Bon, il est temps de se pencher sur un – autre – sujet sensible : Raul Fernandez fait beaucoup parler de lui ces derniers temps, et pas qu’en bien. Alors, est-ce vraiment mérité ? Malheureusement, il y a une part de vérité dans ce qui est dit sur lui.
Raul Fernandez est un pilote… moderne
Cela fait quelques courses que j’observe attentivement Raul Fernandez, pilote Aprilia Trackhouse. En fait, j’en attends beaucoup de lui cette année, car, pour la première fois, il a une moto compétitive depuis le premier Grand Prix. L’année dernière, il avait trouvé un savant réglage lors des essais de Jerez. Après un milieu d’année marquée d’une impressionnante régularité, il s’était élevé, sur la fin, avec un top 3 en Sprint à Mandalika suivi d’une victoire en Australie.

Que pensez-vous de ce pilote ? Il m’est plutôt indifférent. Photo : Michelin Motorsport
Forcément, en 2026, plus de regards sont braqués sur lui. En Thaïlande, il a plutôt bien entamé son nouvel exercice avec un double podium, mais c’est beaucoup plus compliqué depuis. Bon, mais son pilotage, alors, qu’en dire ?
Eh bien, malheureusement, il s’est transformé cette année en pilote moderne. Par moderne, j’entends, qui force tous les dépassements, qui oblige ses adversaires à relever au point de corde, qui use des blockpass, ou divebombs. Tout ce que je n’aime pas. Pourtant, en Moto2 comme en MotoGP – avant 2026 –, je n’ai pas le souvenir de voir un pilote si agressif en bagarre, c’est comme s’il avait passé un cap, qui irait de pair avec son ambition. Sachant qu’il a une bonne moto, il pourrait avoir envie d’en faire plus, d’être significativement plus incisif pour accrocher de bons résultats. Mais la méthode ne fonctionne pas tant que ça.
On va bien sûr parler de l’accrochage avec Jorge Martin, mais je voulais signaler que ça fait quelques courses qu’il a adopté cette nouvelle philosophie. Par deux fois, avant l’accident de Barcelone, j’avais remarqué cette nouvelle arme dans son arsenal. À Jerez, d’abord, où il avait multiplié les dépassements très chauds au début du Sprint. Puis, au Mans, où il a carrément sorti Johann Zarco de la piste au Raccordement.
Pas de pénalité ?
Vu que ces manœuvres sont légales, il a continué, jusqu’à l’échec. En Catalogne, il s’est accroché avec le « Martinator » dans le virage n°5, éliminant par le fait l’un de ses collègues (et candidat au titre). Massimo Rivola était colère, mais pas plus que Martin lui-même, fou de rage dans son box. Connaissant mon franc-parler, vous serez peut-être étonné de voir que j’utilise le terme « accrochage » pour qualifier l’action, mais j’ai une bonne raison : Raul Fernandez dit que sur l’image aérienne, il est clair que la faute revient entièrement à Jorge Martin.

Oscar Haro a révélé que Fernandez n’a jamais pu encadrer Jorge Martin. Pourquoi ? Aucune explication. Photo : Michelin Motorsport
Ces propos n’ont pas manqué de faire réagir, notamment Aprilia, Aleix Espargaro, le grand ami du « Martinator », mais également Jorge Lorenzo. Tous ont accablé le pilote Trackhouse. Effectivement, de la vue « extérieur virage 5 », il paraît clair que Fernandez harponne Martin. Le problème, c’est que le MotoGP n’a pas jugé bon de révéler les images qui accableraient l’officiel Aprilia, donc nous n’avons pas d’autre point de vue que celui proposé en plein direct. À la surprise de beaucoup, Raul Fernandez n’a même pas été pénalisé pour cette action, alors qu’Ai Ogura, pour une manœuvre que je jugerais similaire sur Pedro Acosta, a mangé l’équivalent d’un long lap, soit trois secondes.
Encore une fois, le panel des commissaires manque une occasion d’être plus clair avec l’audience, car avec les preuves dont nous disposons, nous, public, il est impossible de ne pas être révolté par cette incohérence. La transparence fait vraiment défaut à ceux qui distribuent des pénalités, et c’est quelque chose que je regrette depuis plusieurs années maintenant.
On se fera tous notre idée, mais en attendant, j’appellerai ça un accrochage. Dans tous les cas, cela n’enlève pas ce que j’ai vu de Fernandez en Andalousie et en France, ce qui me force à le placer tout en haut des pilotes qui sont les plus dangereux au moment de dépasser, peut-être à égalité avec Alex Marquez.
Je suis curieux d’avoir votre avis sur « l’accrochage ». D’après vous, Raul Fernandez était-il responsable ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Raul Fernandez est lentement en train de se faire supplanter par Ai Ogura. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport




























