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Ai Ogura

J’ai bien cru qu’il allait revenir sur la tête de course ! À Austin, Ai Ogura, pilote Trackhouse, avait le démon lors du Grand Prix. Il tournait plus vite que tout le monde, et avalait ses concurrents les uns après les autres. Le Japonais réalise un début de saison extrêmement solide, mais personne n’en parle ; ça me fait mal de le dire, mais il est un peu responsable de ce phénomène.

 

Ai Ogura, un pilote sans défaut ?

 

Certes, il n’est pas encore monté sur le podium, contrairement à son coéquipier Raul Fernandez, mais Ai Ogura n’est rien de moins qu’impressionnant sur ce début de saison. Après avoir pas mal galéré en 2025, le voilà qui renaît de ses cendres, en pleine forme, et attaque très fort ce nouvel exercice. Quatrième en Sprint en Thaïlande puis cinquième le dimanche, deux fois cinquième le dimanche au Brésil, sixième en Sprint aux USA, et en passe de scorer de très gros points lors du GP avant ce terrible problème mécanique qui l’a contraint à l’abandon. À l’heure où ces lignes sont écrites, Ai Ogura pointe en septième place du classement général, mais sans sa guigne, il serait sans doute entre la troisième et la cinquième position – en fonction d’où il aurait terminé.

 

Ai Ogura

Je ne sais pas vous, mais j’ai trouvé cette livrée assez réussie. Photo : Trackhouse

 

En piste, il est propre, chirurgical, sans fioritures. Il a placé un très beau dépassement sur Fabio Di Giannantonio au bout de la grande ligne droite, d’ailleurs félicité par « Diggia » lui-même. En temps normal, son profil est plutôt conservateur, régulier, même s’il sait s’illustrer. En Moto2, par exemple, il ne s’est jamais démarqué par d’incroyables attaques ou un style incisif, mais il sait le faire quand c’est nécessaire. Je vois en lui un pilote très complet, qui pêche seulement en qualifications – et encore, ça reste très correct par rapport à d’autres pilotes plus expérimentés. S’il se projetait vers l’avant plus facilement, Ai pourrait aisément rivaliser avec les meilleurs le temps de quelques courses.

 

Le sujet qui fâche

 

Mais tout n’est pas si rose, comme le laisse deviner le titre de cet article. Ai souffre d’un problème assez important à notre époque : la communication. Je m’explique.

Il est, avec Brad Binder, le pilote qui s’exprime le moins souvent à la presse. Étant moi-même un grand admirateur du pays du Soleil levant et de ses pilotes à travers les âges, je suis au grand regret de constater qu’il incarne parfaitement le stéréotype du japonais discret, celui qu’on essaye de coller à n’importe quel représentant de cette contrée, parfois sans raison. À l’entendre, on se doute qu’il y a aussi un problème de langage, car les Nippons ont toujours beaucoup de mal avec l’anglais en règle générale. Mais à ce niveau, ça ne devrait plus être une barrière.

J’ai conscience que, pour vous, passionnés, son profil ne dérange pas. Vous avez l’habitude de voir des Japonais qui s’expriment peu, ou, plus généralement, des pilotes peu à l’aise avec la langue de Shakespeare. Mais pour Liberty Media, le propriétaire du championnat, ça peut représenter un gros problème.

Le Japon est un marché énorme, largement investi par la Formule 1. C’est le pays n°1 en ce qui concerne les motos, et pourtant, il ne dispose d’aucun élément au niveau de sa réputation. La question que je pose est la suivante : si vous êtes directeur du MotoGP, êtes-vous satisfait avec Ai Ogura comme unique représentant d’un si important pays ? Vous me direz peut-être que seul le niveau compte, mais on sait, depuis plusieurs années maintenant, que la nationalité joue un rôle important dans le choix des équipes, ne vous mentez pas à vous-mêmes. Et, par exemple, pour la communication sur les réseaux sociaux, essentielle afin de faire passer le championnat dans une autre dimension, tous les pilotes devraient maîtriser l’anglais. Regardez en Formule 1 : Yuki Tsunoda, conservé par Red Bull en tant que pilote de réserve et « ambassadeur », sait jouer avec le public, est très apprécié des fans, et parle très bien l’anglais.

 

Ai Ogura

La discrétion a joué des tours à bien des pilotes avant lui. Bradley Smith, l’un de mes pilotes favoris, en a souffert. Photo : Trackhouse

 

Je ne dis pas que c’est un problème pour Ogura à l’instant T. Tant qu’il va vite, il est tranquille. Mais imaginez qu’un pilote d’une nationalité intéressante perce en Moto2, et qu’il soit prêt à passer en MotoGP, en même temps que le pilote Trackhouse connaisse une passe un peu plus discrète, mais sur la piste cette fois. Pensez-vous qu’à l’ère du show permanent et des réseaux sociaux, un profil peu loquace comme le sien soit privilégié par rapport à un showman australien, japonais, brésilien ou thaïlandais ? Au vu de certains choix réalisés par les équipes ces dernières années (F1 comme MotoGP), nous sommes en doit de nous poser la question.

 

Que faire ?

 

Mais en définitive, comment pourrait-il s’en sortir durablement sans souffrir de cette image ? Eh bien, en se faisant violence, en s’ouvrant aux médias, en jouant avec la presse, etc. Je suis le premier à le regretter, mais il faut comprendre que dans tous les sports mondiaux, en 2026, la gestion de l’image est presque aussi importante que la gestion de la performance. Ça doit faire partie intégrante du programme d’entraînement, même si c’est triste à dire.

Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de ce sujet, et du début de saison d’Ai Ogura. Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Ai Ogura

Est-ce que vous l’aimez bien ? Personnellement, je n’en pense pas grand-chose, mais je dois reconnaître son talent. Photo : Trackhouse

 

Photo de couverture : Trackhouse

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