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MotoGP

C’est une page qui se tourne brutalement dans l’histoire du sport moto. Après plus de trente ans à façonner le Championnat du monde, Dorna Sports disparaît officiellement pour laisser place à une nouvelle entité : MotoGP Sport Entertainment SL. Le nom change, mais surtout la philosophie. Avec l’arrivée de Liberty Media comme actionnaire majoritaire à hauteur de 84 %, pour un montant colossal de 3,1 milliards d’euros, le MotoGP entre dans une ère radicalement différente.

Ce n’est pas un simple rebranding cosmétique. C’est une refonte en profondeur de la structure qui gouverne le MotoGP, le WorldSBK et le WorldWCR révélée par motosan. Les derniers mois ont vu s’enchaîner les départs et nominations à un rythme soutenu, signe d’une prise de contrôle méthodique. Pablo González Mosqueira, Juan Sánchez Alférez et Pablo Matesanz Rodríguez ont vu leurs pouvoirs révoqués, tandis que María Dolores Priego Luque devient représentante autorisée. En janvier, Martin Edward Patterson a été officialisé vice-président, épaulé par Idelfonso Polo del Mármol et Oriol Abad Vela comme secrétaires adjoints non membres du conseil.

À la présidence, Charles Gordon Carey succède à William Nicholas Jackson. José María Maldonado Trinchant quitte la vice-présidence. En revanche, un homme demeure au centre du dispositif : Carmelo Ezpeleta, PDG depuis 1998, conserve son poste, tout comme Enrique Aldama à la direction financière. Continuité sportive, contrôle stratégique américain : l’équilibre est assumé.

Fondée en 1988 sous le nom de Dorna Promoción del Deporte à Madrid, l’entreprise était devenue dans les années 1990 et 2000 le détenteur exclusif des droits MotoGP, Moto2 et Moto3. Elle incarnait le championnat. Mais depuis l’annonce du rachat en 2024, validé par la Commission européenne et les autorités de régulation, le scénario était écrit. En février 2026, le changement de nom a été formellement enregistré. Dorna appartient désormais à l’histoire.

Un nouveau logo pour une nouvelle ère du MotoGP

La transformation passe aussi par l’identité visuelle. Le nouveau logo MotoGP, conçu par le studio Pentagram, abandonne le célèbre drapeau à damiers pour un design minimaliste et stylisé. Le “M” évoque deux motos inclinées, les “O” suggèrent les roues et le “T” symbolise le pilote. Un graphisme épuré, pensé pour le numérique, la télévision et les plateformes mondiales. La rupture est claire : le MotoGP devient une marque globale de divertissement.

Cette orientation n’a rien d’improvisé. Depuis son rachat de la Formule 1, Liberty Media a démontré sa capacité à transformer un championnat en produit premium mondial, en misant sur le storytelling, la présence digitale et l’expansion internationale. Le MotoGP semble désormais suivre la même trajectoire.

Les changements administratifs traduisent une ambition plus large : moderniser l’organisation, rationaliser la hiérarchie et préparer le championnat aux prochaines décennies. Les départs de dirigeants historiques et la nomination d’un nouveau président signalent une volonté de rupture, même si la présence d’Ezpeleta garantit une certaine stabilité auprès des équipes et des constructeurs.

Liberty Media n’investit jamais sans vision stratégique. Derrière cette transformation se dessinent plusieurs axes probables : développement accru du marché américain, nouvelles plateformes numériques, monétisation renforcée des droits médias, synergies commerciales avec la F1 et repositionnement du MotoGP comme produit de divertissement premium à l’échelle mondiale.

Pendant plus de trois décennies, Dorna a façonné l’identité du MotoGP moderne. Mais l’ère des promoteurs traditionnels laisse place à celle des géants du divertissement global. Ce passage de témoin n’est pas anodin : il marque probablement la mutation la plus profonde de l’histoire du championnat.

La saison 2026 ne sera pas seulement un nouveau calendrier. Elle sera le point de départ d’un MotoGP repensé, restructuré et redimensionné. Reste à savoir si cette révolution portera le championnat vers des sommets inédits… ou si l’équilibre fragile entre sport et spectacle devra être réinventé.

Le MotoGP ne se contente plus de faire rugir des moteurs. Il s’apprête à faire vibrer une industrie entière.

 

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