Moto GP
Publié le 7 octobre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP Indonésie, Pedrosa désigne le point faible de Marc Marquez : « C’est ce qui le pénalisera le plus »

Dani Pedrosa prévient que les changements de direction rapides du circuit Mandalika solliciteront le point faible physique de Marc Marquez.

Marc Marquez vient de reprendre dix points à Jorge Martin en un week-end et n’est plus qu’à deux unités du leader. Pourtant, Dani Pedrosa estime que Mandalika pourrait soumettre le pilote Ducati à un exercice beaucoup moins favorable que Motegi. Le problème ne serait pas seulement l’histoire mouvementée de Marquez en Indonésie ni la compétitivité attendue des Aprilia : les changements de direction rapides du circuit solliciteraient précisément ce qui lui coûte aujourd’hui le plus physiquement. Une donnée qui éclaire aussi autrement son obsession de préserver son énergie.

Sixième victoire en neuf Grands Prix, cinquième doublé Sprint-course de la saison et 37 points repris au maximum possible : Marc Marquez pouvait difficilement quitter le Japon dans une meilleure situation. Jorge Martin ne possède plus que deux points d’avance.

Mais Dani Pedrosa voit déjà une différence fondamentale entre Motegi et Mandalika. Au Japon, les contraintes physiques étaient importantes, notamment au freinage. Mais le tracé comporte de nombreuses accélérations et freinages relativement rectilignes.

En Indonésie, l’effort change de nature. « Avec tous ces changements de direction, ça va être difficile », prévient Pedrosa. Et surtout : « Les changements de direction se font à grande vitesse, ce qui pénalise le plus Marc. »

Pourquoi les changements de direction peuvent coûter davantage à Marc Marquez

La distinction est importante. Freiner extrêmement fort sollicite évidemment le corps, mais basculer rapidement une MotoGP d’un angle à l’autre demande au pilote de déplacer et retenir sa masse tout en contrôlant une machine de plus de 150 kg lancée à grande vitesse.

Or Marquez continue de composer avec les conséquences physiques de ses nombreuses blessures, particulièrement du côté droit. Cela ne signifie évidemment pas qu’il sera incapable d’être rapide à Mandalika. Ses performances actuelles suffisent à interdire une telle conclusion.

Pedrosa parle plutôt d’un coût physique supérieur. Et les deux premiers secteurs du circuit indonésien lui paraissent particulièrement intéressants pour une autre raison.

« L’Aprilia est très performante »

Pedrosa voit une combinaison potentiellement défavorable à Marquez : ce qui sollicite davantage son corps correspond également à une partie du circuit susceptible de convenir à ses principaux adversaires.

« Je pense que les deux premiers secteurs du circuit de Mandalika sont très favorables à l’Aprilia. » Massimo Rivola vient d’ailleurs de tenir un discours similaire en estimant que, sur le papier, l’Indonésie devrait mieux convenir à la RS-GP qu’à la Ducati, tout en refusant d’en faire une certitude. Pedrosa rappelle également la vitesse affichée par Bezzecchi sur ce circuit la saison dernière.

La menace pourrait donc être double : Martin et Bezzecchi arrivent avec une moto potentiellement à son aise précisément dans la partie du tracé où Marquez pourrait devoir fournir davantage d’efforts.

Marc Marquez

Son absence au karting prend aussi une autre signification

Cela permet de relire sous un autre angle la polémique née au Japon. Marquez avait refusé de participer à la course de karting organisée avant le Grand Prix, expliquant qu’il jouait le championnat et qu’il n’était pas là « pour plaisanter ».

Nous avons vu que cette absence ne suffisait pas à conclure à un désintérêt pour les supporters, notamment au regard de l’organisation des tribunes et événements WE ARE 93.

Pedrosa apporte maintenant sur DAZN une autre pièce au dossier. « Pour lui, il est essentiel d’arriver à chaque épreuve aussi frais que possible. Il économise donc au maximum son énergie pendant les pauses entre les courses. »

L’absence au karting peut alors être comprise comme une composante d’une gestion beaucoup plus large : économiser ce qui peut l’être hors de la moto pour disposer du maximum lorsqu’il doit la piloter.

Et Mandalika n’a encore jamais réussi à Marc Marquez

À cette contrainte physique s’ajoute une statistique étonnante : Marquez n’a encore jamais terminé un Grand Prix MotoGP à Mandalika. Le circuit indonésien est associé à plusieurs épisodes difficiles de sa carrière, dont son énorme chute de 2022 et, plus récemment, sa blessure à l’épaule et au bras droits en 2025.

Il faut toutefois éviter d’en déduire une quelconque appréhension psychologique. Rien ne permet de l’affirmer. Pedrosa raisonne au contraire très concrètement. « Un athlète vit toujours dans le futur. Vous êtes sur le podium en train de célébrer la victoire, mais vous pensez déjà aux virages de la semaine suivante. »

Pour la première fois, Marquez peut aussi gérer

Et il existe une différence majeure avec les semaines précédentes. Marquez n’est plus obligé de récupérer des dizaines de points. Il n’en manque que deux. Il peut donc parfaitement quitter Mandalika derrière Martin sans que son championnat s’effondre. À six manches de la fin, une deuxième ou une troisième place peut valoir infiniment plus qu’une tentative de victoire terminée dans le bac à graviers.

C’est peut-être le véritable test qui attend désormais celui qui a bâti une grande partie de sa légende en refusant de calculer. Motegi lui demandait d’attaquer. Mandalika pourrait lui demander quelque chose de beaucoup plus subtil : accepter de souffrir davantage physiquement sans nécessairement prendre davantage de risques sportivement.

Et si Pedrosa a raison sur les changements de direction indonésiens, nous allons rapidement découvrir si le nouveau Marquez qui prétend désormais courir aussi avec sa tête sait également gagner un championnat les jours où son corps et le circuit lui disent de ne pas chercher absolument à gagner la course.

Marc Marquez