Le scénario rêvé par Yamaha pour 2027 est en train de s’effondrer. L’idée était simple, ambitieuse, presque hollywoodienne : réunir Francesco Bagnaia et Jorge Martin sous les couleurs d’Iwata pour ouvrir l’ère 850 cc³ avec un duo d’anciens rivaux au sommet de leur art. Mais Bagnaia a choisi une autre route…
Selon plusieurs sources concordantes, le double champion du monde MotoGP aurait refusé l’offre financière supérieure de Yamaha pour privilégier un projet technique qu’il juge plus solide : Aprilia Racing.
Le choix est lourd de sens. Plutôt que d’accepter le plus gros chèque proposé par Yamaha Motor Company, Francesco Bagnaia aurait misé sur la capacité d’Aprilia à développer une machine compétitive dès le début de la nouvelle réglementation 2027.
Mieux encore : il aurait accepté une baisse de salaire pour former un duo 100 % italien avec son ami Marco Bezzecchi.
Un choix sentimental ? Pas uniquement. C’est surtout un pari stratégique sur la RS-GP version 850 cc.

Yamaha pivote : Di Giannantonio entre en scène
Face à ce revers, Yamaha ne peut pas rester immobile. Les dirigeants auraient ouvert des discussions préliminaires avec Fabio Di Giannantonio, actuellement chez VR46 Racing Team. Pourquoi lui ?
Parce que Ducati pourrait le considérer comme « surplus » à l’issue de la saison 2026. L’usine de Borgo Panigale donnerait la priorité à la prolongation de Fermin Aldeguer, dont le contrat inclut des options jusqu’en 2028, tout en gardant un œil sur son pilote Superbike Nicolo Bulega. Dans cette équation, Di Giannantonio deviendrait une opportunité de marché.
Le projet initial d’Iwata était ambitieux : Martin pour remplacer Quartararo (annoncé chez Honda), Bagnaia pour incarner la renaissance technique, Rins en fin de contrat, et un V4 censé relancer la marque.
Mais avec Bagnaia désormais tourné vers Aprilia, Yamaha doit recomposer son puzzle. Di Giannantonio apparaît comme une solution crédible : rapide, expérimenté, encore sous la bannière Ducati, mais disponible.
Jack Miller reste dans le radar, mais davantage comme solution de secours. Ses essais hivernaux avec la M1 V4 chez Pramac ont été solides, mais Yamaha ne le considère pas comme un leader naturel pour l’équipe usine. En septembre dernier, la marque lui a déjà offert une prolongation d’un an avec Pramac Racing, preuve qu’il reste utile, sans être prioritaire.
Miller n’est pas l’équivalent stratégique de Bagnaia. Au mieux, il est une variable d’ajustement.
La saison 2027 s’annonce comme une refonte complète du paysage MotoGP : nouvelles motos 850 cc, contrats majeurs expirant fin 2026, usines prêtes à investir massivement.
Aprilia semble avancer méthodiquement. Ducati prépare déjà l’après-Bagnaia. Honda attend peut-être son moment. Et Yamaha ? Elle navigue entre ambition et urgence.
Si Di Giannantonio rejoint Iwata, ce sera un choix pragmatique. Mais ce ne sera pas le coup de tonnerre que représentait l’arrivée de Bagnaia.
Le marché 2027 ne fait que commencer. Et déjà, les alliances redessinent la prochaine décennie du MotoGP.






















