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Pedro Acosta

Le nouveau règlement technique qui entrera en vigueur en 2027 pourrait marquer un tournant majeur pour l’équipe VR46 de Valentino Rossi. Si la formation de Tavullia s’est imposée comme la deuxième structure Ducati après le départ de Pramac vers Yamaha, son statut renforcé ne s’est pas traduit par les résultats espérés…

Malgré l’obtention d’une Desmosedici d’usine en 2025, VR46 n’a remporté aucune victoire et a terminé derrière Gresini, pourtant autre équipe satellite, qui s’est offert quatre succès. Un contraste difficile à ignorer pour un propriétaire aussi compétiteur que Rossi.

Pour 2026, l’objectif est clair : gagner. Rossi l’a laissé entendre à plusieurs reprises, et la pression repose désormais directement sur Fabio Di Giannantonio et Franco Morbidelli.

Di Giannantonio conservera sa machine d’usine cette saison, tandis que Morbidelli abandonnera la GP25, jugée problématique, pour revenir à une GP24 plus maîtrisée. Sur le papier, les conditions sont réunies pour jouer régulièrement le podium. Mais dans les coulisses, l’horizon semble déjà dessiné.

Selon un rapport de Motorsport España, 2026 serait la dernière saison du duo actuel chez VR46. Rien d’officiel pour l’instant, mais l’idée d’un renouvellement complet pour 2027 serait déjà actée en interne. Autrement dit, les performances de cette année ne changeraient pas nécessairement la décision stratégique.

Di Giannantonio, vainqueur une seule fois en MotoGP avec Gresini en 2023, n’a pas confirmé depuis. Quant à Morbidelli, sa trajectoire semble s’essouffler, au point que certains évoquent même la fin de son aventure en catégorie reine.

Pablo Nieto

Le grand ménage évoqué chez VR46 pourrait être moins une sanction qu’un repositionnement stratégique

Le chantier de Rossi ne se limite pas aux pilotes. La question du constructeur est tout aussi centrale.

VR46 est lié à Ducati depuis son arrivée en MotoGP en 2022 et bénéficie désormais d’un statut privilégié. Mais des discussions exploratoires avec Aprilia auraient eu lieu. Massimo Rivola entretient une relation ancienne et solide avec Rossi, héritée de l’époque Ferrari en Formule 1.

Le nouveau règlement 2027 (moteurs 850cc, aérodynamique réduite, nouvelles concessions) rebattant complètement les cartes, un changement d’usine ne serait pas illogique. Surtout si Aprilia cherche à renforcer son réseau satellite ou à repositionner son projet.

Rossi se retrouve donc face à un choix structurant : rester dans l’écosystème Ducati, ultra-dominant mais saturé de talents, ou devenir la pierre angulaire d’un projet Aprilia plus stratégique.

## Le marché 2027 : opportunités et risques

Si VR46 décide réellement de repartir de zéro, plusieurs noms circulent déjà. Pedro Acosta apparaît comme la cible naturelle. L’Espagnol pourrait quitter KTM fin 2026 et représenterait un pari générationnel parfait pour Rossi. Mais Ducati officielle serait également sur le dossier, ce qui complique fortement l’équation.

Francesco Bagnaia constitue une autre option crédible si son avenir à Borgo Panigale s’assombrit. L’Italien est issu de l’Académie VR46, et un retour « à la maison » aurait du sens. Toutefois, Rossi pourrait exiger un engagement rapide, avant même que la saison 2026 ne commence réellement.

Nicolo Bulega, aujourd’hui en Superbike, vise clairement le MotoGP en 2027. Son intégration ponctuelle chez Ducati en 2025 a montré que son profil intéresse. Pour VR46, ce serait un choix cohérent : italien, formé dans l’orbite Ducati, et déjà lié à la galaxie VR.

Un point mérite d’être souligné : Valentino Rossi semble désormais pleinement investi dans son rôle de propriétaire. Sa présence accrue lors des événements officiels et sa volonté affichée de gagner traduisent un changement de posture.

VR46 n’est plus un projet académique ou sentimental. C’est une structure qui vise la victoire. Et dans un MotoGP qui entrera dans une nouvelle ère technique en 2027, rester immobile serait synonyme de déclassement.

La saison 2026 sera donc charnière. Non seulement pour les pilotes actuels, mais pour l’identité même de l’équipe. Le grand ménage évoqué pourrait être moins une sanction qu’un repositionnement stratégique.

Dans le paddock, une chose est certaine : Rossi ne veut plus simplement participer. Il veut peser. Et 2027 pourrait être l’année où VR46 cesse d’être une équipe satellite ambitieuse… pour devenir un acteur central du nouveau MotoGP.

Salucci

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