Le calvaire de Fabio Quartararo chez Yamaha n’est pas près de s’arrêter. Après un Grand Prix de Thaïlande catastrophique, où il a terminé 14e à 30 secondes du vainqueur, le Français a livré une analyse pessimiste sur l’avenir immédiat de la M1. Interrogé, il a indiqué que les pilotes Yamaha devront se contenter du moteur V4 actuel au moins jusqu’au Grand Prix de France, en mai.
Le début de saison 2026 n’a fait que confirmer ce que beaucoup soupçonnaient déjà : Yamaha est encore en pleine phase de transition avec son nouveau projet V4. Et selon Fabio Quartararo, il faudra encore attendre avant d’en voir le plein potentiel.
Le pilote français a reconnu que la marque japonaise ne devrait probablement pas introduire une version réellement améliorée de son moteur avant le Grand Prix de France au Mans, prévu en mai.
Le Grand Prix de Thaïlande a mis en lumière le principal problème de la M1 version 2026 : la vitesse de pointe.
À Buriram, Quartararo a été mesuré 6,5 km/h plus lent que les motos les plus rapides dans la ligne droite, tandis que les autres pilotes Yamaha perdaient encore davantage au radar de vitesse. Un déficit qui devient particulièrement visible face aux Ducati et aux Aprilia.
Depuis les essais hivernaux, plusieurs rumeurs évoquaient l’arrivée rapide d’une évolution du moteur afin de combler ce retard. Mais Quartararo a refroidi ces attentes sur motorsport.
« Je ne sais pas exactement quand il arrivera, mais je sais qu’au moins jusqu’au Mans nous n’aurons pas de nouveau moteur. »

Fabio Quartararo : « pour le Brésil, les États-Unis et le Qatar, nous n’aurons aucun nouveau moteur »
Le Français a également précisé que les premières courses de la saison devraient se disputer avec l’unité actuelle. « Pour le Brésil, les États-Unis et le Qatar, nous n’en aurons aucun. » Autrement dit : les pilotes Yamaha devront encore patienter plusieurs Grands Prix.
Le passage au moteur V4 représente une transformation majeure pour Yamaha MotoGP, historiquement fidèle à son moteur quatre cylindres en ligne.
Cette révolution technique implique un travail colossal, et le constructeur d’Iwata doit encore apprendre à exploiter pleinement cette nouvelle architecture.
Les difficultés rencontrées lors des essais hivernaux l’ont bien illustré : Yamaha a dû limiter le kilométrage du moteur en février, et un problème de sécurité l’a même contrainte à annuler une journée complète d’essais à Sepang.
Si le moteur V4 reste le point le plus visible, Yamaha travaille également sur l’ensemble de la moto.
Le directeur de l’équipe, Paolo Pavesio, a rappelé que le projet évolue constamment.
« La moto a beaucoup changé depuis la première course l’an dernier à Misano. Nous en sommes déjà au troisième cadre et au troisième bras oscillant. »
Selon lui, l’objectif est de bâtir des bases solides avant de chercher des gains spectaculaires.
« Nous sommes encore en train de définir les bases, et c’est grâce à elles que nous pourrons travailler de manière plus cohérente. »
Concernant le moteur, Yamaha affirme pourtant disposer de la puissance nécessaire… sur le banc d’essai. Le défi consiste désormais à trouver le compromis entre performance et fiabilité.
« Nous savons que nous avons de la puissance à exploiter. Le défi est de trouver le bon équilibre entre performance et fiabilité. »
Un exercice d’autant plus complexe qu’il s’agit d’une architecture totalement nouvelle pour le constructeur japonais.
En résumé, Yamaha sait qu’elle possède un potentiel encore inexploité, mais le calendrier du développement impose de la patience.
Et pour Quartararo, la réalité est simple : les premières courses de la saison serviront encore de laboratoire. Le véritable test pourrait bien arriver… au Mans.

























