Gigi Dall’Igna n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Lorsqu’il évoque publiquement un pilote, surtout dans un contexte aussi sensible que celui du marché MotoGP 2027, chaque mot pèse lourd. Et sa récente déclaration sur le pilote qu’il engagerait si Ducati avait la possibilité d’aligner une troisième moto officielle en 2026 n’a rien d’anodin. Car derrière cette hypothèse réglementaire irréaliste se cache en réalité un message bien plus concret sur l’avenir sportif de Borgo Panigale.
Depuis son arrivée à la tête du projet Ducati Corse en 2013, Gigi Dall’Igna a façonné l’identité moderne de la marque. Andrea Iannone fut sa première recrue, Francesco Bagnaia son pari gagnant, et Marc Marquez son coup de maître le plus récent. À chaque fois, ses choix ont structuré la domination actuelle de Ducati en MotoGP. Aujourd’hui, alors que la marque règne sur le championnat et que les contrats clés arrivent tous à échéance fin 2026, le directeur général italien se projette déjà plus loin.
Interrogé sur le pilote qu’il aimerait ajouter à une équipe Ducati idéale composée de Marc Marquez et Francesco Bagnaia, Dall’Igna n’a laissé place à aucune ambiguïté. Le nom qu’il cite est celui de Pedro Acosta, actuellement sous contrat avec KTM.
« J’aimerais voir Pedro Acosta chez Ducati », a-t-il déclaré à Motosprint. « C’est l’un des jeunes pilotes capables de marquer l’histoire de la moto. »

Chez Ducati, Gigi Dall’Igna est le seul homme qui décide… et il a parlé
Cette phrase, prononcée presque naturellement, résonne pourtant comme une bombe dans le paddock. Car Acosta n’est pas seulement un talent prometteur : il est déjà une réalité. Champion du monde Moto3 dès sa première saison en 2021, sacré en Moto2 en 2023, puis rapidement compétitif en MotoGP avec Tech3 avant de rejoindre l’équipe officielle KTM en 2025, l’Espagnol de 21 ans a confirmé l’an dernier qu’il était prêt à jouer dans la cour des grands. Sa fin de saison 2025, marquée par quatre podiums après la pause estivale, contraste fortement avec celle de Bagnaia, dont la dynamique s’est brutalement effondrée.
Les chiffres sont sans appel. Acosta a terminé la saison 2025 à la quatrième place du championnat, avec 19 points d’avance sur Bagnaia. Un détail en apparence, mais un symbole fort dans une hiérarchie Ducati qui se redessine. Là où Acosta montait en puissance, Bagnaia peinait à terminer les Grands Prix, ne signant qu’une seule victoire sur les sept dernières manches, malgré un début d’année solide. Dans un championnat aussi impitoyable, la trajectoire compte parfois plus que le palmarès.
Officiellement, Ducati ne peut aligner qu’une seule équipe usine. Officieusement, la déclaration de Dall’Igna révèle une chose essentielle : Acosta est aujourd’hui le pilote le plus désiré de Borgo Panigale hors de son giron. Et ce n’est pas une projection lointaine. Les contrats de Marquez, Bagnaia et Acosta expirent tous à la fin de 2026. Dans un marché qui devrait se figer très tôt, chaque signal public devient un élément de négociation, voire de pression.
Sans jamais le critiquer ouvertement, Dall’Igna envoie aussi un message clair à Bagnaia. En MotoGP, être le pilote en place ne garantit plus rien. Ducati prépare déjà l’après-Marquez, et rien n’indique que cet avenir passera automatiquement par le double champion du monde italien. Acosta représente la jeunesse, la projection long terme et la capacité à incarner une nouvelle ère, exactement comme Marquez l’avait fait pour Honda en son temps.
En une phrase, Gigi Dall’Igna n’a pas simplement évoqué un rêve théorique. Il a esquissé la future colonne vertébrale de Ducati en MotoGP. Et dans cette vision, Pedro Acosta n’est plus une rumeur : il est déjà une évidence. Chez Ducati, un seul homme décide… et il a parlé
































