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Le marché 2027 s’emballe avant même que Sepang ne démarre : selon plusieurs sources paddock (dont des indiscrétions relayées par GPOne et Motorsport.com), Pedro Acosta aurait déjà paraphé un contrat avec Ducati Corse pour devenir pilote officiel en 2027. Le phénomène espagnol de 21 ans enfilerait la combinaison rouge aux côtés de Marc Marquez (prolongé jusqu’en 2028), marquant la fin probable de l’ère Bagnaia à Borgo Panigale. Mais les récents commentaires d’Aki Ajo, team manager KTM, devraient faire froid dans le dos à Davide Tardozzi et Luigi Dall’Igna…

Le marché des pilotes pour 2027 s’emballe alors même que la saison 2026 n’a pas encore débuté, et au cœur des discussions se trouve un transfert qui pourrait redessiner l’équilibre interne de Ducati : Pedro Acosta serait en passe de rejoindre l’équipe officielle pour l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. À seulement 21 ans, l’Espagnol incarnerait alors l’avenir de la marque italienne dans l’ère 850 cc. Pourtant, des déclarations récentes d’Aki Ajo, son mentor de longue date chez KTM, viennent introduire un élément de doute qui ne peut laisser indifférent Davide Tardozzi et la direction de Borgo Panigale.

Selon plusieurs rumeurs persistantes, un accord entre Acosta et Ducati serait déjà en place pour 2027. Si cette information se confirme, elle poserait immédiatement la question de l’avenir de Francesco Bagnaia, dont la position s’est fragilisée au fil de la saison 2025. L’Italien, double champion du monde, se retrouve sous pression constante face à la hiérarchie interne et aux attentes d’un constructeur habitué à jouer le titre. Dans ce contexte, l’arrivée d’Acosta serait interprétée comme un changement de cycle, voire comme une prise de pouvoir progressive.

Pedro Acosta

« Pedro Acosta a eu du mal à gérer la pression et des discussions ont eu lieu pour le motiver »

Mais c’est précisément sur la question de la pression que les propos d’Aki Ajo prennent tout leur sens. Interrogé lors du lancement de la saison 2026 de KTM, le directeur finlandais a évoqué les difficultés rencontrées par Acosta pour gérer certaines périodes de tension, notamment au cours du premier semestre 2025. Ajo a expliqué que le jeune pilote avait parfois eu du mal à se concentrer sur les priorités, nécessitant des discussions internes pour le recentrer. Il a également insisté sur l’importance de la communication pour canaliser les émotions, allant jusqu’à rappeler que même les larmes peuvent faire partie du processus d’apprentissage.

« Je ne pense pas avoir jamais été si dur avec lui qu’il ait pleuré, même si j’étais strict lorsqu’il courait en Moto3 et Moto2 » a déclaré Ajo.

« Disons que, même au cours du premier semestre 2025, il a eu du mal à gérer la pression et que des discussions ont eu lieu pour le motiver »

« Il n’arrivait pas à se concentrer, ou du moins pas sur les bonnes choses. À mon avis, la communication est essentielle pour gérer la situation. Même les larmes peuvent être un moyen de maîtriser ses émotions. »

Ces déclarations, loin d’être anodines, soulèvent une interrogation légitime : Ducati est-elle l’environnement idéal pour un pilote encore en phase d’apprentissage émotionnel ? Borgo Panigale est réputée pour être l’une des structures les plus exigeantes du paddock. La pression y est permanente, alimentée par une culture de la victoire et par une exposition médiatique intense. Jack Miller avait lui-même reconnu que la pression interne chez Ducati était l’un des aspects les plus lourds à gérer lors de son passage dans l’équipe officielle.

L’exemple récent de Bagnaia illustre parfaitement cette réalité. Malgré deux titres mondiaux, le numéro 63 a vu ses performances scrutées à la loupe dès que les résultats ont légèrement décliné. Les difficultés rencontrées en 2025 ont été amplifiées par le contexte interne et par les attentes du public italien. L’avertissement lancé par Carlo Pernat, qui estime que les problèmes de Bagnaia pourraient se prolonger si Ducati ne corrige pas certaines faiblesses techniques, témoigne de la fragilité d’un statut pourtant prestigieux.

Si Pedro Acosta devait effectivement rejoindre Ducati en 2027, il ne serait pas simplement un jeune talent prometteur, mais un pilote attendu comme un futur champion du monde. La transition vers la nouvelle réglementation accentuera encore la pression, chaque constructeur cherchant à prendre l’avantage dès le départ. Dans ce contexte, la capacité à gérer les moments clés, à rester focalisé dans les périodes de turbulence et à absorber les attentes internes deviendra déterminante.

Cela ne signifie pas qu’Acosta ne possède pas les ressources nécessaires pour évoluer. Au contraire, son palmarès et sa maturité sportive impressionnent déjà le paddock MotoGP. Cependant, les propos d’Aki Ajo rappellent que le talent brut ne suffit pas toujours dans un environnement où la dimension psychologique est centrale. Ducati devra donc mesurer avec précision le risque et le potentiel d’un tel pari, surtout si ce choix implique d’écarter un pilote déjà titré au profit d’un profil encore en construction.

En définitive, le possible transfert d’Acosta vers Ducati ne se résume pas à un simple changement de guidon. Il pose une question plus large sur la gestion de la pression au sein d’une équipe d’usine ultra-exigeante et sur la capacité d’un jeune prodige à assumer immédiatement un rôle de leader. À Borgo Panigale, le talent ouvre la porte, mais seule la solidité mentale permet d’y rester.

Pedro Acosta

 

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