À quelques semaines du lancement de la saison 2026, la
Formule 1 se retrouve déjà plongée dans une controverse technique
majeure. En cause : l’interprétation du règlement entourant le taux
de compression des nouveaux groupes motopropulseurs, et plus
précisément celui développé par Mercedes.
Un dossier sensible sur lequel Fernando Alonso a accepté de
s’exprimer, avec la retenue d’un vétéran… mais aussi une pointe
d’inquiétude.
Alonso : confiance institutionnelle, mais malaise sportif
Depuis plusieurs semaines, des discussions animées agitent les
motoristes. Certains constructeurs estiment que
Mercedes exploite une lecture permissive du
règlement, permettant d’optimiser le taux de compression en
fonction de la température ambiante.
Une approche jugée discutable par plusieurs rivaux, dont
Ferrari, Audi, Honda et Red Bull, qui
envisageraient de s’unir pour réclamer une clarification voire une
modification du cadre réglementaire en cours de saison.
Un tel changement nécessiterait toutefois une majorité qualifiée, plaçant la FIA au centre d’un équilibre délicat entre stabilité sportive et équité concurrentielle, sous le regard attentif de Liberty Media.
Présent lors de la présentation de l’Aston Martin AMR26, Alonso s’est montré prudent, reconnaissant ne pas maîtriser tous les aspects techniques du dossier. Mais le double champion du monde a surtout insisté sur un point fondamental : l’égalité des règles.
Sans accuser directement Mercedes, Alonso résumé le sentiment général du paddock : « Ce n’est jamais idéal de se retrouver derrière quelqu’un qui exploite quelque chose qui n’était pas censé être exploité. »
Une déclaration mesurée, mais lourde de sens, qui met en lumière la frontière parfois floue entre innovation légitime et avantage réglementaire contestable.
Alonso a toutefois tenu à rappeler sa confiance dans les instances : « Je crois en la capacité de la FIA à trancher équitablement, et en celle de ses propres partenaires techniques Honda et Aramco à livrer une unité de puissance compétitive dans le cadre défini.
Reste que la situation place la discipline dans une posture inconfortable. Toucher aux règles trop tôt pourrait fragiliser la crédibilité du règlement 2026 ; ne rien faire risquerait, à l’inverse, d’alimenter le sentiment d’un déséquilibre dès le départ.
À 44 ans, Fernando Alonso incarne une voix respectée, capable d’exprimer les doutes du paddock sans attiser l’incendie. Son message est clair : la Formule 1 doit rester un combat à armes égales, où la performance se gagne sur la piste, pas dans les interstices du règlement.
Alors que les équipes attendent la décision finale de la FIA, une chose est certaine : la saison 2026 n’a pas encore débuté que la bataille politique et technique est déjà lancée. Et cette fois, c’est l’intégrité sportive du championnat qui se retrouve au cœur du débat.

































