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Barry Baltus

Pour conclure notre entretien avec Xavier Siméon, nous évoquerons la trajectoire de Barry Baltus. Troisième du championnat du monde de Moto2 en 2025, il fera peut-être partie des prochains pilotes à signer un contrat en MotoGP. Ayant accompagné son jeune compatriote sur les circuits pendant trois saisons, Xavier Siméon revient sur l’ascension fulgurante de Barry depuis sa signature chez Fantic, fin 2024.

Retrouvez la première partie de l’entretien avec Xavier Siméon ici

Je ne pouvais pas te laisser partir sans évoquer la saison exceptionnelle de Barry Baltus, que tu as toi-même encadré durant les dernières saisons.

C’est vrai. Barry était convaincu que son talent était indiscutable mais il manquait de structure mentale. Même s’il est suivi par Zelos et qu’il a toujours eu Éric Lambert comme préparateur physique, quelqu’un qui a une vision du sport incroyable. C’était difficile de lui faire comprendre l’étendue de son potentiel, par rapport à sa frustration de ne pas le traduire en résultats solides. En Moto2, il ne performait pas alors que dans les catégories de jeunes il était tout le temps devant, sur le podium, à se battre pour la victoire. En Moto2, il n’arrivait pas à montrer son potentiel parce que c’est une catégorie où tu as tous les meilleurs jeunes du monde. Le niveau est tellement intense et les écarts sérrés, que tous les détails ont une importance énorme.

Son transfert chez Fantic l’a métamorphosé, tu as joué un rôle dans ce deal ?

C’était mon objectif. Le fait d’avoir les premiers contacts, à partir de l’année dernière, avec Fantic, et de faire en sorte que Zelos trouve un accord avec Fantic pour l’avenir de Barry. Je voulais qu’il saisisse cette chance, qu’il ait un déclic psychologique et montre son vrai potentiel.

C’est mission accomplie.

Exactement, il s’est passé encore plus que ça. Il a montré un potentiel supérieur à ce qu’il montrait auparavant, il a bluffé tout le monde. Moi en premier, malgré le fait que son talent n’a jamais été discutable. C’est pour ça que Johann Zarco le suit, lui donne son soutien moral depuis deux‑trois ans. En s’entraînant avec lui, il voit qu’en termes de talent et de pilotage il est monstrueux. Ce qui lui manquait, c’était la constance, la gestion des pneus, et d’être mentalement plus ouvert à de nouvelles choses. Et les résultats parlent d’eux‑mêmes.

Xavier Siméon, Barry Baltus, Tom Rolin et Johann Zarco

Xavier Siméon, Barry Baltus, Tom Rolin et Johann Zarco

Il ne lui manque plus qu’à cocher la case victoire en championnat du monde. Tu fais partie des rares à l’avoir fait pour le compte de la Belgique.

Exactement, nous sommes quatre à l’avoir fait. J’étais le troisième. Il y a eu Julien van Zeebroeck, Didier de Radiguès et puis moi. Ensuite Livio Loi est devenu le quatrième. Lui, c’était en Moto3, trois semaines après moi à Indianapolis sur un coup de poker concernant son choix de pneus. Je me suis dit : ‘Espèce de petit salaud, heureusement que j’ai gagné en Allemagne !’ (Rires).

Pour continuer à suivre tes traces, Barry Baltus doit décrocher un contrat en MotoGP ?

Oui, mais je suis confiant. Il a déjà eu un déclic stratosphérique mentalement, on voit que ce n’est plus le même dans son approche, dans ses déclarations, il a vraiment mûri. Barry a perdu sa maman l’an dernier, ça a été un gros choc émotionnel pour lui, ses parents et surtout sa mère, c’était tout pour lui. Malgré tout, il a montré qu’il ne se laissait pas abattre. J’espère qu’il atteindra son rêve, notre relation est plus saine désormais. Il n’y a plus le côté professionnel.

Dans quelle équipe pourrait-il signer ?

N’importe laquelle, on parle de petites équipes, mais il n’y en a pas. On s’en rend compte quand on voit que Johann Zarco termine 12e du championnat avec LCR Honda. Johann a un vrai support officiel, il a la vraie moto officielle, ce n’est pas une moto satellite. À l’époque une moto satellite roulait à trois secondes des chronos des officielles. Aujourd’hui, une moto dite satellite est une vraie moto officielle qui roule dans les mêmes chronos que celles de devant.

Crédit photo principale : Zelos

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