pub

Jorge Martin

La saison 2026 débute à peine à Sepang que le paddock regarde déjà vers 2027. Et le premier séisme est tombé : le départ de Fabio Quartararo vers Honda est en passe d’être acté. Deux ans de contrat. Fin d’une ère chez Yamaha. Et derrière ce mouvement, un autre se dessine : Jorge Martin serait prêt à prendre la relève à Iwata. Un champion 2024 pour remplacer un champion 2021. Le symbole est fort. Mais l’histoire est plus politique qu’il n’y paraît.

Quartararo aurait donc choisi Honda pour aborder la nouvelle réglementation 850 cc de 2027, convaincu que la structure japonaise serait mieux armée au moment du reset technique. Après 72 courses sans victoire depuis l’Allemagne 2022, la patience du Français s’est évaporée.

Chez Yamaha, on n’a pas perdu une seconde. Anticipant un départ possible, les discussions avec Martin étaient déjà en cours depuis plusieurs semaines. Résultat : un contrat de deux ans (2027-2028) est en finalisation.

Le point clé ? Le timing. Du côté d’Aprilia Racing, le discours était clair : attendre. Voir comment Martin se comporterait en 2026 une fois totalement remis de ses blessures. Une position confirmée par le PDG Massimo Rivola.

Stratégiquement compréhensible. Politiquement risqué. Pendant qu’Aprilia temporisait, Yamaha avançait.

Jorge Martin

Le facteur blessures chez Jorge Martin : prudence ou manque de confiance ?

La saison 2025 de Martin a été un calvaire. Fracture de la main gauche à l’entraînement. Clavicule droite cassée à Motegi. Retour trop rapide. Puis crash terrible au Qatar avec 11 côtes fracturées et un hémopneumothorax. À cela s’ajoutent les nouvelles opérations subies cet hiver, qui le privent des essais de Sepang.

Aprilia voulait le voir pleinement rétabli avant d’ouvrir la discussion pour 2027. Une logique médicale et sportive.

Mais du point de vue du pilote, cela peut se lire autrement : un doute. Et en MotoGP, le doute coûte cher.

Le manager de Martin, Albert Valera, ne souhaite pas que l’avenir de son pilote reste suspendu trop longtemps. L’objectif est clair : signer rapidement, idéalement avant l’ouverture de la saison à Buriram le 1er mars.

Un pilote qui joue le titre ne peut pas courir avec un contrat en suspens. Surtout dans une grille où les dominos tombent vite.

Honda, d’ailleurs, était également en embuscade, prête à revenir à la charge après avoir failli recruter Martin l’an dernier. Mais Yamaha s’est montrée la plus réactive.

Si l’accord se confirme, Yamaha frappera fort. Après avoir perdu Quartararo, elle s’assurera les services d’un pilote dans la pleine maturité de sa carrière, champion du monde et agressif par nature.

Pour Iwata, c’est aussi un message : le projet 850 cc est crédible. Suffisamment crédible pour attirer un champion en titre.

Sinon, chez Aprilia : prudence stratégique ou erreur fatale ? La vraie question est là. Aprilia a-t-elle été trop rationnelle ? Trop prudente ? Ou simplement battue par une Yamaha plus rapide politiquement ?

Attendre de voir Martin performer sain et sauf en 2026 était logique. Mais dans un paddock MotoGP où les contrats se signent de plus en plus tôt, le temps est devenu une arme. Et cette fois, Yamaha l’a maniée avec précision.

Si Martin signe, Aprilia aura perdu un champion non pas sur la piste… mais dans les coulisses.

Jorge Martin

Tous les articles sur les Pilotes : Jorge Martin

Tous les articles sur les Teams : Aprilia Racing MotoGP, Monster Energy Yamaha MotoGP