Raúl Fernández estime que la sensation de gagner et de réaliser un rêve permet d’effacer tous les sacrifices que la vie de pilote requiert.
Il y a cinq mois, Raúl Fernández décrochait la toute première victoire de sa carrière en MotoGP avant de passer très près de s’imposer à nouveau lors de la dernière course de la saison à Valence. Monté en puissance lors de la seconde partie de l’année, l’Espagnol avait enfin vu les planètes s’aligner, lui qui rencontrait des difficultés depuis son arrivée dans la catégorie reine en 2022.
Il avait pourtant vécu une ascension fulgurante avec seulement deux saisons en Moto3 et une en Moto2, qui l’avait vu terminer vice-Champion du monde. Annoncé comme le nouveau prodige, il avait connu un véritable coup d’arrêt en passant le cap du MotoGP, d’abord sur la KTM pendant une saison puis sur l’Aprilia à partir de 2023. Il lui aura fallu trois ans et demi pour parvenir à s’imposer aux avant-postes puis à gagner.
Le numéro #25 a commencé cette nouvelle saison dans la même continuité, en terminant sur le podium de chacune des deux courses du Grand Prix inaugural en Thaïlande. Mais s’il a de quoi sourire, il n’oublie toutefois pas tous les sacrifices qu’il a dû faire, comme tous les sportifs de haut niveau, pour en arriver là. À seulement 25 ans, il reconnaît que le plus dur a été de ne pas mener la même vie que ceux de son âge.

« Je pense que quand on est jeune, on sacrifie tout le temps qu’on passe avec ses amis, on ne peut pas sortir les jours de compétition, on essaie toujours de privilégier son sport plutôt que les sorties entre amis. Les jours où ils font la fête, on ne peut pas sortir, alors on sacrifie tout ça. Mais au final, quand on pratique un sport et qu’on réussit, ça vaut vraiment le coup », a-t-il confié à DAZN.
« L’image que j’ai c’est surtout avec mes parents quand j’arrive au parc fermé. J’ai cette photo à la maison, et aussi celle de Valence, où mon frère a gagné. On a cette photo affichée dans le salon. »
Malgré les difficultés traversées et les sacrifices effectués, Raúl Fernández estime que la sensation de gagner et d’y être arrivé vaut plus que tout le reste. « Je pense que dans la vie d’un athlète, il y a toujours plus de défaites que de victoires. C’est très difficile, surtout en compétitions individuelles, de tout gérer. Ça dépend beaucoup, voire entièrement, de soi-même, mis à part le soutien qu’on a, les mécaniciens et tout ça, mais une fois qu’on se retrouve seul sur la grille avec les feux qui s’éteignent, on est seul face à soi-même, on ne peut plus rien y changer. Mais oui, je pense que ça en vaut la peine », a-t-il poursuivi.
« Au final, je crois que ces dix secondes où on franchit la ligne d’arrivée et où on réalise qu’on a accompli l’un de ses rêves, où on prend conscience de tout ce qu’on a fait, de tout ce qu’on a vécu, les opérations, les moments difficiles, voir sa famille souffrir à nos côtés, et puis arriver au parc fermé et les voir tous les deux là, eh bien, c’est vraiment magnifique. »
























