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Pramac

Arrivé aux commandes de Yamaha en remplacement de Lin Jarvis, Paolo Pavesio débarque à Sepang avec l’intention de redresser une situation sportive très délicate. Le patron de la division compétition de Yamaha depuis janvier 2025, doit sortir du silence pour répondre aux critiques de Fabio Quartararo. Le dirigeant italien refuse de laisser le départ annoncé du Français vers Honda en 2027 passer pour un aveu d’échec total. Pour lui, Yamaha est « dans le coin », mais le combat ne fait que commencer.

L’image est forte : Pavesio, convaincu d’avoir bien travaillé et de pouvoir réorganiser l’équipe, se retrouve jeté dans l’arène face à une hiérarchie MotoGP écrasante, dominée par Ducati, soutenue par Aprilia, agitée par le retour de Honda, et challengée aussi par KTM.

Le problème ? La nouvelle de Fabio Quartararo quittant Yamaha pour Honda en 2027 est tombée au pire moment, juste alors que Pavesio pensait renforcer son projet avec la nouvelle M1 V4 et rassembler ses troupes. Jusqu’à présent, Paolo Pavesio avait tenté de maintenir une image d’unité, affirmant que le projet V4 de Yamaha introduit cette année suffirait à convaincre Fabio de rester.

Ce changement a frappé Yamaha comme un coup de massue. Quartararo, longtemps considéré comme le capitaine de l’équipe, était censé être le pilier d’un projet de redressement autour d’un moteur plus moderne et compétitif. Le fait qu’il quitte l’équipe a littéralement bouleversé tous les plans établis. En signant chez Honda dès janvier 2026, Quartararo a publiquement désavoué la méthode Pavesio. GPOne souligne que la relation entre les deux hommes est « glaciale », Fabio préférant s’adresser directement aux ingénieurs japonais plutôt qu’à son directeur sportif.

Dans ce contexte tendu, Pavesio n’a d’autre choix que de reconstruire la cohésion interne et de réorganiser l’équipe rapidement, tout en essayant de minimiser l’impact du départ annoncé de son pilote-star. Les rumeurs sur l’arrivée possible de Jorge Martin pour 2027 ont déjà secoué les esprits, même si personne ne peut encore certifier comment cela se traduira en piste.

Quartararo Pavesio Rins

Pavesio et Quartararo : un divorce financier et technique

Il est rappelé que Yamaha a investi massivement pour garder Fabio en 2024, en faisant de lui le pilote le mieux payé. Pour Pavesio, voir le champion 2021 partir chez le rival historique Honda est un affront personnel et institutionnel.

Par ailleurs, GPOne s’inquiète également que le départ de Fabio ne soit que le premier d’une longue liste, Yamaha ayant du mal à retenir ses ingénieurs face aux offres agressives de Ducati et désormais de Honda.

Pavesio apparaît ici comme un homme qui doit survivre à un choc stratégique inattendu, tout en maintenant Yamaha compétitif contre des adversaires qui n’ont pas ralenti. La situation n’est pas désespérée, mais clairement instable : l’équipe doit maintenant prouver que sa vision peut s’adapter à un scénario où son leader change d’écurie, là où d’autres marques se renforcent autour de projets techniques et humains solides.

La saison 2026 n’est cependant pas encore perdue pour autant. Les chronos de Jack Miller à Sepang montrent que la moto a du potentiel. Pavesio espère que si Fabio gagne des courses dès le début de saison (Thaïlande, Qatar), il pourrait regretter d’avoir signé chez Honda si tôt. Cependant, en annonçant son départ si tôt, le Français s’expose à être exclu du développement de la future 850 cc 2027.

Cette sortie de Pavesio ressemble à une tentative de « sauver la face ». En disant que Yamaha n’est « dans le coin » qu’au premier round, il essaie de minimiser l’impact dévastateur de la perte de son pilote star. Cependant, dans le paddock, personne n’est dupe : sans Quartararo, le projet V4 de Yamaha perd sa boussole technique.

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