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Ducati

Un an après avoir écrasé la concurrence en Thaïlande, Ducati a vécu un week-end cauchemardesque à Buriram. La série de 88 podiums consécutifs s’est brisée, Aprilia a survolé les débats, et les Desmosedici ont semblé perdues. Pourtant, à y regarder de plus près, la situation est plus nuancée qu’il n’y paraît. Analyse d’un week-end qui a rebattu les cartes.

Le contraste est saisissant. En 2025, Ducati remportait les deux courses en Thaïlande, prélude à une saison de domination. En 2026, la marque quitte Buriram avec des questions sans réponses.

Ce qui a changé ? Une GP26 qui a semblé « complètement différente » de celle des essais, selon Davide Tardozzi. Des performances en chute libre, notamment au freinage et en maniabilité. Une explication technique qui échappe encore aux ingénieurs.

Pecco Bagnaia, pourtant souriant et confiant avant le week-end, a résumé le sentiment général : « Chez Aprilia, ils ont trouvé la solution et progressé, tandis que nous avons régressé. »

Le principal suspect dans cette affaire est le pneu arrière Michelin. À Buriram, le manufacturier français a apporté une carcasse plus rigide pour faire face aux températures extrêmes. Ce pneu, qui sera également utilisé au Brésil et sur d’autres circuits favorisant le côté droit, a semblé perturber toutes les Ducati, à l’exception notable de Fabio Di Giannantonio.

Le pilote VR46 a affiché un rythme de course proche des Aprilia en essais libres, mais a été handicapé par des problèmes mécaniques en course. Sa performance prouve que la GP26 a du potentiel, même dans ces conditions.

La roue arrière endommagée de Marc Marquez lors du MotoGP de Thaïlande 2026

Marc Marquez, l’exception qui confirme la règle chez Ducati : « il faut travailler dur, mais pas de panique »

Malgré ses douleurs à l’épaule droite (pénalisantes dans les virages à droite), Marc Marquez a réalisé un week-end solide. Sans une crevaison dans les derniers tours, il terminait probablement sur le podium.

Son rythme en course (1’31″210) était très proche de celui d’Acosta (1’31″138) et de Bezzecchi (1’30″975). Preuve que la moto n’est pas morte, mais que son potentiel est plus difficile à exploiter que celui de la RS-GP.

Ducati a déjà vécu cette situation. En 2025, en Indonésie, les GP25 avaient énormément souffert avec le même type de pneu arrière rigide, tandis que les GP24 (avec Aldeguer) avaient dominé.

Le problème semble se répéter. Et avec l’utilisation prévue du même pneu au Brésil, Ducati pourrait devoir survivre pendant un deuxième week-end consécutif avant de retrouver des circuits plus favorables.

Pendant que Ducati cherchait des solutions, Aprilia a parfaitement exploité la situation. Marco Bezzecchi a été intouchable, creusant des écarts dès le premier tour et gérant sa course avec une maturité impressionnante.

La RS-GP26 a gagné 16 secondes par rapport à la course 2025, un bond de géant que même Massimo Rivola peinait à croire. Le « f-duct » aérodynamique, la tenue de route exceptionnelle et la gestion parfaite des pneus ont fait la différence.

Il serait excessif de parler de « fin de cycle » pour Ducati. La marque a prouvé par le passé sa capacité à rebondir. Mais ce week-end thaïlandais a révélé des fragilités.

On note d’abord une dépendance au pneu : la GP26 semble trop sensible aux variations de spécifications des pneus.

On relève aussi un manque de compréhension : les ingénieurs n’ont pas encore identifié la cause de la baisse de performance entre les essais et la course.

Enfin, il y a une concurrence qui progresse : Aprilia a franchi un cap et ne compte pas s’arrêter là.

La prochaine étape, le Brésil, sera cruciale. Avec le même pneu rigide, Ducati pourrait revivre le même calvaire. Mais si la marque trouve des solutions, elle peut encore limiter la casse avant les circuits plus traditionnels.

Comme le dit Marc Marquez : « il faut travailler dur, mais pas de panique. » Le champion a raison. La saison MotoGP est longue. Mais l’alerte est sérieuse.

 

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