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Derrière le spectacle des courses et les sourires de façade dans le paddock, une autre bataille, bien plus silencieuse mais infiniment plus stratégique, est en train de se jouer. Et elle pourrait redessiner en profondeur l’avenir du MotoGP. Depuis près d’un an, Dorna Sports — désormais rebaptisée MotoGP Sports Entertainment Group sous l’impulsion de Liberty Media — négocie avec l’association des constructeurs, la MSMA, un accord crucial couvrant la période 2027-2031. En clair : l’équivalent du fameux Accord Concorde en Formule 1. Et autant dire que tout le monde veut sa part du gâteau.

Officiellement, les positions se rapprochent. Officieusement, la tension reste palpable. Car derrière les communiqués diplomatiques, le véritable point de fracture est limpide : l’argent… et surtout, la manière de le partager. Le promoteur pousse pour un modèle classique, avec un montant fixe — environ 9 millions d’euros par équipe et par an. De leur côté, les équipes et constructeurs rêvent d’un système à la Formule 1 : un pourcentage des revenus globaux, autrement dit une participation directe à la croissance du business.

Et ce n’est pas un détail. C’est une révolution potentielle. Car accepter ce modèle reviendrait à reconnaître que le MotoGP peut — et doit — devenir une machine économique comparable à la F1. Refuser, c’est maintenir un contrôle centralisé… au risque de braquer des équipes de plus en plus conscientes de leur valeur.

Dans ce contexte, la déclaration sur Motorsport de Massimo Rivola, également président de la MSMA, sonne comme un aveu sous contrôle : « pour le moment, je ne suis pas autorisé à parler de cette affaire… ». Tout se joue donc en coulisses. Mais il lâche tout de même un indice clé : « l’Amérique est un endroit tout à fait approprié pour tomber d’accord… Voyons si nous aurons des nouvelles après Austin. »

Liberty Media

La propriété des places sur la grille : un enjeu majeur avec Liberty Media 

Autrement dit, le Grand Prix des Amériques, qui se déroulera sur les terres de Liberty Media, pourrait devenir bien plus qu’une simple course : un tournant politique majeur.

Mais le bras de fer ne s’arrête pas là. Un autre sujet, encore plus explosif, agite les discussions : la propriété des places sur la grille. Aujourd’hui contrôlées par Dorna, elles représentent un levier stratégique colossal. Les équipes veulent en reprendre la maîtrise pour augmenter leur valeur face aux sponsors et investisseurs. Si ce point bascule, c’est tout l’équilibre du pouvoir en MotoGP qui pourrait être remis en cause.

Et pendant que les dirigeants négocient, le paddock, lui, retient son souffle. Car une fois l’accord signé — ou non — tout pourrait s’accélérer. Transferts, alliances constructeurs, mouvements d’équipes… une véritable réaction en chaîne. Le fait que seul Marco Bezzecchi ait officiellement sécurisé son avenir n’a rien d’un hasard : cela ressemble davantage à une stratégie collective qu’à une simple décision isolée.

Au fond, cette négociation dépasse largement le cadre administratif. Elle pose une question simple mais brutale : le MotoGP veut-il rester un championnat contrôlé… ou devenir un business global où chaque acteur pèse réellement dans la balance ? Si Liberty Media applique la même recette qu’en Formule 1, alors le MotoGP s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. Mais encore faut-il que tout le monde accepte les règles du jeu.

Et à cet instant précis, une chose est sûre : l’accord est proche… mais la fracture, elle, n’a jamais été aussi visible.

La présence des hauts dirigeants de Liberty Media à Austin n’est pas une simple visite de courtoisie. Ils veulent transformer le MotoGP en une machine de guerre commerciale. Cet accord est vital : il garantit la stabilité des cinq constructeurs actuels (Ducati, Aprilia, KTM, Honda, Yamaha) et pourrait même séduire une sixième marque (BMW ?) attirée par la clarté financière du nouveau système. Le « Pacte d’Austin » ne définirait pas seulement qui gagnera de l’argent, mais qui survivra à la transition technologique de 2027.

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