Il passe sa vie à plus de 300 km/h, a connu des chutes parmi les plus violentes du MotoGP et continue d’explorer les limites d’une machine que beaucoup jugeraient déjà terrifiante. Pourtant, lorsqu’on demande à Marc Marquez ce qui lui fait peur, il ne parle ni de vitesse ni de moto. Sa réponse est beaucoup plus inattendue : le fond de la mer.
À Motegi, Mela Chércoles d’AS a posé à Marc Marquez une question assez éloignée de la bataille pour le titre qui l’oppose à Jorge Martin. Le fond de l’océan est-il toujours sa plus grande peur ?
La réponse ne tarde pas. « Oui, le fond de la mer me fait toujours peur. »
Et Marquez sait parfaitement pourquoi. « Le problème avec le fond de la mer, c’est qu’il fait si sombre et qu’on ne sait pas ce qu’il y a là-dessous. » Au point que le champion espagnol fixe lui-même une limite assez amusante : « Je n’ai pas le courage de me jeter à l’eau la nuit. C’est impossible ! », ajoute-t-il en riant.
Un drôle de paradoxe pour Marc Marquez
La confidence serait déjà savoureuse venant de n’importe quel pilote MotoGP. Elle l’est davantage encore lorsqu’elle vient de Marquez. Car sa carrière entière a été associée à une relation particulièrement spectaculaire avec le risque. Sauvetages impossibles, chutes, freinages tardifs, dépassements à la limite : l’Espagnol a construit une partie de sa réputation précisément là où les autres commencent parfois à couper les gaz.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il n’a pas peur sur une moto. Mais il existe une différence évidente entre les deux situations. Sur un circuit, le danger possède des contours. Marquez connaît le virage, son point de freinage, ses pneus, sa moto et les conséquences possibles d’une erreur. Le risque peut être immense, mais il peut être analysé.
Dans une mer noire, il ne voit tout simplement pas ce qui se trouve sous ses pieds. Et c’est cette absence de repères qu’il désigne lui-même comme la source de sa peur.

Plus facile à 300 km/h que dans l’eau noire
Inutile donc d’aller chercher une explication psychologique cachée derrière cette confidence. Le contraste suffit largement. Un homme capable de lancer une Ducati dans un freinage à plus de 300 km/h peut parfaitement refuser de sauter d’un bateau lorsque la nuit empêche de voir ce qui se trouve quelques mètres plus bas.
Les pilotes MotoGP passent tellement de temps à accomplir des choses extraordinaires que l’on finit parfois par oublier qu’ils conservent des peurs parfaitement ordinaires. Et celle de Marquez possède au moins le mérite d’être claire. Le danger qu’il voit ne l’empêche pas de tourner la poignée. Ce qu’il refuse catégoriquement, c’est de plonger dans celui qu’il ne voit pas.









