C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Raul Fernandez.
Pas facile
Autant vous le dire tout de suite : Raul Fernandez représente l’un des sujets les plus difficiles à traiter de cette rubrique hivernale. J’y ai longtemps réfléchi, mais j’ai eu du mal à lui attribuer un rang à la fin de la saison prochaine, car il peut très bien performer comme ne rien faire. Étudions donc son cas sous deux angles différents.

Est-il sous-coté ou sur-coté ? Je serais curieux d’avoir votre avis. Photo : Trackhouse
Pourquoi j’ai envie de mettre Raul Fernandez assez haut
Pas mal d’éléments me font dire qu’il va être très impressionnant cette année. Tout d’abord, son matériel. Je pense que l’Aprilia RS-GP26 dont il va bénéficier sera l’une des deux meilleures motos du plateau, et peut-être même la meilleure. Oui, vous avez bien lu. Avec une marge de développement bien supérieure à celle de Ducati, Aprilia progresse à une vitesse folle, cela a pu se constater au fil de la saison 2025. À l’approche d’un changement de réglementation, je pense qu’ils ont tout donné pour titiller Borgo Panigale, car 2026 représente une chance unique, une vraie opportunité. Du coup, je crois pas mal en Jorge Martin, beaucoup en Bezzecchi, et pourquoi pas en Raul Fernandez ?
Après tout, il avait été très bon en 2025, c’est le deuxième point. Il a tout à fait accompagné la progression de sa monture, avec de très bons résultats après la mi-saison, sans nécessairement parler de cette victoire circonstancielle en Australie. C’est même dommage qu’il ait manqué le Grand Prix du Portugal pour blessure, car il aurait pu y être très dangereux. Et, même avant, Raul Fernandez m’avait impressionné par sa régularité sur le début d’année. Si son résultat au général (10e) ne reflétait pas nécessairement sa forme, il avait été, objectivement, je le crois, l’une des meilleures surprises de l’exercice passé. Après tout, pourquoi ne pourrait-il pas continuer sur la même dynamique ? Il semble mentalement plus fort, plus enthousiaste, plus affûté. Tous les signaux sont au vert.
Et puis, plus intrinsèquement cette fois, il a également de grandes qualités au guidon. Il peut aller vite sur un tour, résister en tête, dépasser, ralentir aussi quand il le faut. Certes, Raul, à 25 ans, n’a pas un style de pilotage particulier et reste somme toute dans la norme, mais il n’a pas montré de grands défauts en 2025 pour autant. C’est prometteur, c’est le moins que l’on puisse dire.
Pourquoi j’ai envie de mettre Raul Fernandez plus bas
Après avoir lu ce premier point, vous pensez peut-être que je vais le nommer candidat au titre. Mais il ne faut pas s’enflammer, car j’ai des contre-arguments. Tout d’abord, dans son cas, particulièrement, je ne crois pas nécessairement qu’on peut se fier à la dynamique. Il existe des dizaines d’exemples de pilotes qui avaient tout pour réussir une année, qui semblaient jouir de parfaites conditions, et qui, finalement, ont déçu. Raul, qui a lui-même évoqué les difficultés mentales qu’il a éprouvées de 2021 à 2024, a déjà eu l’occasion de revenir dans le match avec du très bon matériel par le passé, mais ça ne l’a pas fait pour autant. Et puis, son comportement « particulier » – pour rester correct – a déjà surpris le paddock MotoGP à plus d’une reprise, ce qui pourrait parfaitement se reproduire.

En tout cas, il a retrouvé le sourire en 2025. Photo : Trackhouse
Deuxièmement, sa capacité à créer l’exploit. Oui, Raul Fernandez est un très bon pilote, quelqu’un de complet en piste. Mais dans mon classement, je n’ai que des tueurs devant lui (ou presque), des gens d’expérience, qui sont eux aussi vainqueurs en catégorie reine. Après tout, on se base sur deux courses seulement pour dire qu’il est capable de gagner : l’Australie et Valence. Il ne faut pas oublier que dans cette période remarquable, débutée lors du Sprint en Indonésie, il a également roulé de manière précipitée le dimanche à Mandalika, et a réalisé un week-end oubliable à Sepang. J’ai l’impression qu’en 2026, pour figurer haut dans le classement, il faudra marquer les esprits, gagner des courses, imposer durablement son empreinte. Et j’ai peur que Raul Fernandez soit un poil trop inexpérimenté pour cette tâche, sans dire qu’il va rater, comme nous le verrons dans un instant.
L’heure du pronostic
Le prono’ d’aujourd’hui va peut-être vous surprendre, et je ne suis pas du tout sûr de moi. J’ai en effet placé Raul Fernandez entre la 10e et 12e place à la fin de l’année 2026, donc pas mieux qu’en 2025. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’imagine pourtant qu’il va faire une meilleure saison – comprenez, avec plus de points. C’est juste que les gars devant lui me paraissent juste trop forts. Encore une fois : prenez un stylo, une feuille, et marquez les noms des pilotes dans l’ordre. Vous allez vous apercevoir qu’il est difficile de le mettre si haut que ça. Finirait-il devant un Quartararo énervé ? Devant un Martin en forme ? Devant un Aldeguer sur la pente ascendante ?
J’ai imaginé une bataille folle de la 9e à la 12e place, comme c’est assez souvent le cas. Bien sûr, je ne peux pas prévoir les blessures, qui peuvent tout changer, mais je ne vois pas Raul Fernandez incarner le rôle de l’outsider en 2026. Puisse-t-il me faire mentir !
Je suis très curieux de savoir si vous trouvez que je le sous-cote ou non. Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Raul Fernandez a quand même la pression en 2026. Photo : Michelin Motorpsort
Photo de couverture : Michelin Motorsport































