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Le pilote du Championnat du monde WorldSBK Supersport Valentin Debise a marqué les esprit dès les qualifications de la première manche en Australie, en obtenant une première ligne au guidon d la toute récente ZXMOTO 820 R.

Comme chaque année, nous suivons avec intérêt son parcours, non seulement par le biais des intéressantes vidéos qu’il publie sur Youtube, mais aussi grâce à des interviews récurrentes tout au long de la saison.

L’Albigeois nous détaille dans cet entretien les étapes du travail effectué sur cette moto chinoise âgée de moins d’un an.

Accédez à la première partie ici


🎤 Revenons à ton week-end en Australie. Quand tu arrives à Phillip Island, tu es dans quel état d’esprit?
« Ben écoute, quand on a su qu’on roulait à 85 %… »

🎤 Excuse-moi : vous l’avez su avant d’arriver en Australie ?
« Ouais, juste avant d’arriver, puis on a eu la confirmation, et après j’ai dit au team « Ecoutez, je vais vous dire une seule fois que la moto, elle n’avance pas ! »
Donc après le premier run, je suis rentré, et j’ai dit « Bon, ben, elle n’avance pas  (rires) ! »
Et une fois que ça c’était confirmé, j’ai dit « Ça, moi je ne veux plus en entendre parler. La bride, elle est là, on ne peut rien y faire ! Donc vu que c’est hors de notre contrôle, il faut se concentrer sur les choses qu’on peut contrôler ».
Donc à partir de là, moi je me suis concentré sur optimiser ce qu’on avait, et point barre ! De toute façon à un moment donné, ça ne sert à rien de pleurer sur notre sort. Il faut passer outre et faire du mieux possible. »
 

🎤 Belle attitude, belle attitude ! Bon et donc là, le verdict de la piste face à tes concurrents…
« Après, pendant les essais, on a eu pour des histoires d’homologation, une fois de plus. On a dû rouler avec des roues, une fourche et des freins différents par rapport à ceux avec lesquels on avait déjà roulé. Et du coup, on a eu deux trois soucis par rapport à ça, parce que c’est des pièces qu’on n’avait même pas montées sur la moto, que les mécaniciens ont dû adapter, etc. Donc il y a eu un peu de travail, notamment pour adapter le kit cartouche dans la fourche. Donc encore un énorme travail des mécaniciens. Du coup, on a eu quelques petits soucis et on n’a pas pu énormément rouler sur la première journée de test. Et la deuxième journée de test, on a eu un peu de pluie, enfin des averses. Du coup, on n’a pas énormément roulé, le temps qu’on règle tous les petits problèmes qu’on a eu. Mais du coup, j’ai vite compris que je pourrais être dans le coup, parce qu’à chaque fois au début j’étais 10, 12, 1, 8. Mais bon, voilà, je n’avais pas fait des tours complets, je n’avais pas pris d’aspi. Donc je savais que si je mettais tout bout à bout, je pouvais faire un petit pas en avant dans le classement. Donc je visais, je visais dans les 6 premiers  à la qualif. Et en fait, ben j’ai réussi à faire le 3e temps, en ayant l’aide de mon coéquipier Federico Caricasulo pour m’aspirer dans la ligne droite : vu que moi j’étais un peu plus vite, lui il m’aspirait dans la ligne droite et après lui il me suivait sur le tour. Et du coup c’était pas mal : c’est vraiment cool d’avoir un coéquipier vice-champion du monde Supersport (2019) pour faire ce genre de travail, et au moins ça évite d’attendre des roues etc.
On s’entend bien pour faire ça, donc ça c’est vraiment super : c’est vraiment un avantage d’avoir un coéquipier. »
 

🎤 Alors à ce moment-là, le public européen qui était endormi, forcément, parce que bon, le Supersport en Australie, avec ses bridages et tout ça, se réveille et dit : « M****, Debise est en première ligne ! Qu’est-ce qu’il se passe, avec une moto neuve qui n’a jamais couru ? Il faut regarder ! »
Donc on regarde et on voit le début de la course, avec un Debise « à la gorge » : on le voit, il perd l’avant, il perd l’arrière, il manque de tomber, il s’accroche puis il tombe en perdant l’avant. Alors, pourquoi ? c’est purement t’étais à fond de la moto ou il y avait encore des problèmes et comment tu l’as vécu ?

« En fait, je pense que je suis parti avec la mauvaise mentalité, où moi je m’étais dit « Bon, l’autre il était 2/10 plus vite que moi en rythme de course », et je m’étais dit « À l’aspi, je le tiens, je vais partir avec lui », et au final, on était moins vite que ce qu’on pensait. Le problème, c’est d’avoir un peu trop rêvé et d’avoir cru que ça pouvait le faire assez rapidement. En fait, on pensait qu’à la qualif, oui, c’était mieux que ce qu’on pensait, mais en fait, c’était beaucoup mieux que ce qu’on aurait pu penser. Du coup, on aurait dû rétablir un peu la vérité avant, enfin surtout moi, et dire « Bon, en course tu vas te faire passer, ce n’est pas grave ». Et voilà, j’ai essayé de m’accrocher.
Après, voilà, on n’a pas forcément visé juste dans les réglages, mais bon, ça c’est normal : je veux dire, un nouveau projet c’est compliqué ! On n’a pas encore l’expérience et la connaissance de la moto, et du coup quand j’ai vu que j’étais un peu en difficulté, j’aurais dû rouler à mon rythme et laisser passer les autres, et finir six ou septième, c’était ma place plus ou moins, au lieu de forcer pour essayer de faire quelque chose qui n’était pas possible. Donc voilà, ça c’était mon erreur. »
 

🎤 Est-ce qu’on peut dire que ton ambition a dépassé ton talent ? 
« Exactement (rires)! » 

🎤 Donc à la deuxième course, tu en tires des leçons et tu l’abordes différemment ?
« Ouais, après à la deuxième chose, il y avait des conditions de m****. Moi j’espérais la pluie, parce que j’avais roulé pas trop mal sous la pluie. On avait fait trois tours sous la pluie pendant les essais, les essais officiels du lundi et mardi, et ça s’était bien passé. Du coup, je sais que sous la pluie je fais partie des bons pilotes, en règle générale. Du coup, je m’étais dit « Bon, ça va jouer en ma faveur et je vais pouvoir faire ma vie ». Et au final, ça a été entre-deux : on a choisi les pneus pluie, mais ce n’était pas le bon choix. Et après, sur la course, avec les pneus pluie, je ne me sentais pas vraiment bien. Du coup j’ai pas mal rétrogradé, je suis resté tranquille, et ils avaient prévu que la pluie revienne, donc j’ai fait le pari de rester en piste. Au final, la pluie est revenue, mais après la course (rires), donc je me suis arrêté beaucoup trop tard, à quelques tours de la fin. Donc voilà, ma course était gâchée. » 

🎤 Il faudra qu’on revienne un jour sur la pluie, parce que ces derniers temps, tu aimes la pluie, tu attends la pluie, tu l’as dit déjà plusieurs fois. Or je me souviens d’une époque où tu détestais la pluie, voire même ça te faisait peur. Ce sera intéressant de savoir comment on passe de l’un à l’autre. Tu nous expliqueras comment on apprend à aimer rouler sous la pluie…
Tu peux dresser le bilan global de ton weekend, en n’oubliant pas quand même que c’est le premier week-end de ta moto ?
« Le bilan, il est quand même positif, dans le sens où on a pu confirmer les bonnes sensations des essais hivernaux, où même si ça ne roulait pas très vite, les sensations étaient bonnes. Et là, on a confirmé les sensations versus la vitesse. Après voilà, le plus dur c’est d’avoir la vitesse, et après, d’avoir de la régularité. Voilà, ça va venir. Après, nous, on se bute à une limite d’une moto qui manque de puissance à cause à la réglementation. À un moment donné, on ne va pas pouvoir passer 10 km/h plus vite que les autres dans les virages : ça reste un championnat du monde et il n’y a pas que des peintres ! Donc voilà, on va continuer à apprendre la moto, continuer à essayer d’optimiser ce qu’on a, mais on attend avec impatience l’ouverture des papillons (rires). » 

🎤 D’accord, et ça peut intervenir quand ? Donc pas à la prochaine à Portimão  à la fin du mois, mais quand ?
« Non, normalement, ça peut intervenir à Assen, ou ça peut intervenir jamais (rires), en fonction en fonction de ce que la FIM décide, et ce que eux ils analysent avec leurs données. Donc voilà, on attend avec impatience leur retour. » 

🎤 Il n’y a que deux motos ZX MOTO sur la grille : les vitesses en ligne droite, ils les ont évidemment. Donc logiquement, logiquement, ils devraient se dire « Tiens, ces motos n’avancent pas vite en ligne droite, on va les rétablir un petit peu plus ». Logiquement… 

« Oui, mais après, si tu veux, tu peux avoir ce raisonnement, mais tu peux aussi avoir le raisonnement de te dire « OK, la moto elle est neuve, ils ne connaissent rien, ils n’ont rien fait, donc peut-être qu’ils vont progresser, que la moto elle va marcher mieux. E si on ouvre les papillons, après peut-être qu’ils vont aller trop vite. »
Après, ils peuvent se dire aussi « Ben regarde, la moto elle est comme ça, et il fait le 3e temps. Si on l’ouvre à fond, il va gagner. Peut-être que eux, ils ne veulent pas avoir une moto chinoise qui gagne ». C’est difficile de dire leur façon de penser. Je ne les critique pas, parce que chacun a ses problématiques, et j’imagine que eux, ils ont leur logique qui n’est peut-être pas la mienne, ou peut-être pas la tienne, mais qui est la leur.
Donc il faut respecter leur choix et espérer qu’ils entendront ce qu’on a à dire, et qu’ils voient les mêmes choses que nous sur les données. »
 

🎤 D’accord. D’ici, Portimão, tu roules ou pas ?
« Oui, on va faire des tests à Portimão. »

🎤 Merci Valentin. À très bientôt !

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