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Il y a des courses dont l’issue est facile à deviner : durant la saison 2025, nous avons eu de très nombreux exemples. Mais pour ceux qui suivent le sport depuis quelques années seulement, rassurez-vous, c’est parfois bien mieux que ça ! Aujourd’hui, je voulais vous évoquer l’un des Grands Prix les plus surprenants de toute l’histoire motocycliste, que personne n’aurait pu anticiper.

En arrivant sur le circuit Ricardo Tormo, à la fin de la saison 2006, le championnat est sur la ligne. L’année fut pour le moins étrange. Valentino Rossi, détenteur de la couronne mondiale depuis 2001, est en difficulté. Ce dernier connut un exercice miné par les problèmes, ainsi que par la malchance. Entre blessures et problèmes techniques en tout genre, il n’a jamais su prendre de l’avance au championnat, et ses statistiques en dent de scie en témoignent : cinq victoires, cinq podiums, mais beaucoup d’abandons et de contre-performances.

 

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Troy Bayliss, l’animateur de ce week-end fou. Photo : Bridgestone

 

Nicky Hayden, son rival pour le titre, affiche une belle régularité (sept podiums), mais « seulement » deux victoires. Avoir du mal à concrétiser et vaincre n’est pas de bon augure face à « The Doctor », un monstre en la matière. L’avant-dernière manche au Portugal a tout relancé : Hayden s’est fait faucher au pire des moments par son propre coéquipier Dani Pedrosa, à cause d’une manœuvre restée célèbre. Le premier abandon de la saison pour l’Américain n’est pas de bon augure. Valentino termine à un cheveu (deux millièmes) de Toni Elías, dans un finish lui aussi inscrit au panthéon.

Tout est remis en jeu pour Valence. Lors de la dernière course, les enjeux ne sont plus les mêmes. La pression est différente. C’est soit on gagne, soit on rentre à la maison. L’italien arrive sur les terres espagnoles avec une petite avance de huit points seulement. Lors des qualifications, la messe semble dite. Rossi prend la pole position, et nous rappelle qu’il ne faut pas l’enterrer si facilement. Il n’a besoin que d’une deuxième place pour gagner le titre, et cela semble à la portée du septuple champion du monde. Nicky Hayden ne rassure personne : il ne part que cinquième sur la grille alors qu’il a besoin d’une performance XXL.

Mais contre toute attente, lorsque les feux s’éteignent, Valentino Rossi rate complètement le départ. Il tombe immédiatement à la septième place, manquant de s’accrocher avec Dani Pedrosa. Les efforts du samedi sont perdus. Il faut recommencer. En poussant au maximum, Rossi commet l’irréparable dans le cinquième tour. Ce dernier perd l’avant dans le deuxième virage, tout seul. Une erreur qui coûte un titre. Nicky Hayden n’a plus qu’à assurer pour prendre la couronne mondiale, et n’a pas à terminer premier. D’ailleurs, qui était premier ? Capirossi ? Pedrosa ? Même pas.

C’était ni plus ni moins que Troy Bayliss, qui effectuait une wild-card, alors en remplacement de Sete Gibernau ! L’Australien était un des virtuoses de notre sport. Doté d’une vitesse naturelle hors norme, il s’était créé un trou en Superbike, s’affirmant comme l’un des hommes les plus forts de la catégorie au début des années 2000. Champion du monde WSBK en 2001, il avait décidé de rejoindre le MotoGP en 2003.

 

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Bayliss devant son coéquipier à la surprise générale. Hayden est troisième derrière, résultat plus que suffisant. Photo : Bridgestone

 

Mais le « Baylisstic » peinait à tirer le meilleur d’une coriace Ducati Desmosedici GP3. Ceci dit, il est parvenu à monter trois fois sur la boîte. Passé chez Honda, il galérait toujours autant au guidon de machines qui ne lui convenaient pas. Entre blessures et mauvais résultats, il décida de revenir en Superbike pour l’année 2006.

Il fut absolument intouchable cette année-là. Troy domina complètement le Superbike. Vainqueur du championnat pour la deuxième fois, il fut appelé par le team MotoGP Marlboro Ducati pour un remplacement à l’occasion de la dernière manche, à Valence. En effet, Sete Gibernau était diminué à cause de ses blessures multiples. Le missile baylisstic accepta l’offrande.

Dès les qualifications, il fit sensation. L’Australien, qui n’avait pas piloté de machine de Grand Prix depuis un an, se qualifia deuxième devant son coéquipier titulaire Loris Capirossi. Une fois la course lancée, personne ne pouvait entraver sa marche en avant vers la victoire. Dans le plus pur style de Bayliss, il remporta ce Grand Prix haut la main, collant plus d’une seconde à « Capirex ». L’exploit est fou et n’a pas encore été réitéré depuis. Imaginez-vous, en gros, que Ducati donne une chance à Alvaro Bautista et qu’il gagne une course en 2026.

Rares sont les sports à pouvoir offrir autant d’émotions sur le même week-end. Un pilote wild-card vainqueur, et un dénouement final complètement dingue, voyant le « Kentucky Kid » sacré, en larmes à la fin de la course. Ces images mythiques ne nous sont offertes que par les plus grands circuits, et il est certain que personne n’oubliera ces joutes sur le tracé valencien.

Quels souvenirs gardez-vous de cette course ? Dites-le-moi en commentaires !

 

Une image mythique.

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