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Marquez

En Thaïlande, pour la manche d’ouverture, Marc Marquez n’était pas dominant. La manière dont il a abordé les deux courses m’a rappelé ce qu’il faisait en 2023, et bien évidemment, ça m’inquiète. Analyse.

 

Obligé de pousser

 

Si vous suivez le MotoGP depuis un petit moment maintenant, vous vous rappelez forcément des dernières saisons de Marc Marquez chez Honda. Après sa très grosse blessure de 2020, le désormais nonuple champion du monde a essayé de revenir à plusieurs reprises, non sans devoir repasser par l’infirmerie. Mais la Honda RC213V, qui n’était plus performante qu’entre ses mains depuis la fin 2018, ne lui permettait pas de faire des retours dans de bonnes conditions. Cela a donné une période de trois saisons assez étrange, de 2021 à 2023, où Marquez a tantôt marqué positivement le paddock grâce à de nouveaux éclairs de génie (notamment lors de ses trois victoires en 2021), tantôt négativement à cause de prises de risque inconsidérées.

 

Marquez

Il faut garder à l’esprit qu’il est peut-être à une blessure de la fin de carrière. Photo : Michelin Motorsport

 

Pour faire marcher une moto qui n’était plus du tout performante, Marquez donnait tout. Il allait jusqu’à forcer chacun de ses dépassements, et, parfois, subissait la colère des dieux du MotoGP. De nouvelles blessures lui ont fait payer très cher cet engagement excessif au guidon des machines les plus puissantes du monde. Personnellement, j’ai été très marqué par sa saison 2023, la dernière avec Honda, car il faisait tout ce que je n’aimais pas. Alors qu’il était encore capable de scorer des gros points de manière régulière, il s’entêtait à vouloir chasser la gagne à chaque course, même s’il savait que ça n’était pas possible avec cette moto. Chutes, dépassements précipités et percussions d’autres pilotes… tout y était.

Puis, il a signé chez Ducati pour 2024, et on connaît la suite. En Thaïlande, pour la première fois depuis 2023, j’ai vu un Marc Marquez courir après son potentiel tout le week-end. De nouveau, je l’ai vu forcer, de nouveau, je l’ai vu commettre des petites erreurs ici et là, et, de mon point de vue, cette imprécision réprimandée face à Pedro Acosta en était le clair exemple. Bien sûr, toutes proportions gardées ; la Ducati Desmosedici GP26 n’est pas aussi mauvaise que la RC213V 2023, loin de là, et Marquez a mûri entre temps. Mais ces légers symptômes ne doivent pas se transformer en rechute.

 

Marquez est-il toujours le même ?

 

Deux éléments majeurs rappellent 2023. Premièrement, son état physique. Marc Marquez est toujours blessé à l’épaule suite au Grand Prix d’Indonésie 2025, et il est encore en difficulté dans les virages à gauche. Lorsqu’il n’est pas à 100 %, il essaye de compenser, de prendre encore plus de risques pour effacer son handicap. Deuxièmement, et c’est là le point le plus important d’après moi, sa moto n’est plus aussi dominante que l’an dernier.

Aprilia s’est considérablement rapproché de Ducati, et s’il est encore trop tôt pour affirmer que la RS-GP26 est une meilleure machine que la Desmosedici GP26, tout porte à croire que l’écart n’existe plus. D’un côté, à Buriram, nous avions les quatre Aprilia dans le top 5, et, de l’autre, la première Ducati à l’arrivée était celle de Fabio Di Giannantonio en sixième place. Marquez aurait fait mieux sans cette crevaison, mais Acosta, sur KTM, aurait probablement fini devant lui.

D’ailleurs, sur tout le week-end, seul Marc s’est démarqué chez Ducati. « Diggia » n’était pas si mal, c’est vrai, mais Alex Marquez est totalement passé au travers, tout comme Pecco Bagnaia, qui, malgré ses dires, est bien moins fort que lors du précédent Grand Prix de Thaïlande. La question que je pose est, je crois, légitime : Marquez ne va-t-il pas essayer de pousser, encore et encore, si la Ducati s’avère en dessous de sa cousine italienne, jusqu’à se blesser de nouveau ?

 

Marquez

Une drôle d’image qui coûte très cher. Photo : MotoGP

 

Je ne l’espère pas. D’abord, car je ne voudrais pas le voir prendre une retraite forcée sur une blessure en Practice au beau milieu de la saison. Ensuite, car Marquez, quand il est comme ça, est factuellement moins fort ! J’avais démontré ceci par les statistiques en octobre 2022, et ma lecture n’a pas changé à ce sujet. Marquez est capable d’être un monstre de régularité, d’assurer les points de la deuxième ou troisième place assez facilement. Il a la moto et le talent pour, largement. Dans sa carrière, il n’a encore jamais utilisé cette arme, qui suffirait amplement face à cette concurrence. Les années Bagnaia-Martin nous ont appris que cette génération n’était pas capable de produire des saisons à 20 points de moyenne le dimanche, ce qui est dans les cordes de Marquez.

Même si Bezzecchi est son adversaire, cette année, je ne vois pas en quoi cela changerait quelque chose. La preuve : si ce n’était pour cette crevaison étrange, Marquez serait presque à égalité avec le « Bez » au classement général alors que l’Aprilia était clairement dominante ! Marquez, à son âge, doit se modérer, doit calculer davantage, doit prendre moins de risques. Si la Ducati ne permet pas de s’imposer un week-end, eh bien, qu’il accepte la troisième ou quatrième place. Et il ne serait certainement pas moins menaçant comme ça au vu de l’approche de ses rivaux. En revanche, s’il retombe dans le piège de l’attaque à outrance, de la « victoire à tout prix », qui peut prédire comment – et quand – se terminera son exercice 2026.

Que pensez-vous de tout ça ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Marquez est-il capable de changer de style ? Telle est la question. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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