À l’occasion de la présentation officielle de la saison 2026 à Madonna di Campiglio, Ducati a levé le voile sur sa nouvelle Desmosedici GP26, développée pour prolonger une domination qui dure depuis plusieurs saisons et préparer la transition vers la prochaine ère technique de 2027. Cette machine, qui sera pilotée par Marc Marquez et Francesco Bagnaia, n’est pas seulement une évolution esthétique : elle incarne une réponse directe à certains des défis les plus criants rencontrés l’année dernière.
D’après Davide Barana, directeur technique de Ducati Corse, l’un des axes principaux du développement a été la réduction des vibrations et l’amélioration de la stabilité, en particulier sur les circuits rapides comme Assen ou Phillip Island, où la GP25 avait montré quelques limites.
« L’année dernière, les vibrations sont devenues un problème », explique Barana en évoquant les nombreux retours des pilotes autour de ce phénomène lié notamment aux exigences de performance élevées et aux limites atteintes par les pneumatiques.
Même si le moteur est figé pour la saison 2026 en raison du gel réglementaire, jusqu’à l’introduction des nouveaux moteurs 850 cc en 2027, Ducati n’a pas chômé sur les autres éléments clés de la moto. L’équipe technique a retravaillé le système d’admission d’air, les conduits et l’airbox afin d’optimiser la réponse des gaz, l’accélération et la vitesse maximale dans le cadre permis par le règlement.
Sur le plan du cadre, au-delà de la réduction des vibrations, Ducati a voulu « calmer » le comportement général de la moto pour assurer une confiance accrue du pilote, un point essentiel pour se battre dans les phases mixtes des circuits à haute vitesse. Parmi les nouveautés techniques figure aussi la dernière version du correcteur d’assiette, un système pionnier chez Ducati depuis 2018, qui sera utilisé pour la dernière fois avant d’être interdit par les règles à venir en 2027.

La collaboration avec les Chinois de Lenovo a donné le « Ducati Corse dataBot »
Les ingénieurs de Borgo Panigale n’ont pas négligé l’aérodynamique, domaine où chaque compromis entre charge et vitesse de pointe reste délicat à trouver sur une moto, comparé à une voiture. Ducati a travaillé sur de nouvelles formes et configurations qui ne sont pas encore visibles sur la moto exposée à la présentation, les nouveaux éléments étant réservés aux essais en piste.
Un autre volet de l’effort de développement est moins visible mais potentiellement tout aussi important : l’intégration accrue de technologies numériques avancées, y compris une intelligence artificielle interne développée en partenariat avec Lenovo. Baptisé « Ducati Corse dataBot », ce système vise à donner aux ingénieurs un accès instantané à une immense base de données d’analyses, simulant des capteurs virtuels et facilitant les décisions techniques grâce à l’interaction par langage naturel.
En résumé, la GP26 se présente comme une machine pensée pour être plus douce, plus stable et plus performante que sa devancière, tout en exploitant au maximum les marges encore disponibles dans un règlement technique MotoGP contraint. Les premiers essais à Sepang et à Buriram permettront de mesurer à quel point ces modifications se traduiront en gains concrets sur la piste, mais chez Ducati l’ambition est claire : obtenir une meilleure consistance, une confiance accrue pour les pilotes et une performance globale renforcée, tout en préparant déjà discrètement l’arrivée des nouveaux défis règlementaires de 2027.































