Le Grand Prix de Buriram a offert un spectacle inattendu : pour la première fois depuis longtemps, Ducati Corse s’est retrouvé en difficulté… pendant qu’Aprilia Racing brillait au sommet. Un scénario presque impensable il y a encore quelques mois.
Car en 2025, Ducati dominait outrageusement la catégorie reine. Mais à l’ouverture de la saison 2026 en Thaïlande, la hiérarchie a semblé vaciller. Un week-end compliqué, marqué par la malchance, les doutes et une concurrence soudainement plus menaçante.
Au cœur de la tempête : Marc Marquez et Francesco Bagnaia, tous deux incapables de transformer leur potentiel en résultat solide.
Pour Marc Marquez, le week-end avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. L’Espagnol avait montré un rythme impressionnant lors de la course sprint du samedi.
Mais tout a basculé à cause d’un problème de pneu. Le dimanche, alors qu’il se battait pour le podium, son Grand Prix s’est terminé par un abandon. Un coup dur que Michele Pirro analyse avec lucidité.
« Sans ce problème de pneu, il aurait pu monter sur le podium. Peut-être deuxième, peut-être troisième, mais le podium était à sa portée. C’est ça, la vraie malchance. Maintenant, on attend les prochaines courses. » Un constat simple : le potentiel était là, mais la réussite ne l’était pas.
Si Marquez a été victime de la malchance, la situation de Bagnaia est plus préoccupante. L’Italien n’a jamais réussi à trouver le bon rythme durant tout le week-end. Éliminé dès la Q2, il a regardé la bataille pour le podium… de loin.
Selon Pirro, le problème est avant tout une question de sensations.
« Ce genre de situation s’est produit à plusieurs reprises l’an dernier, sans explication évidente… Nous allons maintenant travailler dessus lors des essais de Jerez afin de mieux comprendre. »
Les caractéristiques particulières de Buriram, notamment au niveau des pneus, semblent avoir perturbé l’équilibre de la Desmosedici. Un problème technique que Ducati devra résoudre rapidement.
Pendant que Ducati cherchait des réponses, Aprilia profitait de la moindre faille. La différence avec la saison précédente est frappante : en 2025, Ducati signait un triplé avec les frères Marquez et Bagnaia. En 2026, c’est Aprilia qui impose le rythme.
Mais Pirro refuse catégoriquement de parler de crise.
« Entendre dire que Ducati est “finie” ou “condamnée” ne nous plait absolument pas. Bien sûr, ce championnat du monde sera compliqué et nous nous battrons peut-être jusqu’à la dernière course, mais parler de saison terminée est une pure exagération. » Un discours ferme, destiné à calmer les spéculations.

Michele Pirro : « il faut garder son calme et rester vigilants. Chez Ducati nous sommes combatifs et concentrés. Marquez est également très lucide et conscient de la situation »
Pour le pilote d’essai italien, ce qui se passe aujourd’hui est tout simplement normal.
« Il y a des cycles dans le sport. Il serait anormal de dominer pendant des années… tôt ou tard, l’équilibre bascule. Cela fait partie du jeu. »
Avec 26 ans d’expérience dans le paddock, Pirro estime même que la situation actuelle était presque inévitable.
« Cela ne me surprend pas ; je suis impliqué dans le sport depuis 26 ans et je le suis de près : j’aurais été surpris du contraire. »
D’autant que Ducati doit gérer deux projets simultanément : la moto actuelle et la future machine 850 cc qui arrivera avec le prochain cycle réglementaire.
L’Italien en a aussi profité sur motosan pour répondre aux rumeurs concernant son avenir comme pilote d’essai. Selon lui, ce rôle ne nécessite pas une superstar… mais un travailleur méthodique.
« Pour être pilote d’essai, il faut aussi quelqu’un qui fasse le travail et cause le moins de dégâts possible… »
« Je fais ce métier depuis de nombreuses années, et pour être pilote d’essai, on n’a pas besoin d’un champion ou d’une superstar. Il faut un pilote méthodique, sensible et, surtout, constant, prêt à tester et à découvrir. »
Malgré ce début de saison chahuté, Ducati ne semble pas paniquer. Pirro se veut même très serein.
« Il faut garder son calme et rester vigilants. Nous sommes combatifs et concentrés. Marquez est également très lucide et conscient de la situation, ce qui me rassure. »
Et le vétéran conclut avec une pointe de philosophie :
« J’ai 40 ans et je dispute au moins une course de MotoGP cette saison. J’ai vu beaucoup d’évolutions et rien ne me surprend : cela fait partie du processus, des réglementations qui changent et s’adaptent. »
Une manière de rappeler une vérité simple du MotoGP : les dynasties ne disparaissent jamais du jour au lendemain… mais elles finissent toujours par être défiées.

























