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Bagnaia

Pecco Bagnaia aborde la saison 2026 dans une position aussi délicate qu’inédite depuis son arrivée au sommet du MotoGP. Son contrat avec Ducati expire à la fin de l’année, et si l’Italien affiche publiquement une certaine sérénité, le contexte interne à Borgo Panigale laisse penser que son avenir est loin d’être verrouillé.

La saison 2025 a profondément rebattu les cartes. Incapable de s’adapter pleinement à la Desmosedici GP25, Bagnaia a vécu une année compliquée, marquée par un manque de sensations à l’avant, des critiques répétées à l’égard du développement technique et une cinquième place finale au championnat. Pendant ce temps, Marc Marquez dominait la catégorie, décrochant son septième titre en MotoGP avec quatre manches d’avance et s’imposant comme le nouveau centre de gravité du projet Ducati.

Le contraste a été brutal. Là où Bagnaia incarnait jusqu’alors la stabilité et la continuité du projet rouge, il s’est retrouvé en difficulté, tandis que Marquez consolidait sa position avec autorité. Cette redistribution des rôles a inévitablement déplacé les priorités stratégiques de la direction.

Carlo Pernat l’a résumé sans détour : une saison similaire à celle de 2025 serait « impensable » pour Bagnaia et pour Ducati.

Le manager italien rappelle un point essentiel : une usine comme Ducati ne peut pas se permettre d’aligner un pilote qui ne se bat pas pour le titre. « Ducati a besoin d’un champion », insiste-t-il. Dans un contexte où Marquez n’est pas éternel et où l’horizon 2027 correspondra à une nouvelle ère technique avec les 850 cc, la marque doit sécuriser l’avenir.

Bagnaia

Bagnaia n’aurait déjà plus le temps : plusieurs agents du paddock estiment que la grille 2027 pourrait être finalisée dès les premières semaines de la saison 2026

Le véritable problème pour Bagnaia n’est d’ailleurs pas uniquement sportif, il est temporel. Plusieurs agents du paddock estiment que la grille 2027 pourrait être quasiment finalisée dès les premières semaines de la saison 2026, voire avant même le premier Grand Prix en Thaïlande. Autrement dit, l’idée selon laquelle Bagnaia disposerait des premières courses pour convaincre pourrait relever de l’illusion. Les décisions stratégiques majeures se prennent en coulisses bien avant que les feux ne s’éteignent.

Dans ce contexte, le nom de Pedro Acosta revient avec insistance. Le jeune pilote KTM représente le profil idéal pour une transition générationnelle : talent brut, marge de progression considérable, ambition intacte et capacité à accepter des conditions contractuelles structurées autour d’un projet à long terme. Massimo Rivola a même laissé entendre publiquement qu’Acosta pourrait être pilote Ducati en 2027, des propos qui ont visiblement agacé Luigi Dall’Igna. Mais la rumeur ne naît jamais de rien dans le paddock.

Le dilemme pour Ducati est clair : prolonger Bagnaia et miser sur la stabilité, ou préparer l’avenir avec Acosta. Le premier incarne l’histoire récente de la marque, ses titres et son identité. Le second représente la projection, le futur et une dynamique nouvelle qui pourrait séduire également les nouveaux propriétaires du MotoGP, Liberty Media, particulièrement sensibles à la dimension narrative et générationnelle du sport.

Bagnaia, de son côté, affirme vouloir terminer sa carrière en rouge. Il l’a répété à plusieurs reprises, notamment à Valence. Cependant, son discours semble moins catégorique qu’auparavant. Il ne ferme plus la porte à d’autres scénarios, comme s’il avait intégré la possibilité que la décision ne lui appartienne pas entièrement.

Si l’aventure Ducati devait s’arrêter, un passage en équipe satellite paraît exclu au regard de son statut de double champion du monde. Resteraient alors les projets d’usine. Aprilia pourrait constituer une option crédible, à condition que la situation contractuelle de Jorge Martin s’éclaircisse. Yamaha et Honda surveillent également le marché, conscientes qu’un pilote du calibre de Bagnaia reste une valeur sûre à l’aube d’un changement réglementaire majeur.

Au fond, la question dépasse le simple cas individuel. Ducati a changé d’équilibre interne. Marc Marquez est devenu la priorité absolue, et le numéro 63 n’est plus intouchable. Dans une structure où la performance immédiate conditionne la stratégie à moyen terme, vivre sur ses titres passés ne suffit plus.

La saison 2026 s’annonce donc déterminante pour Francesco Bagnaia. Elle ne sera pas seulement une tentative de reconquête sportive, mais un véritable examen de légitimité au sein d’un projet en pleine recomposition. Soit il redeviendra le pilier autour duquel Ducati construit son avenir, soit il devra envisager un nouveau chapitre ailleurs.

Dans le paddock, une chose est certaine : les décisions sont déjà en train de se prendre. Et le temps, cette fois, ne semble pas jouer en faveur du numéro 63.

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