pub

Pernat

C’est un Carlo Pernat à l’humeur joyeuse et printanière qui commence ainsi son bilan de la première joute 2026 du MotoGP à Buriram : “quatre hirondelles font le printemps”. Avec ça, Pernat enterre le mythe Ducati et sacre ses anciennes couleurs chéries, Aprilia … Buriram n’a pas seulement lancé la saison 2026. Le Grand Prix de Thaïlande a fissuré une certitude : Ducati n’est plus intouchable. Et si certains tentaient encore de minimiser l’événement, Carlo Pernat, lui, a choisi d’appuyer là où ça fait mal.

Pour l’Italien, Aprilia n’a pas gagné. Elle a envoyé un message. « Je dirais que ce Grand Prix se résume par un proverbe : une hirondelle ne fait pas le printemps, mais quatre hirondelles forment une nuée ». L’hirondelle, c’est Marco Bezzecchi. Et la nuée ce sont quatre Aprilia dans le top 5.

Ce n’est pas un exploit isolé. Ce n’est pas un week-end opportuniste. Ce n’est pas une météo favorable. C’est une démonstration structurelle.

Bezzecchi a dominé. Pole position, rythme étouffant, victoire construite. S’il n’avait pas chuté lors du sprint, comme le rappelle Pernat, « la journée aurait été mémorable ».

Et il insiste sur GPOnequatre Aprilia dans le top 5, ce n’est pas un détail, c’est un fait marquant. »

Dans le paddock, ce genre de phrase ne se lance pas à la légère. Et elle s’appuie sur ce constat : Ducati 88 podiums… puis le vide. La statistique est brutale .88 Grands Prix consécutifs avec au moins un pilote sur le podium. Série stoppée net.

« Ducati n’avait pas terminé hors du podium depuis plus de 88 Grands Prix. C’est un bilan négatif significatif, quatre coups durs. »

Quatre coups durs. Ce n’est pas une crevaison isolée. Ce n’est pas une erreur stratégique. C’est un week-end où toute la flotte a semblé déstabilisée.

Pernat va plus loin : « il s’est passé quelque chose, car leurs performances ont toutes été décevantes ; ce n’est pas un problème isolé. »

Et concernant l’abandon de Marc Marquez … « Et concernant Marquez, j’en suis presque certain : ce n’était pas le vibreur ; le pneu a lâché plus tôt. » Autrement dit : le problème serait plus profond que l’incident visible.

La charge est aussi particulièrement sévère pour Pecco Bagnaia.

« Bagnaia est quasiment invisible. On le retrouve exactement au même point que l’an dernier : bon en essais, mais il s’effondre en course. Toujours bon dernier. » C’est une critique qui fait mal.

Même après la chute de Marquez, Bagnaia n’était pas premier des Ducati. Pour Pernat, « c’est un signe ».

Dans une équipe qui a bâti sa domination sur la profondeur de son effectif, voir son double champion du monde effacé dès la première manche interroge.

Pernat

Bezzecchi, seul vrai rival ? Carlo Pernat répond !

La formule est tranchante : « Bezzecchi est le seul véritable rival de Ducati. » Stratosphérique, dit-il. Mais il ne limite pas son analyse au pilote. Il élargit à la machine.

« Martin a lui aussi réalisé une superbe course et, après une année quasiment à l’écart des circuits, il est de retour aux avant-postes. C’est la preuve que la moto est vraiment performante. »

Et si les satellites brillent aussi, avec Ogura et Raul Fernandez, cela signifie une chose : « les bases techniques sont très solides. »

Aprilia n’a pas simplement progressé. Elle a stabilisé son projet.

Pernat ne s’arrête pas là. « Quand on dit que les véritables talents sont au nombre de trois – Marquez, Quartararo et Pedro Acosta – ce n’est pas une exagération. »

Pedro Acosta est, selon lui, la clé de voûte du projet KTM. « Pedro maintient KTM à flot. KTM existe aujourd’hui grâce à lui. »

Et la stratégie est assumée :

« Tout est fait en pensant à Acosta : chaque nouvelle fonctionnalité, chaque développement, même une nouvelle vis, lui est présenté en premier. Les autres sont mis de côté. »

Choix technique. Choix stratégique. Priorité absolue. Dans un contexte financier délicat, KTM a misé sur un homme.

Pendant ce temps, Yamaha peine toujours à apprivoiser son nouveau moteur. Honda revient doucement dans le top 10.

Mais Pernat reste prudent : « nous attendons Jerez, nous attendons les courses hors d’Europe pour y voir plus clair. »

Et puis il y a cette conclusion, lourde de sens :

« Aujourd’hui, Aprilia et Bezzecchi sont les véritables favoris. Plus encore que Ducati d’usine et Marquez ne le sont actuellement. »

Ce n’est pas un commentaire. C’est une inversion symbolique. Pendant des années, le paddock s’est demandé qui pouvait battre Ducati.

À Buriram, la question a changé : Ducati peut-elle encore battre Aprilia ? La saison est longue.

Mais pour la première fois depuis des années, l’usine de Borgo Panigale n’impose plus le rythme. Elle doit répondre.

Pernat

 

Tous les articles sur les Pilotes : Marc Marquez

Tous les articles sur les Teams : Ducati Team