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Jorge Lorenzo

Dans son interview à Marca, Jorge Lorenzo a livré une confession rare, presque intime, sur ce qui a manqué à sa propre carrière. Et sa réponse est un uppercut pour tous ceux qui croient que le talent seul suffit. Le Majorquin a lâché une phrase qui en dit long sur sa vision du sport… et sur ses propres regrets …

« Si j’avais eu Mick Doohan ou Max Biaggi comme conseillers, j’aurais obtenu des résultats encore meilleurs. »*

Cette phrase, lâchée presque en passant, résume à elle seule la philosophie que le Majorquin applique aujourd’hui avec Maverick Viñales. Et elle dit beaucoup de ce que signifie être un champion dans un sport où l’on apprend souvent seul, trop seul.

Lorenzo n’a pas eu de guide. Il a débarqué en MotoGP à 20 ans, a affronté Rossi, Pedrosa, Stoner, avec pour seule arme son talent et sa détermination. Il a gagné trois titres en MotoGP, construit une carrière exceptionnelle. Mais il sait, aujourd’hui, ce qui lui a manqué :

« Ils ont connu une carrière différente, des problèmes différents, des situations différentes. 90% de ce à quoi je serais confronté dans un avenir hypothétique, plus les 10% restants dont ils peuvent me prévenir. »

Ainsi, un mentor ne vous apprend pas à piloter. Il vous apprend à anticiper. À ne pas commettre les mêmes erreurs. À gagner du temps, de l’énergie, des années de carrière.

Lorenzo résume sa conviction par une formule imparable : « il n’y a qu’une chose de mieux que d’apprendre de ses propres erreurs : c’est d’apprendre de celles des autres. »

Le podcast 'Dura la vita', de Jorge Lorenzo.

Jorge Lorenzo : « j’ai fait cette connerie, ne la fais pas« 

C’est exactement ce qu’il apporte aujourd’hui à Viñales. Une expérience vécue, une mémoire des échecs, une capacité à dire : « j’ai fait cette connerie, ne la fais pas. » Le choix des noms de Por Fuera n’est pas anodin.

Mick Doohan : l’Australien, quintuple champion, symbole de la Honda triomphante des années 90. Un pilote à la carrière marquée par une gravissime blessure et un retour au sommet. L’incarnation de la résilience.

Max Biaggi : le Romain, quadruple champion du monde, rival historique de Rossi, pilote au caractère trempé, qui a traversé les époques et les catégories avec une longévité rare.

Deux parcours, deux styles, deux sources d’enseignements. Ce sont les « anciens » que Lorenzo aurait voulu avoir à ses côtés. Ceux qui avaient déjà vécu ce qu’il allait traverser.

Aujourd’hui, Lorenzo joue ce rôle pour Viñales. Il est le Doohan ou le Biaggi qu’il n’a pas eu. Et il mesure le privilège que cela représente : « on pense toute la journée à comment les aider. C’est très gratifiant et stimulant. »

Viñales, 31 ans, en est à sa quatrième marque en MotoGP. Il a le talent, la vitesse, mais jamais la régularité. Lorenzo est là pour combler ce vide. Pour lui offrir ce qu’il n’a pas eu : un regard extérieur, une voix d’expérience, une main tendue.

Jorge Lorenzo n’a pas eu de mentor. Mais il est devenu celui qu’il aurait voulu avoir. Dans cette interview, il ne parle pas seulement de pilotage. Il parle de transmission, d’héritage, de ce lien invisible qui relie les générations de pilotes.

« Même la personne la moins douée, si elle est disciplinée, apprend et progresse toujours. »

Lorenzo a eu le talent. Aujourd’hui, il a la discipline. Et il la transmet. Peut-être que Viñales, grâce à lui, deviendra ce que Lorenzo aurait été avec Doohan ou Biaggi : un champion sans regrets.

Jorge Lorenzo et Maverick Viñales.

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