Red Bull au bord de la rupture ? Deux ans de chaos et une vérité qui dérange : Red Bull n’est plus intouchable. Dans De Telegraaf, Oliver Mintzlaff a lâché une phrase qui vaut aveu : les deux dernières années ont été parasitées par des tensions internes au point d’affecter la performance. En Formule 1, c’est presque un blasphème. Chez Red Bull, c’est un séisme. L’équipe la plus dominante de l’ère moderne admet avoir vacillé.
Tout commence à l’été 2024. Adrian Newey s’en va. Le cerveau aérodynamique, le garant de la continuité technique, quitte le navire à la veille de la révolution réglementaire 2026. Le timing est brutal.
Puis Christian Horner est écarté. Vingt ans de stabilité balayés. Horner, c’était l’axe central du projet : management, politique, influence FIA. Enfin Helmut Marko annonce son retrait après Abu Dhabi 2025. Le parrain du programme jeunes pilotes, l’homme qui a construit l’empire Verstappen.
Newey. Horner. Marko. Le triumvirat fondateur disparaît en moins de deux saisons. Ce n’est pas un ajustement. C’est un changement de régime.

Mintzlaff , directeur de Red Bull Racing : “La distraction mène à la sous-performance”
Mintzlaff ne tourne pas autour du pot : « lorsque les gens se laissent distraire, ils perdent leur concentration. Peu importe si vous avez les onze meilleurs joueurs de foot ou le meilleur pilote du monde. »
Traduction : même Max Verstappen ne peut pas compenser un climat instable indéfiniment. En interne, les tensions étaient devenues publiques. Et en F1, la moindre fissure devient un dixième perdu.
Red Bull n’a pas seulement perdu de la performance. Elle a perdu de la cohésion. Ce qui sauve Red Bull en 2025, c’est un homme. Malgré une monoplace qui n’écrasait plus la concurrence, Verstappen a remporté des courses clés, maintenu la pression au championnat, extrait plus de la voiture que son potentiel intrinsèque. C’est à la fois admirable… et inquiétant. Car si la domination repose davantage sur le pilote que sur la structure, le modèle devient fragile.
La révolution 2026 ne sera pas cosmétique. Nouveau moteur hybride, 50 % électrique, carburants durables, nouveau châssis, nouveau partenariat avec Ford.
Ce genre de transition exige une architecture décisionnelle solide. Or aujourd’hui qui incarne la vision technique après Newey ? Qui porte l’autorité politique après Horner ? Qui arbitre les équilibres internes sans Marko ?
Red Bull entre dans la plus grande réforme réglementaire de la décennie… en pleine reconstruction identitaire.
Ce n’est pas une crise sportive. C’est une crise de gouvernance. La différence est fondamentale. Sur la piste, Red Bull reste compétitive. Dans les coulisses, elle redéfinit son pouvoir.
Et pendant ce temps Mercedes prépare son retour stratégique, Ferrari stabilise sa direction technique, McLaren structure un modèle cohérent et Audi arrive avec une vision industrielle claire.
Ce que Mintzlaff admet réellement c’est que la stabilité sera l’arme principale en 2026. En reconnaissant deux années de chaos, Mintzlaff fait plus qu’un constat. Il tente de refermer une ère.
Mais l’histoire montre qu’en F1, la transition entre une génération dominante et la suivante est rarement fluide. Ferrari post-Schumacher. Mercedes post-Brawn… Red Bull est peut-être en train de vivre ce moment.
La domination ne s’effondre pas toujours brutalement. Parfois, elle s’érode silencieusement. Et 2026 dira si Red Bull est en reconstruction… ou en début de déclin.
































