pub

Joan Mir

C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Joan Mir.

Hier, nous sommes revenus sur le cas d’Enea Bastianini ; cliquez ici pour retrouver l’article en question.

 

Un défaut évident

 

Après une énième saison très décevante, Joan Mir repart avec Honda pour 2026. Si la dynamique positive est évidente au sein de la firme ailée, le champion du monde MotoGP 2020 n’a pas forcément profité de cette vague en 2025. En effet, il est certes monté deux fois sur la troisième marche du podium, mais a continué de chuter, encore et encore, ruinant ainsi tous les efforts de son employeur.

 

Joan Mir

Mir a l’air motivé, et il a retrouvé le sourire en 2025, oui, c’est certain. Mais le sourire ne fait pas gagner des courses. Photo : HRC

 

Ce qu’il doit corriger est évident : Joan Mir tombe trop, beaucoup trop. C’est tout simplement du jamais vu depuis l’introduction du MotoGP en 2002. En 2025, rien que le dimanche, il comptait treize abandons, c’est faramineux. Parfois, il n’a pas eu de chance et s’est fait percuter, oui, mais la plupart du temps, il était seul responsable de ses erreurs.

Sa performance en 2026 dépendra majoritairement de ce facteur, à n’en pas douter. S’il continue sur ce rythme effréné, alors ça sera un copié/collé de 2025. S’il arrête, en revanche, il peut sans doute prétendre à de meilleures positions. Du coup, il m’est bien difficile d’anticiper un résultat au classement, car imaginer le voir se transformer en monstre de régularité m’étonnerait beaucoup, mais je n’ai pas oublié que c’est grâce à cette arme qu’il a fait une très bonne saison 2021. Il en est capable ; aura-t-il la discipline pour s’y tenir ?

 

Un plafond limité

 

Il me paraissait important de revenir sur un point précis concernant Joan Mir. Parce qu’il chute, de nombreux spectateurs pensent qu’il va vite, ou qu’il prend des risques. Sauf qu’en 2025, Luca Marini, son coéquipier qui partait de beaucoup plus loin, a montré qu’on pouvait allier régularité et vitesse. En deuxième partie de saison, Marini était devenu un candidat régulier au top 5 quand Mir galérait encore même du point de vue du rythme. Certes, Mir compte deux podiums, mais si l’on prend la saison dans son entièreté, Marini a marqué plus de points, plus de points par course, et faisait jeu égal en qualifications. L’excuse de la vitesse ne peut plus, en 2026, sauver Mir, car il est devenu factuellement plus lent que Marini. Pour plus d’informations sur ce paramètre, je vous invite à lire cet article dans lequel je m’étends davantage sur le sujet.

Tout cela pour dire que, même s’il arrête de tomber, je ne m’attends pas à des miracles. Je pense effectivement que le plafond de Joan Mir est assez limité, et extrêmement limité pour un champion du monde MotoGP. Admettons qu’il n’enregistre aucun abandon sur cet exercice. Qu’espérer de lui ? Qu’il devienne un candidat régulier à la victoire, ce qu’il n’arrivait déjà pas à faire lorsqu’il se battait pour les meilleures positions au général avec Suzuki ? Qu’il devienne un monstre en qualifications, alors qu’il est le seul couronné de l’histoire de la catégorie reine à ne compter aucune pole position ?

Je ne peux pas citer un seul domaine où ce pilote serait significativement meilleur qu’un autre du ventre mou. De ce fait, il m’est difficile de l’imaginer faire une très bonne saison… à moins que sa machine ne soit performante.

 

La Honda, le point d’interrogation majeur

 

Joan Mir

Je dois reconnaître que je trouve les gens très cléments avec Mir par rapport à Luca Marini. Photo : HRC

 

Dans l’article sur Alex Rins, j’avais dit que la forme des constructeurs japonais serait la plus grande interrogation de l’année. Honda, comme Yamaha, a bénéficié d’une aide réglementaire très généreuse en 2025, et a pu améliorer grandement son package. Sur la fin de saison, la Honda officielle est devenue une très bonne machine, capable de rivaliser avec la KTM, au bas mot. Pour 2026, les troupes Honda sont très optimistes. Alberto Puig dit qu’il vise des victoires, Aleix Espargaro affirme que la RC213V spec 26 est la meilleure MotoGP qu’il ait piloté, et Marini comme Mir pensent pouvoir atteindre les meilleures places.

Ce ne sont que des mots, mais j’y crois. Les moyens mis en place depuis début 2024 sont assez colossaux, et au vu de ce développement facilité, il serait presque normal que Honda soit de la partie en 2026. C’est pourquoi je pense que cette moto peut vraiment se démarquer le temps de quelques courses au moins, et, pourquoi pas, porter Joan Mir vers le succès.

 

L’heure du pronostic !

 

Lorsque je combine tous ces éléments, il m’est bien compliqué de faire un pronostic. Mir était 15e l’an dernier, mais je le vois faire mieux, avec plus de points. Pourquoi pas une victoire circonstancielle, aussi ? Mais il ne faut pas oublier le biais Jorge Martin, totalement absent en 2025, tout comme le second guidon Honda LCR qui pourrait, cette fois, poser des problèmes aux mains de Diogo Moreira. Du coup, je vois Mir terminer entre la 13e et 15e place du classement général ; un meilleur bilan, mais qui ne casserait pas trois pattes à un canard. Il pourrait même jouer le top 10 du championnat si la Honda s’avérait vraiment performante, c’est une éventualité à laquelle je ne suis pas fermée, mais il m’est impossible de me positionner fermement sur celle-ci à l’heure actuelle.

Néanmoins, je doute fortement qu’il arrête de chuter aussi souvent du jour au lendemain, même si je lui souhaite, car le fait qu’il ne se soit pas blessé gravement jusqu’ici relève du miracle. C’est cette considération majeure qui me fait arriver à une telle conclusion, mais je serais très curieux de connaître votre avis sur l’Espagnol.

Mir peut-il encore nous surprendre en 2026 ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Je vois Joan Mir terminer troisième meilleur pilote Honda sur quatre. Photo : HRC

 

Photo de couverture : HRC

Tous les articles sur les Pilotes : Joan Mir

Tous les articles sur les Teams : Honda MotoGP