La conférence au terme du Grand Prix de Hongrie MotoGP sur le circuit de Balaton Park a accueilli Marc Marquez (Ducati Lenovo Team), Pedro Acosta (Red Bull KTM Factory Racing) et Francesco Bagnaia (Ducati Lenovo Team).
Sur un circuit où il avait tout remporté l’an passé depuis la
pole position, le numéro 93, qui a encore un fois quasiment
monopolisé toutes les questions des journalistes, a dû s’expliquer
sur la décorrélation entre les objectifs cités jeudi et les
résultats du week-end…
De 102 points de retard sur Marco Bezzecchi en
arrivant en Hongrie, son déficit n’est plus que 72 unités.
MotoGP Hongrie Marquez
Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais. MotoGP Hongrie Marc Marquez
🎤 Bon
après-midi, Mesdames et Messieurs, et soyez les bienvenus à la
conférence de presse d’après-course de ce dimanche, au terme d’un
Grand Prix de Hongrie particulièrement spectaculaire et
passionnant, ici sur le circuit de Balaton Park.
Votre vainqueur, de retour sur la plus haute marche du podium pour
la première fois depuis Misano en septembre dernier, est bien sûr
le Champion du monde en titre et pilote du Ducati Lenovo Team, Marc
Márquez. Il s’agit de la 74e victoire MotoGP de la carrière de
Marc, et de sa 100e toutes catégories confondues depuis le début de
l’aventure, en 2010, au Mugello.
La deuxième place revient à Pedro Acosta, pilote Red Bull
KTM Factory Racing, qui signe un nouveau double podium ce week-end
en Hongrie. Quelle bataille entre Marc et Pedro dans ce Grand Prix
!
Et troisième, pour la troisième course consécutive,
Francesco Bagnaia, pilote du Ducati Lenovo Team.
Messieurs, félicitations à vous trois !
🎤 Nous allons commencer cette conférence de
presse avec vous, Marc. 100 victoires dans votre carrière,
lors du centenaire de Ducati. 100 victoires également pour l’équipe
officielle Ducati. Pourtant, jeudi, nous étions ici et je vous
demandais si vous aviez une chance de réaliser le doublé, comme
l’an dernier en Hongrie. Et vous m’aviez répondu : « Très
difficile, presque impossible. »
Et pourtant, vous voilà : pole position, victoire en Sprint
et victoire dans le Grand Prix. Encore un week-end mémorable pour
vous, Marc. Comment avez-vous fait ?
Marc Márquez
: « Oui, je suis très heureux, bien sûr, de revenir
et de retrouver la victoire.
J’espère et je souhaite que ce soit mon dernier retour. Mais je
sais et je comprends que ce retour n’est pas encore terminé.
Je veux dire, aujourd’hui nous avons gagné, mais c’était un circuit
qui m’a beaucoup aidé avec ses virages à gauche. Mais c’est
vrai que cela a été une belle course, une belle bagarre avec Pedro.
Des stratégies différentes, pneu arrière tendre contre pneu arrière
medium.
Heureusement, à la fin de la course, mon pneu arrière était encore
très bon. En revanche, ma condition physique était plutôt du côté
faible et je souffrais davantage.
Mais j’y ai cru et nous l’avons fait. Nous l’avons fait encore
une fois. Revenir après l’Indonésie, gagner de nouveau après cette
dernière blessure en Indonésie… Cela a été difficile physiquement,
mais encore plus mentalement. »
🎤 Nous revoyons
votre passage sous le drapeau à damier pour cette 100e victoire. Et
également cette célébration « 6-7 ». Nous l’avions déjà
vue à Buriram cette année. Le week-end dernier au Mugello, il y
avait déjà eu une superbe bataille avec Pedro. C’est un vrai
combattant, comme vous, Marc. Parlez-nous de cette bagarre. Je suis
sûr que vous avez apprécié…
« Oui. Au début de la
course, il a été parfait. Il m’a dépassé et a immédiatement essayé
de pousser. Moi, j’avais un peu de mal à mettre le pneu
arrière à la bonne température, mais je restais patient.
Puis j’ai commencé à attaquer, mais lui attaquait aussi. Ces deux
tours ont été vraiment excellents, parce que nous étions à la
limite. Nous attaquions à la limite, mais toujours en
respectant l’espace. Il y a eu quelques contacts.
Heureusement qu’il n’y a eu que deux tours comme ça, parce qu’au
troisième tour, l’un d’entre nous aurait peut-être terminé la
course… pas de la meilleure manière (rire).
Mais à part cela, j’ai compris qu’avec la piste libre devant moi,
j’étais capable d’aller encore plus vite. »
🎤 Marc, vous
savez mieux que personne à quel point les choses peuvent changer
rapidement au cours d’un long championnat du monde. Cela a été une
mauvaise journée, une journée malheureuse pour Marco Bezzecchi
après ce premier virage chaotique. Mais vous lui reprenez 30 points
en un seul week-end. Vous n’avez pas vraiment parlé du championnat
jusqu’ici cette année. Après les 37 points récoltés ce week-end,
est-il temps de commencer à y penser un peu plus ? Êtes-vous de
retour dans le jeu ?
« Je ne suis pas
prêt. J’aimerais vous dire : « Oui, nous sommes prêts
à revenir et nous allons attaquer. Nous n’avons rien à
perdre. »
Mais je pense toujours que j’ai davantage à perdre qu’à gagner.
Surtout parce que maintenant tout le monde va être très
enthousiaste après cette nouvelle victoire. Mais nous allons à
Brno et Assen, qui sont deux circuits tournant à droite, où
l’épaule droite est fortement sollicitée. .
Voyons comment cela se passe. Continuons à progresser. Ensuite,
nous aurons le Sachsenring et la pause estivale.
Je comprendrai mieux, dans la deuxième partie du championnat, quel
est vraiment mon niveau…
(Un trophée tombe) Mon
trophée ! Il a coûté cher celui-là…
Plaisanterie à part…
Oh non, mon trophée est ici… (rires) »
😂 @marcmarquez93 thought his trophy was broken but it was next to him all along#HungarianGP 🇭🇺 pic.twitter.com/gtMLqWbZYZ
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) June 7, 2026
🎤 Marc, votre
trophée va très bien. Il est sur l’écran. Tout va
bien…
« D’accord.
Alors, nous verrons. Tout peut arriver. L’an dernier, après ma
victoire à Motegi, tout le monde se demandait combien de courses
Marc allait gagner l’année suivante.
Puis l’Indonésie a tout changé.
C’est pareil avec Alex. L’année dernière, nous partagions beaucoup
de podiums. Et cette année, en une semaine, nous nous sommes
retrouvés tous les deux dans le même hôpital, dans la même
chambre.
C’est ça, la vie. : il faut profiter du moment et toujours
continuer à y croire. »
🎤 Marc, j’ai une citation de vous datant de vendredi. Quand
on vous a dit que vous étiez le favori, vous avez répondu : « Si
c’est pour cinq tours, alors oui, mais non, ce n’est pas le moment.
» Et puis vous gagnez la Sprint et vous remportez ensuite la course
de manière très convaincante. Peut-on encore croire tout ce que
vous dites ?
« (Rire) Je suis croyant, mais bien sûr…
(rires). Honnêtement, ce n’était pas prévu.
Le point clé, le seul point clé, c’est que vendredi, dès mon
troisième ou quatrième tour, le chrono venait facilement. Et
ensuite, j’ai pu économiser de l’énergie pendant toute la journée
de vendredi. Je poussais simplement pendant deux tours, puis
je ralentissais pendant cinq tours. Je poussais même seulement dans
certains secteurs.
Mentalement, c’est extrêmement difficile à faire. C’est très
difficile de rester concentré et de conserver ses repères, mais
vous pouvez le voir dans les feuilles de temps, je ne mens pas.
C’est seulement lors des essais libres, en FP2, que j’ai tout
donné. Tu as les données, c’est tout (en s’adressant à Pecco).
Mais au Mugello, par exemple, je n’avais pas le rythme pour faire
cela. Et là-bas, j’ai beaucoup souffert. Ici, en revanche, mon
style de pilotage convenait bien au circuit et cela m’a beaucoup
aidé à économiser de l’énergie.
Mais c’est vrai qu’en course, c’est peut-être la première fois de
ma carrière que j’ai eu des problèmes d’arm pump au bras gauche,
parce que je poussais trop avec ce bras. »
🎤 Marc, ce matin, je pense que nous vous avons vu avec le
pneu arrière tendre, et tout le monde, même certains membres de
votre équipe avec qui j’ai parlé, pensaient que vous alliez choisir
le tendre pour la course. À quel moment exactement avez-vous changé
d’avis pour monter le medium ?
« Sur la grille !
Heureusement que je suis ici, sinon Gigi me tuerait ! (rires)
Parce que Pecco sait que tous les ingénieurs de l’équipe officielle
Ducati nous poussaient à utiliser le pneu tendre, mais tous les
deux, je pense, nous avons décidé, peut-être pas de la bonne
manière, d’utiliser le medium.
Nous avons beaucoup souffert au début avec ce pneu. Je pense que
nous aurions pu faire mieux, mais heureusement, la vitesse était
suffisante pour être ici. »
🎤 Nous ne nous sommes pas complètement trompés en pensant que
vous étiez revenu au Mugello pour vous préparer à ce week-end, sur
un circuit tournant à gauche, avec en jeu cette 100e victoire
?
« Oui. »
🎤 C’est vrai
?
« Oui, je ne peux pas le nier. Je veux dire, j’allais… »
🎤 Toutes vos
déclarations et tous vos commentaires étaient alors pourtant très
prudents…
« Oui, mais j’étais en train de… J’ai décidé de rouler au Mugello
pour préparer ce circuit, parce que je ne sais pas combien de fois
encore j’aurai l’occasion de penser à la victoire au cours d’un
week-end.
Et je savais qu’ici, avec tous ces virages à gauche, il y avait une
opportunité.
Mais dans la situation dans laquelle je me trouve, je ne peux pas
aborder un week-end en mode attaque dès le début. Ensuite, si je le
sens, alors j’attaque. Mais je ne peux pas commencer ainsi.
J’aimerais pouvoir vous dire, après la pause estivale, lors d’une
conférence de presse : « Je suis prêt à attaquer. »
Mais ce n’est pas encore le moment.
Et comme je l’ai déjà dit, je pense que j’ai davantage à perdre
qu’à gagner. Alors, restons calmes. »
🎤 Pecco,
pourquoi faisiez-vous « non » de la tête ?
Francesco Bagnaia
: « Je pensais simplement que je ne jouerai jamais au
poker avec Marc. » (rires)
🎤 Marc,
enfin, plus ou moins rapidement, vous avez atteint les 100
victoires. Laquelle vous procure le plus d’émotion à cet instant
?
« Ma première victoire en MotoGP. Lors de ma
deuxième course à Austin, ce fut un énorme choc de remporter ma
première victoire en MotoGP. Ce n’était que ma deuxième course.
C’est vrai qu’hier marquait les 16 ans de ma première victoire en
Championnat du monde. Mais le MotoGP, c’est le MotoGP. Et se
battre contre Pedrosa, Lorenzo et Valentino, c’était quelque chose
de vraiment magnifique. »
🎤 À l’occasion
de votre 100e victoire, pouvez-vous nous dire quelles sont les
trois victoires les plus importantes pour vous et où vous
classeriez celle-ci ?
« Je dirais Austin 2013, je ne
peux pas mentir, vous savez ! Ensuite, je dirais Valence 2012, en
partant de la fin de grille, et la Thaïlande 2025. »
Résultats du Grand Prix de Hongrie MotoGP au Balaton Park :


Crédit classement : MotoGP.com
MotoGP Hongrie Marc Marquez MotoGP
Hongrie Marc Marquez
































