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Toprak Razgatlioglu

L’arrivée de Toprak Razgatlioglu en MotoGP devait être un feu d’artifice. Triple champion du monde Superbike, style spectaculaire, freinages venus d’une autre planète… Sur le papier, tout était réuni pour un impact immédiat. Mais voilà que Manuel Puccetti jette un pavé dans la mare. Et pas un petit.

Dans une déclaration sur GPOne qui tranche avec l’euphorie ambiante, le patron italien s’inquiète ouvertement : « je suis préoccupé par les attentes autour de Toprak. Tout ce battage médiatique me fait un peu peur… Il aura besoin d’au moins six mois. » Six mois.

Dans le MotoGP actuel, six mois, c’est une éternité. C’est la moitié d’une saison. C’est le temps qu’il faut pour que les rumeurs de remplacement commencent à circuler.

Certains imaginent que le talent brut de Razgatlioglu suffira. Qu’il arrivera, plantera un freinage impossible à Sepang ou Buriram, et mettra tout le monde d’accord.

La réalité est beaucoup plus brutale. Le MotoGP, ce n’est pas le WorldSBK. Ce ne sont pas les mêmes pneus. Pas les mêmes freins. Pas la même aérodynamique. Pas la même philosophie.

Toprak adore les trajectoires en V : gros freinage, moto redressée, accélération explosive. Le MotoGP exige l’inverse : vitesse maximale en courbe, fluidité, gestion millimétrée de l’adhérence. C’est un changement de logiciel.

Autre détail que l’emballement médiatique oublie un peu vite : Razgatlioglu arrive chez Yamaha. Pas sur une machine dominante.

Il débarque dans un projet V4 encore en chantier, dans une structure qui cherche son identité technique avant la révolution 850 cc de 2027. En clair : il doit apprendre la catégorie… tout en développant la moto.

Toprak Razgatlioglu

Le vrai défi de Toprak Razgatlioglu : le temps médiatique

Puccetti établit un parallèle intéressant : « il fera probablement plus ou moins ce qu’a fait Nicolò Bulega au début. » Traduction : adaptation progressive, résultats corrects, mais pas de miracle immédiat.

Le problème ? Toprak n’est pas présenté comme un rookie discret. Il arrive avec l’étiquette de phénomène, presque de sauveur. Et quand les chronos affichent +1,8 seconde, l’écart paraît gigantesque.

Le danger n’est pas technique. Il est psychologique. Razgatlioglu est habitué à dominer. À imposer son style. À faire plier ses rivaux au freinage.

En MotoGP, il va devoir accepter de ne plus être immédiatement le meilleur dans son domaine favori. C’est un choc.

Révolution ou désillusion ?

La question est de savoir si le paddock, les médias et les fans accepteront une phase d’apprentissage. Car si au bout de trois Grands Prix il navigue en fond de top 15, le récit pourrait changer très vite et passer de “nouvelle superstar” à “transition compliquée”.

Puccetti n’a pas cherché à refroidir l’enthousiasme par méchanceté. Il a simplement rappelé une vérité que le MotoGP confirme saison après saison : le talent ouvre la porte. L’adaptation décide de tout.

Toprak Razgatlioglu peut réussir. Mais selon ceux qui le connaissent le mieux, ce ne sera ni immédiat… ni facile. Et c’est peut-être justement ce qui rend son aventure encore plus fascinante.

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