red Bull auraient trouvé une brèche.

Selon plusieurs sources du paddock, Mercedes et Red Bull seraient parvenues à faire fonctionner leur moteur thermique à un taux de compression effectif de 18:1, alors que la limite officielle est fixée à 16:1.

Comment ? En s’appuyant sur un détail clé du règlement : la FIA ne contrôlerait ce taux qu’à température ambiante, et non en conditions de fonctionnement réelles. Red Bull insiste : son moteur est strictement conforme au texte.

Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce gain pourrait représenter trois à quatre dixièmes par tour, selon les circuits. Un gouffre.

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Audi explose : “Ce serait absurde. Nous ne l’accepterions jamais.” Mais il est déjà trop tard !

Face à cette situation, Audi s’est alliée à Ferrari et Honda pour faire pression sur la FIA. Et James Key, directeur technique d’Audi F1, n’a pas mâché ses mots.

« Comme toujours, nous devons faire confiance à la FIA pour prendre les bonnes décisions. Il s’agit d’une nouvelle réglementation. Il faut que la concurrence soit équitable. »

Puis, la phrase qui claque comme un avertissement politique :

« Si quelqu’un invente un diffuseur ingénieux et que vous dites que ce n’est pas la bonne solution, que personne d’autre ne peut l’utiliser, mais que vous, vous pouvez l’utiliser pour le reste de la saison ? Ce serait absurde. Nous ne l’accepterions jamais. »

Traduction : pas de passe-droit, pas d’exception, pas de F1 à deux vitesses.

C’est là que le dossier devient explosif. Selon The Race, il est désormais techniquement impossible pour les motoristes qui n’ont pas exploité cette faille de redessiner un moteur, revalider sa fiabilité, et l’homologuer avant le début de la saison 2026, fixé au 8 mars en Australie.

Inversement, il est tout aussi irréaliste d’exiger que Mercedes et Red Bull reconçoivent un moteur conforme à 16:1 à ce stade. Les moteurs qui rouleront à Melbourne sont déjà figés.

Un scénario circule en coulisses : autoriser Mercedes et Red Bull à exploiter cette architecture moteur en 2026, puis imposer une correction en 2027.

Un compromis que beaucoup jugent toxique. Car cela reviendrait à accepter une grille à deux vitesses, une saison faussée dès le départ, et un message catastrophique pour les nouveaux entrants comme Audi.

Pour Audi, l’enjeu dépasse la performance pure. Il s’agit de crédibilité réglementaire, d’égalité d’accès à la technologie et de respect des nouveaux motoristes qui ont investi des centaines de millions.

La marque n’est pas venue en F1 pour servir de figurant. Et si la FIA valide de facto cette faille, le choc politique pourrait être aussi violent que le choc technique.

La F1 voulait une nouvelle ère. Elle risque de commencer par un scandale fondateur. Audi a parlé. Ferrari et Honda observent. La FIA est désormais dos au mur. Si la saison 2026 démarre avec un avantage structurel pour deux motoristes, la promesse d’une F1 plus équitable volera en éclats dès le premier Grand Prix.

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