pub

Bastianini

C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler d’Enea Bastianini.

Hier, nous sommes revenus sur le cas de Raul Fernandez ; cliquez ici pour retrouver l’article en question.

 

Un pilote imprévisible

 

Dans la série casse-tête, pour les pronostics, Enea Bastianini est un gros client. L’Italien est capable du meilleur, comme du pire, et parfois sans aucune explication, y compris de sa part ! En 2025, Il a longtemps galéré avec sa KTM RC16, puis a mystérieusement trouvé la solution et s’est remis à jouer les premières positions, en témoigne ce podium en Catalogne. Puis, sur la fin d’année, sans son ingénieur en chef Alberto Giribuola, il a de nouveau sombré dans les tréfonds du classement. Mais lui, quand il plonge, il ne fait pas semblant : on l’a parfois vu avant-dernier sur la grille de départ !

 

Bastianini

Quand il est en forme, Enea est un monstre. Sa saison 2022 m’a marquée. Photo : KTM

 

Ses résultats depuis son arrivée en MotoGP reflètent clairement cette irrégularité d’une année sur l’autre, même si chaque saison avait son propre contexte, bien sûr. En 2021, alors rookie, il a fini 11e. Puis, en 2022, il a réalisé l’une des plus grandes saisons d’outsider de tous les temps, achevée troisième. Ensuite, il est retombé à la 15e place en 2023, au terme d’une année minée par les blessures, mais lors de laquelle il s’imposa quand même de nulle part ! En 2024, revigoré, il était quatrième. Passé chez KTM Tech3, il est repassé 14e en 2025.

De ce fait, je ne sais absolument pas à quoi m’attendre concernant sa campagne 2026. On peut très bien avoir souvent affaire à un Bastianini des grands jours, comme celui des plus tristes. Le tout, sur une période courte, ou longue. C’est juste imprévisible.

 

Comment peut-il y arriver ?

 

Débutons d’abord par évoquer la KTM. J’ai déjà longuement parlé de la RC16 dans l’article dédié à Brad Binder, paru il y a quelques jours, donc je vais la faire courte. D’après moi, pour tout un tas de raisons, l’Autrichienne ne sera pas moins bonne qu’en 2025, mais pas meilleure non plus. Je m’attends à une certaine stagnation à un an de la nouvelle réglementation. Partant de ce constat, ça ne servira pas forcément Bastianini… ou peut-être que si, finalement, car avec le bon réglage, il y arrive.

Effectivement, quand « Bestia » était en confiance, l’année dernière, il était difficile de l’arrêter. Je pense à ce Grand Prix de Tchéquie, forcément, mais également à l’Autriche ainsi qu’à la Catalogne. Je ne vais pas refaire le profil : on connaît ses qualités, qui se concentrent autour de sa détermination, son abnégation, et, en piste, son sens de l’attaque à outrance, son style, ainsi que ses remontées fantastiques.

Trois points majeurs m’inquiètent à son sujet, et conditionnent, comme vous le verrez dans un instant, mon pronostic le concernant. Premièrement, sa vitesse sur un tour. Ça a longtemps été un problème en MotoGP, notamment lorsqu’il était officiel Ducati en 2023 et 2024. « Bestia » est souvent contraint à l’exploit, et, parfois, n’hésite pas à aller au-delà de la limite pour revenir rapidement sur la tête. Parfois, ça fonctionne, mais c’est assez rare en réalité. S’il progresse vraiment en qualifications, il peut devenir un bien plus grand danger pour les favoris, j’en suis certain.

Le deuxième point concerne son style même. Cette attaque à outrance, résultante, la plupart du temps, de cette lacune en qualifications, le fait souvent commettre d’énormes bourdes. J’emploie le terme « souvent », parce qu’au niveau MotoGP, ses « dégoupillages », comme dirait Zarco, sont assez fréquents : comment ne pas repenser à ce strike au début du Sprint en Hongrie l’année passée. Au global, il y a quand même une irrégularité importante, qui se résumait à cinq abandons en vingt-et-une courses en 2025. Je crois qu’il est temps de changer d’approche.

 

Bastianini

Quand il n’y arrive pas, Bastianini paraît toujours désemparé. Photo : Tech3

 

Dernièrement, les blessures. Comme on l’a vu précédemment, Bastianini n’hésite pas à aller au contact, dans les premiers ou derniers tours – j’ai encore en mémoire cet horrible dépassement sur Martin à Misano en 2024 –, et, de temps en temps, ça casse. L’Italien se blesse assez fréquemment. Sans même parler de sa terrible saison 2023 où il a connu deux périodes d’absence, il lui arrivait de manquer des courses en Moto2 et Moto3 également. Bon, l’appendicite en Allemagne l’année passée, il n’y pouvait rien. Si ce n’est là rien de comparable avec les habitués des salles d’attente que sont Alex Rins ou Miguel Oliveira, c’est un paramètre à prendre en compte ; ce que je veux dire, c’est qu’il a le profil de quelqu’un qui peut se faire mal. Notez que les trois points se rejoignent, finalement.

 

L’heure du pronostic !

 

Ce n’était pas facile de lui attribuer une position finale. J’ai l’impression qu’il n’y a pas cinquante solutions : soit il réussit et termine très haut, soit il se rate complètement. Le fait d’avoir Andres Madrid en ingé’ n’est pas une mauvaise chose, car ce dernier a beaucoup aidé Brad Binder dans sa carrière. D’un autre côté, saura-t-il faire le deuil de la présence de Giribuola, qui l’accompagnait depuis ses débuts en MotoGP ? On sait que le départ de son crew chief, qui a rejoint Toprak chez Pramac, lui a miné sa fin de saison.

En prenant en compte son style particulier, ses quelques défauts – relatifs au plus haut niveau, bien sûr, mais aussi son matériel, je crois malheureusement que Bastianini ne va pas connaître sa meilleure campagne en catégorie reine. Devant lui, je retrouve des pilotes qui me paraissent plus armés, plus en confiance ; dans une meilleure dynamique, tout simplement. De plus, je ne le vois pas abandonner son attaque parfois démesurée, et donc, faire moins de résultats blancs en 2026 (huit au total en 2025, c’est énorme).

Je vois donc une année très difficile pour Bastianini, qui, lorsqu’il est en plein doute, ne relève jamais la pente facilement. Côté classement, je prévois pour lui la 18e place, ou, plutôt, entre la 17e et 19e position. Ce qui est fou, c’est qu’il est capable de me feinter et de finir 5e du général ! Mais n’est-ce pas la magie de notre sport ?

Qu’attendez-vous d’Enea Bastianini ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

J’ai l’impression qu’il passe à côté de sa carrière. C’est comme s’il avait le potentiel d’être une légende. Photo : Tech3

 

Photo de couverture : Tech3

Tous les articles sur les Pilotes : Enea Bastianini

Tous les articles sur les Teams : Red Bull KTM Tech3