Alors que le rideau se lève sur 2026, Carmelo Ezpeleta, le grand patron de la Dorna, ne cache pas son enthousiasme. Entre l’arrivée d’une star mondiale venue du Superbike nommée Toprak Razgatlioglu et la préparation d’un big bang technique pour 2027, le MotoGP entre dans l’ère la plus ambitieuse de son histoire.
À l’occasion de la projection du film Idols, Carmelo Ezpeleta n’a pas simplement parlé cinéma. Le patron de Dorna Sports a surtout dessiné les contours du futur immédiat du MotoGP, entre l’arrivée très attendue de Toprak Razgatlioglu et une révolution technique programmée pour 2027. Le message est clair : le championnat s’apprête à entrer dans une phase charnière.
Concernant le passage du champion du monde Superbike en catégorie reine, Ezpeleta ne cache ni son enthousiasme ni ses attentes. « C’est un bon pilote et il a très envie de bien faire », a-t-il affirmé à propos du Turc. Mais il glisse aussitôt une nuance déterminante, presque pragmatique : « Je pense que le plus important au début, c’est d’avoir de la chance et de ne pas commencer blessé. » Dans un paddock où les débuts peuvent se transformer en piège, la première saison conditionne souvent toute la trajectoire. Malgré cela, le dirigeant espagnol ne laisse planer aucun doute sur son pari personnel : « je pense que Toprak sera un pilote important en MotoGP. »
Au-delà du cas Razgatlioglu, Ezpeleta voit plus loin. Il décrit 2026 comme une saison « fantastique », notamment parce que les contrats de nombreux pilotes majeurs arrivent à échéance. Autrement dit, le marché va s’enflammer, les équilibres pourraient vaciller, et les transferts redessiner la grille. Dans l’univers MotoGP, on sait très bien ce que ça veut dire : tensions internes, stratégies cachées, et décisions prises parfois avant même le premier Grand Prix.

Carmelo Ezpeleta : « dans les affaires comme dans la vie de tous les jours, quand on donne sa parole, et surtout quand on signe un contrat, il faut la tenir »
Mais le véritable séisme, selon lui, viendra en 2027. Nouvelle réglementation technique, motos « profondément différentes », changement de fournisseur de pneus : le championnat va changer de visage. Ce ne sera pas un simple ajustement, mais une refonte structurelle, avec des conséquences sportives imprévisibles. Dans ces périodes de transition, les hiérarchies peuvent s’inverser, les projets techniques prendre le dessus sur les dynasties établies.
Interrogé sur le marché des pilotes et l’avenir de figures comme Marc Marquez, Ezpeleta adopte un ton plus diplomatique. « Je n’ai pas beaucoup d’expérience en la matière, et surtout, je dois respecter les décisions prises par les constructeurs et les pilotes », explique-t-il.
Mais il rappelle aussitôt sur moto.it un principe qu’il considère non négociable, en référence implicite aux turbulences contractuelles récentes : « dans les affaires comme dans la vie de tous les jours, quand on donne sa parole, et surtout quand on signe un contrat, il faut la tenir. » Une phrase qui résonne fortement dans un paddock où les clauses de sortie et les négociations parallèles sont devenues monnaie courante.
Quant au film Idols, Ezpeleta précise qu’il ne s’agit pas d’une initiative directe de Dorna, même si l’organisation a collaboré au projet. Il espère que cette histoire, qu’il qualifie de « magnifique », saura dépasser le cercle des passionnés et toucher un public plus large. L’objectif est évident : élargir l’audience, moderniser l’image, accompagner la mutation engagée depuis l’arrivée de Liberty Media.
Avec l’entrée en scène de Razgatlioglu, un mercato explosif en 2026 et une refonte technique en 2027, le MotoGP n’est pas seulement en transition. Il est à la veille d’un nouveau cycle. Et si Ezpeleta a raison, les prochaines saisons pourraient bien redéfinir l’équilibre du pouvoir en catégorie reine.
































