pub

Bulega

Il y a des situations qui en disent long sur l’état d’un marché. Celle de Nicolò Bulega en fait clairement partie. Leader du Superbike, parfaitement intégré chez Ducati, formé dans son giron… et pourtant toujours sans guidon MotoGP garanti. Un paradoxe qui commence à agacer, et surtout à ouvrir des portes ailleurs.

Dans ce dossier, tout est dit — ou presque — par les mots sur Moto.it de son manager Alberto Martinelli : « nous sommes en discussion avec de nombreuses équipes, car notre priorité est évidemment Ducati, mais si la firme basée à Bologne ne peut pas trouver une place pour Nicolò, alors nous devrons chercher ailleurs. »

Ce n’est pas une déclaration anodine. C’est une mise sous pression. Car derrière cette phrase se cache une réalité brutale : Ducati croit en Bulega… mais ne lui garantit rien. Et dans un paddock où les places se verrouillent des mois à l’avance, cette hésitation devient un luxe que peu de pilotes peuvent se permettre.

Pendant que Ducati tergiverse, Aprilia, elle, avance sans bruit mais avec méthode. Le contexte lui est favorable : le départ probable de Ai Ogura vers Yamaha libère une opportunité, et la structure TrackHouse dirigée par Davide Brivio cherche justement un profil capable d’accélérer son projet.

Mais ce qui rend Bulega si attractif dépasse largement le simple talent.

Nicolò Bulega 2025

Bulega connaît déjà les pneus Pirelli

Et à l’approche de 2027, ce détail n’en est pas un. Il n’y a pas si longtemps, Bulega quittait le MotoGP par la petite porte après une saison Moto2 2021 catastrophique. Vingt-sixième du championnat, douze points, et un avenir brisé net.

Depuis, tout a changé. Titre Supersport, montée en puissance en Superbike, duel avec Toprak Razgatlioglu… et surtout, une reconstruction complète de son image.

Aujourd’hui, il ne revient pas comme un pari. Il revient comme un outil. Un pilote capable d’aider à comprendre immédiatement une donnée clé de 2027 : les pneus.

La situation devient presque inconfortable pour Ducati. Car en laissant traîner ce dossier, elle prend un risque évident : voir partir un pilote qu’elle a formé… au moment précis où il devient utile.

Et pas n’importe où. Chez un rival direct, capable de l’exploiter immédiatement. Le scénario serait brutal : Ducati prépare l’avenir… mais laisse filer un élément parfaitement adapté à cette nouvelle ère.

Si les lignes bougent dans ce sens, une image forte pourrait émerger : Marco Bezzecchi en leader du projet Aprilia avec Bagnaia comme équipier, Bulega comme appuie feu. Une continuité italienne… mais hors Ducati. Autrement dit, une forme de transfert silencieux de savoir-faire.

La suite ne traînera pas. « Nous en saurons certainement plus à Jerez. »

Cette phrase n’est pas une simple projection. C’est un signal. Le dossier est ouvert, les discussions sont engagées, et les décisions devront être prises rapidement. Et si rien ne change, Ducati pourrait bien assister, impuissante, au départ de l’un de ses profils les plus stratégiques… au pire moment.

Ducati joue un jeu dangereux. En utilisant Bulega pour développer la GP27 et tester les pneus Pirelli, elle prend le risque de former l’arme parfaite pour la concurrence. Si Aprilia parvient à convaincre Bulega que son avenir est sur une grille de départ et non dans des séances de tests privés, Noale pourrait réaliser un « hold-up ».

Prochaine étape : Jerez. Si aucune annonce de prolongation ne tombe du côté de Ducati, l’hypothèse Bulega sur une Aprilia frappée du sceau TrackHouse deviendra la rumeur numéro 1 du paddock.

Bulega

 

 

 

 

Tous les articles sur les Pilotes : Nicolo Bulega

Tous les articles sur les Teams : Trackhouse Racing Aprilia