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Carlo Pernat

Alors que les essais officiels de la saison MotoGP 2026 approchent à grands pas, Carlo Pernat livre une analyse brute de ce qui se trame vraiment dans les coulisses du Championnat du Monde, loin des déclarations polies des communiqués de presse. Pour l’ancien manager et consultant, la vérité, c’est que le MotoGP ne se joue plus seulement sur la piste, mais bien avant, dans les bureaux, autour des contrats, et dans la tête des pilotes.

Selon Pernat, l’ambiance qui règne actuellement dans le paddock n’est pas simplement une préparation sportive : c’est un microcosme de stratégie, de pression psychologique et d’enjeux humains. Avec les tests de Sepang déjà en cours et les premières impressions techniques qui émergent, les discussions ne tournent plus uniquement autour des chronos, mais de tout ce qui va déterminer la hiérarchie avant même le premier Grand Prix.

Au cœur de cette réalité, les blessures, pas seulement physiques, occupent une place centrale. Jorge Martin, Fermin Aldeguer et d’autres n’ont pas seulement combattu pour récupérer sur le plan physique, mais aussi pour préserver leur stabilité mentale et leur compétitivité, ce qui, dans un sport aussi exigeant, peut être aussi déterminant que la vitesse pure.

Pernat aborde aussi sans détour sur GPOne  la question de la dominance technique de certaines équipes. Ducati, avec sa capacité à décrocher résultats et trophées, influence aujourd’hui l’ensemble du marché des pilotes. Chaque renouvellement ou signature, qu’il s’agisse de Marc Marquez ou d’autres ténors de la grille, envoie des ondes de choc à travers les stands et les négociations. Dans ce contexte, les décisions prises autour des contrats deviennent des pièces maîtresses qui remodèlent l’équilibre des forces avant même que la saison ne commence vraiment.

Carlo Pernat

Carlo Pernat : « Aujourd’hui, on demande à des gamins de 20 ans de signer leur avenir avant même d’avoir couru le premier Grand Prix de la saison »

Carlo Pernat souligne que 2026 est une année pivot car la quasi-totalité des contrats des top-pilotes arrivent à échéance pour préparer le nouveau règlement de 2027. Une pression insupportable : « aujourd’hui, on demande à des gamins de 20 ans de signer leur avenir avant même d’avoir couru le premier Grand Prix de la saison », s’indigne Pernat.

L’agent italien analyse aussi avec acidité la cohabitation dans le box rouge. Un équilibre précaire. Pour lui, Ducati a créé un « monstre à deux têtes ». Si Pecco Bagnaia ne reprend pas l’ascendant dès les tests de Sepang, Pernat prédit que l’équipe se divisera en deux clans, ce qui pourrait profiter à la concurrence (Aprilia ou KTM).

Il mentionne aussi que certains constructeurs (notamment les Japonais) attendent de voir les détails finaux du règlement 2027 avant de s’engager sur des salaires mirobolants, ce qui bloque actuellement le marché. « Le marché est une bombe à retardement » assure-t-il.

Il termine sur ce thème avec la menace Aprilia : Pernat rappelle que Marco Bezzecchi est le « vrai danger » caché. « Bezzecchi n’a plus rien à perdre, il a une moto qui gagne et il n’a pas la pression politique de devoir plaire à Borgo Panigale. »

Et parce que rien ne se déroule en vase clos, la discussion glisse naturellement vers des sujets plus larges : les innovations techniques qui pourraient redistribuer les cartes, les sponsors puissants comme Red Bull ou Monster dont les choix financiers influencent les trajectoires des pilotes, et même les stratégies commerciales qui se jouent hors de la piste. Ces aspects, souvent jugés secondaires au moment des interviews standard, sont désormais au centre de la conversation.

Pernat ne s’arrête pas là : il élargit son regard à l’ensemble du système MotoGP, des relations entre les équipes, les constructeurs et les promoteurs, jusqu’aux discussions avec Liberty Media sur la structure et le futur de la discipline. Pour lui, avoir des circuits pleins est une bonne chose, mais ce n’est plus suffisant ; il faut aussi savoir raconter l’histoire du championnat, attirer de nouveaux spectateurs et renforcer l’audience globale.

« On veut faire de la F1 sur deux roues, mais les pilotes ne sont pas des acteurs d’Hollywood. » Il craint que la recherche constante de « storytelling » et de clashs artificiels ne finisse par dénaturer l’aspect technique et humain qui fait le sel du MotoGP.

Pour finir, le message de Pernat est limpide : le MotoGP 2026 ne se résume pas à une simple liste de pilotes et de machines ; il reflète une réalité complexe où psychologie, contrats, innovations techniques, intérêts commerciaux et dynamique humaine sont inextricablement liés. Dans ce jeu d’échecs permanent, les décisions prises aujourd’hui, souvent invisibles du grand public, pourraient bien déterminer qui rira en fin de saison.

Carlo Pernat

 

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