Sylvain Guintoli affirme que le passage du MotoGP aux pneus Pirelli pourrait remodeler l’ordre compétitif. Pour le Français, les pilotes qui s’adapteront le plus rapidement aux gommes du nouveau manufacturier unique seront en mesure de bénéficier d’un « avantage considérable ». Et voici pourquoi le passage de Michelin à Pirelli est considéré par Guintoli comme le véritable « Big Bang » de la future réglementation…
On parle beaucoup du règlement 2027. Des moteurs 850 cc. De la fin de l’aéro extrême, du correcteur d’assiette, et même du carburant “propre”. Mais pour Sylvain Guintoli, tout ça pourrait presque être secondaire. Le vrai tournant, le vrai facteur qui va redistribuer les cartes… ce sont les pneus.
Sur le papier, changer de manufacturier peut sembler anodin. Dans la réalité du MotoGP, c’est une révolution silencieuse. Et Guintoli ne prend pas de détour sur crash.net : « les pneus font une énorme différence. Ils sont littéralement votre point de contact avec la piste »
Dit autrement : on peut avoir le meilleur moteur, le meilleur châssis… si on ne comprend pas ses pneus, on est perdu.
Le consultant insiste sur un point souvent mal compris du grand public : la performance ne vient pas uniquement de la moto, mais de la manière dont elle exploite ses pneus.
« En sport moto, il s’agit essentiellement d’exploiter tout le potentiel des pneus sur toute la durée de la course »
Et c’est là que le piège se referme. Parce qu’en changeant de fournisseur, tout change : « donc tout va être différent car les marques de pneus ont toutes des caractéristiques très différentes »

Sylvain Guintoli : « les constructeurs auront beaucoup de travail à faire »
Et il détaille, presque comme un avertissement : « elles se plient différemment, offrent une adhérence différente, sous différents angles, fournissent un retour d’information différent et ont des niveaux d’endurance différents »
Autrement dit : tout ce que les équipes pensent maîtriser aujourd’hui… repart à zéro. Et Pirelli arrive… avec son ADN Superbike.
Le basculement n’est donc pas totalement inconnu. Et c’est justement cette base que Guintoli surveille de près : « nous avons entendu dire qu’il s’agira d’évolutions des pneus SBK » Avec une incertitude majeure : « quelle proportion d’ADN des pneus Pirelli actuels sera conservée ? Probablement une part importante. Mais nous ne le savons pas exactement »
Donc oui, il y aura une base connue… mais pas forcément maîtrisable immédiatement.
C’est là que tout devient explosif. Parce que ce changement ne va pas impacter tout le monde de la même façon. « Les constructeurs auront beaucoup de travail à faire » Et surtout : « celui qui trouvera la solution en premier aura un avantage considérable ».
Pas un petit avantage. Pas un détail. Un avantage structurant, capable de redéfinir toute la hiérarchie.
Quand on met tout bout à bout, on comprend mieux l’ampleur du bouleversement :nouveaux pneus, nouveaux moteurs, nouvelle philosophie aérodynamique et nouvelles contraintes énergétiques.
Mais dans cet ensemble, Sylvain Guintoli tranche clairement :les pneus seront le facteur déterminant.
Le MotoGP adore les révolutions techniques. Mais rarement une modification aussi “invisible” aura sans doute un impact aussi profond. Parce qu’au final, tout se résume à ça :quelques centimètres de gomme entre la moto… et la piste.
Et comme le rappelle Guintoli : « les pneus font une énorme différence ». Ceux qui l’oublieront en 2027 risquent de disparaître très vite du haut de la grille. C’est peut-être une excellente nouvelle pour des pilotes comme Toprak Razgatlioglu, maître absolu du Pirelli en SBK ou Pedro Acosta, dont le pilotage instinctif s’accorde parfaitement avec des motos plus vives et moins « scotchées » au sol. À l’inverse, les pilotes habitués à la rigidité extrême du duo Ducati/Michelin devront totalement réinventer leur style.









