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Andrea Dovizioso

À la fin des années 2010, un seul homme a réellement tenu tête à Marc Marquez sur la durée : Andrea Dovizioso. Il ne l’a jamais battu au championnat, mais il a été celui qui l’a poussé dans ses retranchements au moment où Honda dominait encore le MotoGP.

Entre 2012 et 2019, la marque japonaise a remporté tous les titres sauf un. À cette époque, Ducati était encore en phase de reconstruction. La Desmosedici progressait, mais elle n’était pas encore l’arme absolue qu’elle deviendrait à partir de 2022. Dovizioso, lui, était au sommet de sa maturité sportive. Face à lui, Marquez était déjà une force de la nature.

Leur rivalité, inattendue au départ, est devenue l’un des grands chapitres modernes du MotoGP. Des duels à couper le souffle, des dépassements dans le dernier virage, des victoires arrachées à la stratégie et au mental. Une opposition de styles autant que de personnalités.

Andrea Dovizioso l’a reconnu : l’arrivée de Marquez chez Honda a changé sa façon d’aborder la course.

Il a été frappé immédiatement par la capacité du Catalan à contrôler l’avant de sa moto, à repousser les limites du train avant comme aucun autre. Cette agressivité maîtrisée a redéfini les standards du pilotage moderne.

Dans la biographie Marc le Magnifique de Mat Oxley, Dovizioso explique comment il a tenté de renverser ce rapport de force :

« Tous ces duels étaient magnifiques grâce à la façon dont j’ai géré Marc dans ces moments-là. Je les ai gérés à la perfection et j’ai trouvé la clé pour lutter contre un pilote vraiment fort, intelligent et talentueux. »

Andrea Dovizioso

Andrea Dovizioso : « c’était le seul moyen de le battre, et ça a marché« 

Sa méthode n’était pas basée sur la vitesse pure. Honda restait supérieure dans de nombreuses situations, mais sur la compréhension psychologique…

« Je comprenais Marc et je savais de quoi il était capable, alors j’ai essayé de créer des situations en réfléchissant à sa réaction. C’était le seul moyen de le battre, et ça a marché. » Créer des scénarios. Forcer des choix. L’amener à douter.

Dovizioso n’essayait pas seulement d’aller plus vite que Marquez. Il essayait de l’amener sur son terrain.

La saison 2017 reste le sommet de leur duel. Les deux pilotes remportent six victoires chacun. Sur le papier, l’égalité est parfaite. Dans les faits, la régularité fait la différence. Marquez monte quatre fois de plus sur le podium et décroche le titre avec 37 points d’avance.

Ce n’est pas un écart abyssal. Un ou deux résultats inversés auraient pu changer la dynamique du championnat. Mais dans un sport où chaque détail compte, la constance fait loi.

Dovizioso n’avait peut-être pas la meilleure moto. Il avait néanmoins trouvé le moyen de maintenir la pression sur le pilote le plus redouté du plateau.

Beaucoup ont tenté de battre Marquez dans ces années-là. Peu ont réussi à le faire douter. Dovizioso, lui, l’a obligé à rester sur ses gardes.

Il a compris que la clé n’était pas de l’affronter frontalement à chaque tour, mais de l’amener à des moments critiques où la décision se joue en une fraction de seconde.

C’est en cela que leur rivalité a marqué l’histoire : elle a transformé des courses en véritables parties d’échecs à 350 km/h.

Aujourd’hui, le débat a changé. Davide Tardozzi estime que seuls deux pilotes dans l’histoire peuvent rivaliser avec Marquez. Jorge Lorenzo, de son côté, rappelle une vérité simple : personne ne défie le temps indéfiniment.

Marquez a su se réinventer après ses blessures. Mais l’âge, la nouvelle génération et les cycles techniques finiront par redistribuer les cartes.

Dovizioso, lui, appartient déjà à l’histoire. Il n’a jamais battu Marquez sur une saison MotoGP complète. Mais il a été celui qui a démontré qu’il était possible de le faire vaciller. Et parfois, dans un sport dominé par un seul homme, cela suffit à entrer dans la légende.

Marc Marquez Andrea Dovizioso

 

 

 

 

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