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Johann Zarco, Diogo Moreira

Découvrez la seconde partie de notre interview exclusive de Johann Zarco, réalisée lors de son roulage à Carthagène, et dans laquelle il évoque son nouveau coéquipier, Diogo Moreira.

Mi-janvier, Johann Zarco a réuni plusieurs pilotes français et belges sur le circuit de Carthagène en Espagne, pour deux journées de roulage. L’équipe de Paddock-GP était présente afin de les suivre et de vous concocter des interviews de chacun des talents présents.

Vous retrouverez la série d’interviews de Johann Zarco sur notre site jusqu’au lancement officiel de la saison en Thaïlande fin février, tout comme les rencontres réalisées avec les pilotes présents que nous vous partagerons jusqu’en mars.

Vous pouvez d’ores et déjà découvrir nos entretiens avec Barry Baltus, qui a beaucoup appris en 2025, Lorenzo Fellon, pour l’heure sans guidon cette saison, Bartholomé Perrin, qui refuse d’aller en mondial pour être 20e, Remy Sanjuan, qui vise le Championnat du monde Junior Moto3 et Xavier Siméon, qui accompagne désormais les jeunes pilotes, ainsi que la première partie de notre interview avec Johann Zarco.

À l’aube de la saison 2026 et du haut de ses 35 ans, Johann Zarco reste très observateur de la nouvelle génération pour faire évoluer son pilotage. Cette année, il aura le plaisir d’évoluer aux côtés du jeune champion du monde en titre de Moto2, Diogo Moreira. Dans la deuxième partie de cette interview, nous évoquons avec le Français sa relation avec le Brésilien, à l’égard de qui il se montre plutôt élogieux, et la manière dont ce dernier pourrait faire évoluer ses entraînements.

Parlons désormais de ton nouveau coéquipier, Diogo Moreira. Il n’a malheureusement pas pu s’entraîner ici, tu regrettes de ne pas avoir partagé la piste avec lui à Carthagène ?

Non. De toute façon, j’avais trop de problèmes [avec mes motos] le premier jour. Je ne regrette pas. Que ça marche ou pas, j’aurais été dans ma bulle, comme je l’ai fait aujourd’hui. Après, on a pris du plaisir en fin de session : on s’est mis chacun des pneus neufs avec Barry [Baltus], et on a fait un beau run ensemble. C’était cool.

On vous a vus rigoler ensemble. En tant que coéquipiers, la communication a l’air de mieux passer qu’avec les deux derniers que tu as eus (Takaaki Nakagami et Somkiat Chantra).

Oui, c’est vrai. Nakagami parle super bien anglais, il est très cool, on se connaît depuis 2007-2008 avec Taka. Mais c’est vrai qu’il n’a pas un côté trop friendly, on va dire (rires). Avec Diogo, ça pourrait être mieux. Peut-être qu’on va aussi se voir plus souvent sur des entraînements. Si moi j’augmente ma cadence d’entraînement et si je commence à goûter au flat track, il y aura moyen de se rencontrer. Ou bien en supermotard, Diogo en fait. Nakagami, lui, ne roulait jamais. Et en plus, celui qui prépare les motos de Diogo et qui l’assiste aussi sur les GP, c’est un super préparateur de moto. Je suis en contact avec lui, ça crée une proximité avec Diogo. Sans créer une grande complicité, mais je pense qu’on va être amenés à être ensemble souvent.

En évoquant le flat track, le TT Christmas organisé au Rocco’s Ranch à Barcelone, en janvier dernier, t’a donné l’occasion de pratiquer. C’est quelque chose que tu aimerais faire plus souvent ?

Moi, je ne suis pas du tout « tout-terrain ». Mais c’est vrai que le flat track de cette manière-là, c’est assez ludique. Du coup, j’ai envie d’en faire un peu plus. C’était très sympa. Il faut se détacher de la perf pure. On a tous envie de performer à un moment, mais il faut aussi se dire qu’il y a du public, que le public est content de voir des pilotes de Grand Prix, et que ça fait un super spectacle. Le public ne va pas forcément te juger sur ta performance. Donc il faut prendre ce moment comme une super bourre, où tu peux te pousser sans trop de danger. Après, il n’y a pas de risque zéro, il y en a qui se font mal. Mais c’est un compromis très sympa.

Le cadre est aussi plutôt sympa…

Et le lieu, le Rocco’s Ranch, ils ont fait un truc génial. C’est quelque chose qui ne pourrait jamais se faire en France en raison des lois de sécurité, c’est mission impossible. Eux ont réussi à monter un truc vraiment top, qui a grandi d’année en année. Moi, j’ai découvert le Rocco’s Ranch en 2014, et je vois qu’ils ont énormément grandi. Il me semble qu’il n’y a aucune construction en dur, ce sont des cabanes en bois ou de la toile. C’est très roots, un vrai ranch.

Qu’est-ce que ça change au niveau de ton pilotage ?

De le faire comme à Barcelone, avec des sauts et des trucs un peu plus acrobatiques… En fait, c’est voir le virage autrement. Moi, j’aime bien pousser sur l’avant pour tourner, et là, ça ne marche pas sur des motos comme ça. Du coup, ça change un peu. Après, ce sont des tout petits sauts, mais tu peux quand même apprendre à les amortir. Et ça aussi, c’est de la technique de corps, de pilotage, que je pense que je vais apprendre. Ça m’ouvre à autre chose.

Avec Moreira, tu as déjà un bon concurrent là-dedans pour progresser. C’est le prince de cette catégorie ?

Je le découvre vraiment, mais de voir comme il roule et ce qu’il est capable de faire… J’entends depuis longtemps qu’il est très fort dans ces catégories-là, même en supermotard. Je vois un peu les vidéos. Je pense que c’est le seul à pouvoir rivaliser avec Marc Márquez dans ces disciplines-là. Parce que Marc Márquez, par rapport aux autres pilotes de vitesse, était nettement au-dessus. Il peut piloter dans n’importe quelle catégorie, il sera bon. Ça fait une grosse, grosse différence.

Diogo Moreira a la même capacité d’adaptation que Marc Márquez ?

Lui, Diogo, il a la même aptitude, je trouve. Il n’a pas la même vitesse que Marc Márquez, en tout cas il ne l’a pas encore démontré aussi bien que Marc. Mais sur tous les à-côtés, je trouve qu’il a les mêmes capacités. Je n’ai pas encore vu d’autre pilote avec ces qualités.

Quand tu es bon en flat track, ça développe ta capacité à t’adapter à n’importe quelle moto ?

C’est possible, parce que ça rend l’esprit beaucoup moins rigide. Ça t’oblige à prendre du recul, à avoir une vision d’ensemble, une vision de la situation, du problème, de beaucoup plus haut, j’ai l’impression. Ça, c’est intéressant. Ça peut être intéressant pour l’an prochain (2027. Ndlr).

À 35 ans, tu restes très observateur de la façon dont la jeune génération progresse. Tu as des choses à apprendre de Diogo et des autres ?

Complètement, oui. Au niveau du pilotage, savoir ce qu’eux ressentent, ce qu’ils disent à leur équipe et comment ils évoluent. Je sens que moi, je bute sur des soucis. J’ai des sensations sur la moto qui sont bonnes, elles ont fait leurs preuves. Mais je sens que souvent je rencontre le même problème. C’est là où il faut ouvrir l’esprit et se dire : attends, prends le sujet un peu autrement. Sans oublier ce qui est bon chez toi, mais il faut évoluer.

Tu as toujours la même envie d’apprendre et d’évoluer dans ton pilotage ?

Oui, j’ai beaucoup d’envie parce que je sais que toute cette évolution va rendre le pilotage plus facile. Et surtout, je vais gagner en rythme, je vais pouvoir faire de plus en plus de choses. Du coup, j’aurai un gain d’énergie sur la moto. Et ça, le gain d’énergie, c’est nécessaire pour gérer les courses et gérer une saison complète.

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