L’industrie mondiale de la moto vient de franchir un nouveau cap historique. En 2025, 65,2 millions de motos ont été vendues dans le monde, établissant un troisième record annuel consécutif pour le secteur. Cette performance représente une hausse de 4,7 % par rapport à 2024 et confirme le spectaculaire rebond de l’industrie après la période de ralentissement provoquée par la pandémie.
En réalité, la reprise est encore plus impressionnante lorsqu’on la compare au point bas de 2020 : depuis cette année-là, le marché mondial a regagné près de 15 millions d’unités, illustrant le rôle central que continuent de jouer les deux-roues dans la mobilité mondiale.
La dynamique actuelle repose largement sur les économies émergentes, où la moto demeure l’un des moyens de transport les plus accessibles et les plus pratiques. Dans ces régions, la combinaison d’une urbanisation rapide, d’une croissance des revenus et d’une population jeune alimente une demande structurellement forte.
L’Inde reste de loin le premier marché mondial. Après une croissance spectaculaire de 14,1 % en 2024, les ventes ont encore progressé de 3,6 % en 2025. Cette performance est d’autant plus notable qu’elle intervient malgré la réduction progressive des incitations publiques destinées aux véhicules électriques.
Le marché indien confirme ainsi son statut de colonne vertébrale de l’industrie mondiale du deux-roues.
L’Amérique latine apparait comme la locomotive inattendue. Si l’Inde domine en volume, la croissance la plus rapide provient d’Amérique latine. Dans cette région, les ventes ont bondi de 20,7 %, une progression spectaculaire qui souligne l’essor du marché des motos comme solution de mobilité urbaine.

Repli du marché de la moto en Europe après un pic réglementaire
Parmi les 18 marchés suivis, un seul — le Honduras — a enregistré un recul, avec une baisse de 4,3 %. Tous les autres pays ont connu une progression, signe d’une demande particulièrement robuste.
La région ASEAN a également contribué à cette expansion mondiale, avec une croissance de 4,7 % et sept marchés sur neuf en hausse.
En Amérique du Nord, la situation est plus contrastée. Les ventes globales ont progressé de 4,2 %, mais cette croissance repose presque entièrement sur la performance du Mexique, où les ventes ont augmenté de 7,2 %.
À l’inverse, les deux plus grands marchés de la région ont reculé : États‑Unis : –5,2 %, Canada : –5,5 %. Ces baisses reflètent un marché plus mature, où la moto est davantage perçue comme un loisir que comme un outil de mobilité quotidienne.
La situation est également contrastée en Europe de l’Ouest, où les immatriculations ont chuté de 10,6 %. Cette baisse s’explique en grande partie par un phénomène technique : une vague d’auto-immatriculations fin 2024, destinée à anticiper l’entrée en vigueur de nouvelles normes de bruit.
Dans Europe de l’Est, la chute est encore plus marquée, avec –26,6 %. Ce recul s’explique principalement par la normalisation du marché en Turquie, qui avait connu auparavant une croissance exceptionnelle.
Dans plusieurs économies asiatiques développées, la demande s’est également affaiblie :
Chine –2,4 %, Taïwan –3,8 %, Japon –4,9 %, Corée du Sud –7,9 %. Ces marchés, déjà fortement motorisés, connaissent désormais une croissance plus limitée.
Malgré ces disparités régionales, la tendance globale reste claire : la moto continue de jouer un rôle essentiel dans la mobilité mondiale. Dans de nombreuses régions, elle constitue la solution la plus abordable face aux défis du transport urbain, notamment dans les villes densément peuplées.
Avec plus de 65 millions d’unités vendues en une seule année, l’industrie du deux-roues démontre qu’elle demeure l’un des secteurs les plus dynamiques du transport mondial — portée avant tout par les besoins fondamentaux de mobilité dans les économies émergentes.
Le marché de la moto est en train de se scinder en deux mondes. D’un côté, une moto de survie et de mobilité abordable qui explose dans les pays en développement. De l’autre, une moto-passion en Occident, de plus en plus contrainte par des réglementations environnementales et sonores (normes 2025) qui pèsent sur les ventes. Pour les constructeurs, l’enjeu de 2026 sera de réussir à maintenir des marges en Europe avec des produits plus coûteux (car plus silencieux et propres), tout en captant les volumes massifs du Brésil et de l’Inde.























