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Carlo Pernat

Pour Carlo Pernat, figure emblématique du paddock, le Grand Prix d’Italie a marqué un tournant historique. Dans son analyse pour GPOne, l’ancien manager ne mâche pas ses mots : nous avons assisté à une passation de pouvoir où Aprilia s’impose comme la nouvelle référence absolue, laissant Ducati dans une position de poursuivant inhabituelle.

Même s’il n’arpente plus le paddock MotoGP avec la même régularité qu’autrefois, Carlo Pernat reste l’un des observateurs les plus écoutés du championnat. Et après le Grand Prix d’Italie disputé au Mugello, l’expérimenté manager italien n’a pas mâché ses mots.

Car ce week-end toscan a laissé une impression forte : celle d’un changement de hiérarchie qui semblait encore impensable il y a quelques mois. Sur les terres sacrées de Ducati, Aprilia a frappé un grand coup.

D’abord grâce à la victoire de Raul Fernandez lors du Sprint, puis surtout avec le succès magistral de Marco Bezzecchi dans le Grand Prix. Un doublé symbolique qui a marqué les esprits jusque dans les bureaux de Borgo Panigale.

Interrogé par GPOne, Pernat a immédiatement souligné la portée de cet exploit. « Je tiens à dire que la course du Mugello a été un véritable triomphe pour Aprilia, qui a réalisé un exploit incroyable en s’imposant sur le territoire de Ducati. C’est évidemment une excellente chose pour Aprilia. »

Pour l’Italien, il ne s’agit plus d’un simple coup d’éclat. Aprilia est désormais devenue la référence du MotoGP. « Je pense qu’Aprilia est une référence aujourd’hui. Devenir une référence après ce que Ducati a accompli par le passé est incroyablement difficile. Ils y sont parvenus. Aujourd’hui, seule Aprilia peut perdre le championnat. Nous sommes certainement à un tiers du chemin, mais deux pilotes comme Bezzecchi et Martín sont actuellement supérieurs à tous les autres. »

Une affirmation forte qui traduit parfaitement le sentiment grandissant dans le paddock : pour la première fois depuis plusieurs saisons, Ducati n’apparaît plus comme l’intouchable maître du championnat. Pernat s’est également montré particulièrement enthousiaste à propos de Marco Bezzecchi, dont l’explosion au plus haut niveau continue de surprendre.

« Un Bezzecchi incroyable. Je suis ravi pour lui. Il ne faisait pas partie des « phénomènes », car les « phénomènes », comme toujours, comme vous le savez, ce sont les trois Marquez, Acosta et Quartararo. Peut-être qu’en 2025, Marc a aussi eu de la chance de courir sans Martín sur la piste ; il a couru seul. »

Mais c’est lorsqu’il évoque Marc Marquez que le ton devient véritablement inquiétant. Car pour Pernat, le véritable perdant du Mugello n’est pas Ducati. C’est Marquez lui-même. Et la raison ne se trouve pas dans ses résultats. Elle se trouve dans son état physique.

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Carlo Pernat : « Marc Marquez essaie de retrouver la forme pour revenir et dominer tout le monde la saison prochaine »

« Ducati a subi un coup dur. Le plus touché, c’est Marquez, mais pas à cause de lui-même : à cause de la situation actuelle. Avec sa blessure à l’épaule, il ne peut plus être le Marquez qu’il était, et il l’a dit lui-même. Et c’est ce qui est le plus inquiétant. Il a déclaré : « Je ne sais pas si je redeviendrai un jour le Márquez que j’étais. » Ce sont ses propres mots. Des mots durs, des mots difficiles, mais des mots sincères, comme toujours. »

Des propos qui amènent Pernat à une conclusion particulièrement radicale concernant la saison 2026. « Il est clair que le titre de champion du monde est pratiquement perdu. Il prend des risques. À mon avis, il se prépare pour la saison prochaine, il essaie de retrouver la forme pour revenir et dominer tout le monde la saison prochaine. »

Une analyse qui fera forcément débat. Car s’il reste encore de nombreux Grands Prix à disputer, le retard accumulé par le pilote Ducati, combiné aux interrogations qui entourent sa condition physique, commence effectivement à peser lourd dans l’équation.

Enfin, Pernat a tenu à défendre Ducati face aux critiques qui accompagnent aujourd’hui la montée en puissance d’Aprilia. Selon lui, les succès actuels du constructeur de Noale sont aussi la conséquence directe de la politique sportive menée ces dernières années.

« Quoi qu’il en soit, Ducati mérite des félicitations. Il ne faut pas oublier les concessions faites aux autres, à ceux qui ont bénéficié d’un traitement de faveur. Tout le monde parle d’Aprilia, et on a presque l’impression que c’est Ducati qui s’est mis dans cette situation, mais ce n’est pas le cas, car Dorna est également impliqué. Ils ont à la fois leur part de responsabilité et de faute, pour avoir rééquilibré le championnat avec ces concessions. »

Une déclaration qui relance un débat aussi ancien que sensible : Aprilia est-elle devenue la meilleure équipe du MotoGP uniquement grâce à son travail… ou le système de concessions a-t-il accéléré une révolution que Ducati n’avait pas vu venir ?

Le diagnostic de Carlo Pernat est clair : le MotoGP a changé de visage. Alors qu’Aprilia récolte les fruits d’une stratégie agressive et d’un règlement avantageux, les anciens maîtres du jeu (Ducati et Marquez) se retrouvent dans une position de survie. Si la saison 2026 est encore longue, le sentiment qui domine chez les observateurs est que le vent ne tournera pas de sitôt.

 

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