Dans la deuxième partie de notre entretien avec Corentin Perolari à Carthagène, nous abordons avec le Français sa saison en Championnat du monde de Supersport (WorldSSP) avec Honda Racing. La première partie, portant sur sa saison en Endurance avec le constructeur nippon, disponible via ce lien.
Avant de passer au WorldSSP, peux-tu nous parler de ta relation avec Alan Techer, ton coéquipier sur la n°5 avec qui la collaboration semble idéale ?
Il y a une vidéo à Spa où Alan me lave la visière du casque, c’est sur mon Instagram et sur Honda Global, et ça résume bien notre relation. On est coéquipiers, mais aussi rivaux, parce qu’il faut aller vite. Normalement, les pilotes ont un gros ego, mais entre nous, il n’y en a pas. Aucune rivalité malsaine, et c’est ça qui est dingue. Ça reflète vraiment l’esprit dans le team de la n°5 entre Alan et moi. En endurance, c’est idéal, parce que la rivalité interne, ce n’est pas ce qu’il faut.
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Quelles sont tes ambitions pour 2026 dans ce championnat ?
En endurance, il faut qu’on soit au minimum sur le podium du championnat. J’aimerais vraiment décrocher une victoire sur une course de 24 Heures ou une de 8 Heures, et enchaîner les podiums. Je ne veux pas me déclarer prétendant au titre, parce que l’endurance, c’est aussi une question de chance et de fiabilité. C’est une course d’équipe, pas une histoire de pilote seul : il faut que tout le monde soit en forme, que la mécanique suive et qu’on ait un peu de réussite.
Passons à la vitesse : comment s’est passée ta saison 2025 en Supersport avec Honda ?
On n’a pas fait l’Australie, donc j’ai raté une course que j’aime bien. Pour le reste, c’était une bonne saison, surtout pour la première année complète de l’équipe (Team Honda Racing World Supersport, Ndlr) dans ce championnat. L’équipe découvrait beaucoup de choses, il y avait plein de paramètres à mettre en place. De mon côté, j’ai fait quelques petites erreurs, mais je ne suis pas beaucoup tombé. Je peux les compter sur les doigts d’une main. Entre les petits soucis techniques et l’apprentissage, on termine 13e du championnat, avec de beaux éclats : à Magny-Cours, je finis deux fois à moins d’une seconde du podium avec ma petite Honda. Il faut le rappeler, je roule en quatre cylindres 600 cm³ face à des trois cylindres de 800 ou 900 cm³, donc ce n’est pas simple. Dans l’ensemble, je suis vraiment content.
En 2026, tu repars sur le même programme ?
Oui, je repars exactement sur le même programme : endurance avec Honda et Supersport avec Honda France. L’objectif est d’être le plus régulièrement possible dans le top 10.
Pour enchaîner les deux, comment tu gères la préparation physique et ton hygiène de vie ?
Comme tout pilote, je m’entraîne physiquement, mais j’ai particulièrement mis l’accent sur la course à pied, j’en fais beaucoup.
Comment tu t’occupes cet hiver ?
En réalité, la saison ne s’arrête pas trop… On a fait des tests à Jerez fin octobre ou début novembre avec la 600 et le team Supersport, puis un test d’endurance à Okayama au Japon juste avant Noël, toujours avec Honda. Cet hiver, je roule en 600 avec mon chef data. Il y a aussi Anna Carrasco. On est un tout petit comité, je fais même la mécanique (Rires). C’est vraiment une ambiance familiale, on est peu nombreux, et ça permet de bien préparer la saison.
Un mot sur l’initiative de Johann Zarco, qui vous invite chaque hiver à rouler ensemble ?
Johann a un cœur énorme. Il fait toujours tout pour que tout le monde soit bien, pour aider un maximum de pilotes français et autres. J’apprécie beaucoup le geste qu’il répète chaque année. Il est fort humainement et sportivement.
À ton niveau, tu as des conseils à prendre de lui ?
Bien sûr, à tous les niveaux, il y a des conseils à prendre. Et je pense que même Johann te dirait la même chose, qu’il a aussi des choses à prendre des autres. Tout ce qu’on peut me dire, je le prends, surtout quand ça vient d’un pilote MotoGP. Il y a une vraie solidarité entre pilotes français, le fait de s’entraîner ensemble, c’est précieux.



























